Citation de la semaine

« Un des lointains Premiers ministres de la Ve République (Jean-Marc Ayrault – période Anatole France) avait commandé en son temps un rapport sur l’aménagement des campagnes françaises. Le texte avait été publié sous le mandat d’un autre ministre […]. Ce que nous autres, pauvres cloches romantiques, tenions pour une clef du paradis sur Terre – l’ensauvagement, la préservation, l’isolement – était considéré dans ce pays comme des catégories du sous-développement.

Le rapport se faisait rassurant, les auteurs étaient de confiants prophètes : « Courage, citoyens campagnards ! nous arrivons ». Bientôt, grâce à l’Etat, la modernité ruissellerait dans les jachères. Le wi-fi ramènerait les bouseux à la norme […] .

Parmi la batterie de mesures du rapport on lisait des choses comme le droit à la pérennisation des expérimentations efficientes et l’impératif de moderniser la péréquation et de stimuler de nouvelles alliances contractuelles. Quelle était cette langue étrangère ? De quoi les auteurs de phrases pareilles nourrissaient-ils leur vie ? Savaient-ils le plaisir de s’essuyer la bouche d’un revers de la veste après une goulée de vin de Savoie, la jouissance de se coucher dans l’herbe quand la silhouette d’un oiseau égayait le ciel ? ».

Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson.

Belle semaine.

Citation de la semaine

Un goût de liberté, prendre l’air en faisant une randonnée dans la Hague (vue en arrière plan de la baie d’Ecalgrain)

J’ai eu la chance de pouvoir assister samedi dernier au concert de Grand corps malade au Zénith de Caen. C’était juste impressionnant et magique à la fois avec une mise en scène et des jeux de lumière bien pensés et toute cette musique qui résonnait, créant une ambiance unique dans la salle.

Cela m’a donné envie de citer l’une de ses chansons. Pas facile de choisir parmi tous ses textes authentiques et sublimes, qu’il s’agisse de Nos plus belles années, Des gens beaux, Derrière le brouillard, Mais je t’aime issus de son dernier album « Mesdames » ou encore des textes plus anciens comme Pocahontas, Education nationale, Dimanche soir, Acouphènes, Les voyages en train, L’heure d’été … L’embarras du choix parmi toute cette poésie.

J’ai finalement choisi un extrait de « Pas essentiel », texte qui trouve écho en nous avec ces derniers mois passés où l’on a voulu nous faire croire que certaines choses n’étaient pas essentielles… Bien au contraire…

Après quelques mois sans beaucoup d’couleurs
Confinement noir et blanc, délivrance arc-en-ciel
J’vais offrir des chansons, des sourires et des fleurs
J’en aurai plein les mains, vu qu’ c’est pas essentiel
J’vais aller trinquer avec les premiers v’nus
Si, pour faire la fête, j’sens un bon potentiel
Avec la famille, les potes et des inconnus
On va lever notre verre à c’ qu’est non-essentiel
Puisque la vie est succession de superflus
Soyons super fous et superficiels
Protégeons l’futile et, sur ce, je conclus
N’écoutez pas cette chanson, elle est pas essentielle

Pas essentiel
Pas essentiel

Embrasser quelqu’un, pas essentiel
Ouvrir un bouquin, pas essentiel
Sourire sincère, pas essentiel
Aller aux concerts, pas essentiel
Se prom’ner en forêt, pas essentiel
Danser en soirée, pas essentiel
Retrouver les gens, pas essentiel
Spectacle vivant

Juste pour nous rappeler chaque jour que, quoi qu’il arrive dans nos vies, sortir en ville, en forêt ou encore en bord de mer selon ses affinités, prendre l’air, voir des gens, sourire, rire, partager, danser, échanger, communiquer, fêter, se rassembler, s’embrasser, lire, vibrer au son de la musique, c’est juste … ESSENTIEL !

Belle semaine.

Je peux très bien me passer de toi – Marie Vareille

Outre le fait que ce titre rappelle la chanson de Mano Negra, Je peux très bien me passer de toi est aussi le 2e roman de Marie Vareille.

C’est un livre à lire durant ces journées grisâtres et automnales du moment. Allez, on se met en mode « cocooning »: un plaid, une tasse de boisson chaude et c’est parti !

