Citation de la semaine

Photo : Barfleur, une fin de journée ensoleillée de janvier

Lors de son passage en mai dernier dans l’émission « Boomerang » sur France Inter, l’écrivaine Françoise Bourdin avait rédigé pour l’occasion un texte sur le temps qui passe ( https://www.franceinter.fr/livres/le-meilleur-est-a-venir-de-francoise-bourdin ). Ce texte a retenu toute mon attention et j’avais envie de le partager ici :

« Les années passent et chacun sait qu’elles passent vite. Or, voilà qu’un matin, on se réveille soudain, hanté par une question cruciale : Ai-je tout accompli ? Les rêves, les folles ambitions de sa jeunesse quand on n’avait peur de rien et qu’on croyait tout possible ?

Oh bien-sûr, on a fait des choses mais pas toujours facilement : un mariage avec la belle robe comme dans les contes de fées, en croyant que c’était pour la vie, des enfants, une carrière. Mais a-t-on fait le bien ? A-t-on été quelqu’un de bien ? Une bonne personne, une personne heureuse et qui rend heureux.

Le temps a coulé comme le sable entre ses doigts, et happé par le quotidien, par ses devoirs, ses petits plaisirs, par tout ce qu’on s’invente, pour être celui ou celle à qui il faut ressembler pour créer une belle image. Quelle image ? Celle de la mère parfaite, de la femme « warrior », de la clé de voûte de la famille, sportive accomplie, écolo avant l’heure, déléguée de parents d’élèves, membre de la SPA ?

On croit être indispensable et on s’aperçoit un beau jour, plutôt un sale jour, qu’on est tout petit, tout fragile, tout démuni et que malgré tout ce qu’on se raconte, on n’a pas fait grand-chose. Oh bien-sûr, on a hurlé avec les loups pour de bonnes causes, qu’on n’a pourtant pas pris à bras-le-corps. En cherchant à tout réussir, curieusement, on s’est égaré.

Mais les heures passent, en grignotant l’un après l’autre, l’un de nos trente mille jours, car une longue vie de quelques quatre-vingt ans, ce n’est que ça : trente mille jours. Combien de gâchés ? Combien de perdus ? Quand ces questions nous taraudent, il est temps de revenir à l’essentiel. Puisqu’on ne peut pas arrêter l’horloge, au moins s’apaiser, savourer tous les petits bonheurs quotidiens et même les provoquer, réparer nos oublis, devenir utile aux autres, saisir l’instant et comprendre que l’image d’un arc-en-ciel, un cheval qui galope dans un pré ou d’un oiseau qui s’envole, est infiniment plus précieuse que notre propre petite image« .

Belle semaine.

Le meilleur est à venir – Françoise Bourdin

Près de 50 ans après son tout premier roman, Les soleils mouillés, Françoise Bourdin offrait en mai dernier son 49e roman, Le meilleur est à venir. Ce livre relate l’histoire d’une famille qui quitte Paris pour s’installer à Granville, dans le vieux manoir familial à l’abandon, les Engoulevents. Comme dans chacun de ses romans, elle puise son inspiration dans un thème inépuisable, celui de la famille, et aborde ici avec bienveillance et sensibilité les thèmes du pardon et de la seconde chance.

Alors, vous me direz : pas de grand suspense, pas de grande originalité dans le sujet. Mais ce que j’aime dans les livres de Françoise Bourdin et qui font incontestablement son succès auprès des lecteurs, c’est qu’elle excelle dans la description des sentiments qu’elle « décortique » avec justesse de sa plume si particulière. Et je ne m’en lasse pas. A chaque fois que je commence à lire un livre de Françoise Bourdin, je suis certaine de passer un bon moment de lecture et ce roman n’a pas fait exception.

J’attendais par ailleurs ce dernier roman avec impatience car l’histoire se passe dans le Cotentin, à Granville. J’aime la couverture de ce livre même si je regrette que ce soit le Mont-Saint-Michel et non Granville qui apparaisse en fond. Je n’ai pas eu de peine à imaginer le manoir en repassant dans ma tête les grands maisons bourgeoises de Granville et les magnifiques paysages côtiers de cette ville qui sont bien retranscrits.

Un roman lumineux, un titre rempli de promesses.

Et