J’ai dévoré ce livre en quelques heures. Cette comédie romantique moderne et pétillante fait partie des livres qu’on a envie de lire de temps en temps parce que ce sont des livres sans prise de tête, des livres qui nous font lâcher prise et passer un très bon moment de lecture.

J’ai beaucoup ri ; il y a beaucoup d’humour dans ce livre. Il y a certes quelques moments d’émotions mais juste ce qu’il faut, par petites touches, pour ne pas tomber dans l’émotionnel. Et c’est ça qui est génial !

Si vous avez besoin de vous rebooster côté moral, lisez ce roman feel-good, c’est frais, c’est léger, c’est un livre qui, en toute simplicité, fait du bien !

J’ai découvert ce livre à la boutique Le Vent des Livres. Il sera disponible à la bouquinerie dès cet après-midi.

Et pour celles et ceux qui l’ont déjà lu, qu’en avez-vous pensé ?

Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

Lorsque j’ai commencé le livre, peut-être n’étais-je pas très inspirée ce jour-là mais les 20 premières pages m’ont laissée perplexe au point que j’ai laissé ce livre de côté plusieurs jours pour en lire un autre, ce qui m’arrive rarement. J’ai failli passer à côté d’une vraie pépite.

Mais n’aimant pas laisser un livre sans l’avoir terminé, je suis revenue vers ce roman de Valérie Perrin et je l’ai lu en entier dans la journée. Impossible de le lâcher. Comment aurais-je pu passer à côté de ce livre ?

D’abord, parlons du titre de ce roman : un titre si bien choisi qui prend tout son sens au fil des pages et devient poétique. Ensuite, le récit : à la fois amusant et touchant ; la façon qu’a l’auteure de raconter en alternant style courant et familier et récit écrit et où se mêlent à la fois le passé et le présent est vraiment très plaisante. Elle permet à l’auteure d’aborder tout en douceur les drames et les événements tragiques qu’ont pu vivre les personnages du livre. L’amour, la mémoire, les non-dits, la transmission, le partage sont autant de sujets qui sont abordés dans ce livre.

Ce roman m’a fait pensé au livre de Delphine de Vigan, Les gratitudes, non pas parce que les deux histoires se ressemblent car chaque auteure a son originalité et sa plume, mais parce qu’elles ont en commun cette écriture si sensible et bienveillante qui dégage une telle humanité qu’on en ressort transformée.

Mon chapitre préféré reste incontestablement celui de la visite des résidents au petit matin. Mais je ne vous en dis pas plus. Lisez-le, vous ne pourrez pas rester insensible à ce roman.

Choisi dans le cadre des ambassadeurs du Vent des Livres, ce livre sera très prochainement disponible à la bouquinerie.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

Avec ce temps automnal plutôt gris et frais aujourd’hui et mon manque de motivation aussi, j’avoue, deux possibilités s’offrent à moi : m’installer bien confortablement en mode cocooning sur mon canapé avec un plaid, un bon livre et une tasse de thé – version mamie bien emmitouflée – ou regarder mes photos de voyages et laisser mon esprit s’évader dans des contrées lointaines et ensoleillées – version voyageuse avec un unique sac à dos et un appareil photo bien-sûr, à la découverte du monde et des gens. En l’occurrence, il s’agit des photos prises en Crète. La photo ci-dessus montre le port d’Elounda permettant d’accéder à l’île de Spinalonga, vous savez, l’île dont Victoria Hislop parle dans son roman L’île des oubliés.

Et cela me rappelle cette citation attribuée à Victor Hugo (est-ce vraiment lui qui l’a écrit, je n’en suis même pas certaine) : « J’ai l’esprit casanier et l’instinct voyageur« . Je suis les deux à la fois.

Et vous, vous êtes plutôt casanier ou voyageur ?

Belle semaine.

Citation de la semaine

Durant nos vacances d’été en Corrèze, mes filles et moi avons découvert un endroit hors du temps, perdu au milieu de nulle part, Clédat, un village abandonné dans le Massif des Monédières, situé sur le rebord sud-ouest du plateau de Millevaches. Dans ce village, des sculptures et des poèmes viennent enrichir ce site enchanteur et mystérieux. Parmi ces poèmes, celui intitulé « Les pierres qui souffrent » a retenu toute mon attention et je tenais à le partager avec vous :

Il y a des pierres qui souffrent

Du temps de l’oubli

D’un passé qui s’éteint

D’une faible mémoire

Accrochée au souffle fragile

D’un dernier

Qui n’a plus la force

De raconter

Il y a des pierres qui souffrent

Sans douleur et sans cri

De ce silence qui retient

Quelques notes d’histoire

Accrochées au corps fragiles

D’un dernier

Qui trouve encore la force

D’écouter

Il y a des pierres qui souffrent

Pour retrouver la vie

Un lendemain qui tient

Et porte enfin l’espoir

Accroché aux doigts fragiles

D’un dernier

Qui s’offre encore la force

D’exister

Modeste des Monédières

Poème extrait de son recueil « La pierre des druides« 

Belle semaine.

Citation de la semaine

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry a 75 ans cette année. Je ne pouvais donc pas rater l’occasion de relire une énième fois ce magnifique texte et de partager avec vous un extrait.

Véritable phénomène d’éditions avec plus de 200 millions d’exemplaires vendus dans le monde et plus de 400 traductions, c’est le livre le plus traduit dans le monde après la Bible. Dernier ouvrage écrit par l’auteur lors de son exil aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, Le Petit prince paraît la première fois outre-atlantique en avril 1943. Il ne sera publié en France qu’en 1946 par les éditions Gallimard, deux ans après la disparition d’Antoine de Saint-Exupéry le 31 juillet 1944 au cours d’une mission en Méditerranée.

Le manuscrit original acquis en 1968 est actuellement conservé par la Morgan Library & Museum à Manhattan (New-York). Saint-Exupéry l’avait offert à son amie Silvia Hamilton-Reinhardt le jour de son départ pour rejoindre les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord au printemps 1943, quelques jours après la sortie de l’édition originale du Petit Prince, parue simultanément en langues française et anglaise chez Reynal & Hitchcock.

Conçu comme un livre pour enfant, l’ouvrage a plutôt des allures de fable poétique inspirante où Saint-Exupéry se révèle être un « coach humaniste » invitant le lecteur à s’affranchir du regard des autres, à savourer l’instant présent, à cultiver l’amour de soi et des autres. C’est la raison pour laquelle j’aime tant ce livre.

J’aurais pu citer la très célèbre conversation entre le renard et le Petit Prince sur la signification du mot « apprivoiser » mais je préfère citer mon passage favori lorsque le Petit Prince boit l’eau du puits dans le désert, passage illustré ci-dessus par cette superbe copie d’aquarelle de l’auteur, les éditions Gallimard ayant choisi de faire une ré-édition conforme à l’édition originale américaine de 1943 :

« J’ai soif de cette eau-là, dit le Petit prince, donne-moi à boire.

Et je compris ce qu’il avait cherché !

Je soulevais le seau jusqu’à ses lèvres. Il but, les yeux fermés. C’était donc comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau. Lorsque j’étais petit garçon, la lumière de l’arbre de Noël, la musique de la messe de minuit, la douceur des sourires faisaient, ainsi, tout le rayonnement du cadeau de Noël que je recevais. »

Le château de la Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire (https://www.labourdaisiere.com/) offre une approche très intéressante de ce livre à travers l’exposition « Dessine-moi ta planète » inaugurée en juin dernier et visible jusqu’au 15 novembre. Cette exposition reprend les valeurs du Petit Prince pour éveiller la conscience des visiteurs aux enjeux écologiques et les inciter à prendre soin de la planète.

Le Musée des arts décoratifs à Paris proposera également en février 2022 une exposition où seront présentés pour la première fois le manuscrit original ainsi que des écrits inédits, des esquisses et des aquarelles (https://madparis.fr/soutenez-les-expositions).

Revenir vers Le petit prince pour revenir à l’essentiel …

Belle journée.

Un éternité plus tard – Nicolas Carteron

J’ai une curiosité et une admiration toutes particulières pour les auteurs qui se lancent dans l’auto-édition. Nicolas Carteron en fait partie. Comme chaque écrivain auto-éditeur que j’ai pu lire, je n’ai pas été déçue. Bien au contraire. Une très belle découverte.

J’ai fait la connaissance de cet auteur il y a quelques années en échangeant avec d’autres lecteurs sur Babelio mais je n’avais pas en encore eu l’occasion de lire ses romans … jusqu’à l’année dernière où j’ai contacté Nicolas Carteron pour échanger avec lui et acheter ses romans. Disponible et à l’écoute, l’auteur m’a rapidement répondu et quelques jours plus tard, je recevais ses cinq romans avec une dédicace personnalisée sur chaque livre. J’avoue avoir trouvé cette petite attention particulièrement plaisante.

Je ne lis jamais les livres dans l’ordre de parution mais plutôt selon mes envies. J’ai donc débuté ma lecture en ignorant que Une éternité plus tard était le premier roman de Nicolas Carteron. J’ai vraiment beaucoup aimé et j’ai vraiment hâte de lire ses autres romans. Je ne manquerai pas de vous en parler.

Je n’aime pas les comparaisons entre auteurs que l’on peut parfois retrouver dans certaines chroniques et critiques, que ces comparaisons soient justifiées … ou pas. Alors, je dirai que Nicolas Carteron est un auteur qui a une plume bien à lui, à la fois fluide et magnétique. On commence le livre et pas moyen de s’en détacher ! Des descriptions intéressantes. Mais aussi de l’action, du suspense, une touche de fantastique, une histoire d’amour … tous les bons ingrédients pour obtenir un bon livre ! L’auteur nous fait même voyager de Paris jusqu’à Venise. Et la cerise sur le gâteau : une fin inattendue mais tellement plaisante ! Je n’en dirai pas plus …

… lancez-vous et lisez-le !

Si vous ne connaissez pas cet auteur, allez découvrir ses pages Instagram et/ou Facebook. Vous ne serez pas déçu(e)s. Et si vous le connaissez déjà, quel(s) roman(s) avez-lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

Lorsque je lis un livre, je prends parfois des notes : citations, observations, ressenti, …Et il m’arrive ensuite de reprendre ces notes pour me souvenir et pour trouver, à l’occasion, de l’inspiration. Aujourd’hui, j’ai eu envie de me replonger dans mes carnets et je suis tombée sur cette citation tirée de l’un de mes gros coups de cœur livresque d’il y a environ 3 ans, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano. Dans ce livre, il y a un passage sur le sourire qui m’avait beaucoup marquée :

« Un sourire ne coûte rien et il a pourtant une influence considérable sur votre entourage comme sur votre propre moral. Le bénéfice est double : « Vous connaissez bien sûr les paroles de l’Abbé Pierre ? « Un sourire coûte moins cher que l’électricité, mais donne autant de lumière ». Il m’a été démontré qu’un sourire sincère offert à quelqu’un peut entraîner, par réaction en chaîne, jusqu’à cinq cents sourires dans une journée ! Sans parler de ses bienfaits sur le cerveau et sur le corps !« .

C’est vrai, c’est tellement important de sourire et de rire et d’en prendre une bonne dose chaque jour. Ça ne coûte rien et ça fait tellement de bien !

Pour illustrer cette citation, je voulais un portrait. Toutefois, je fais très peu de portraits en dehors des photos de famille bien évidemment et d’un récent mariage où les mariés m’ont demandé de photographier durant l’événement. J’ai donc choisi un portrait de moi. Ce n’est évidemment pas moi qui ai pris cette photo mais j’ai réalisé le post-traitement. Pas facile pour moi d’une part, de me retrouver de l’autre côté de l’objectif et d’autre part, de publier cette photo. Mais je trouve qu’elle reflète bien la citation de Raphaëlle Giordano et cela me permet par la même occasion de me « présenter » à travers cette photographie.

Belle semaine.

Citation de la semaine

Le week-end dernier, deux personnes qui tiennent une place importante dans mon cœur se sont dit « OUI ». Avant de fêter ce mariage comme il se doit, nous avons fait une petite balade jusqu’au calvaire des dunes de Biville dans le Cotentin pour profiter du coucher du soleil, un magnifique coucher de soleil aux couleurs de l’automne.

Devant cette photo et en repensant à ce week-end rempli d’amour et d’émotions, c’est la très célèbre citation d’Hervé Bazin qui me vient à l’esprit :

« Une vie sans amour, c’est une vie sans soleil« .

Entretien avec Jacques Jaubert (1978).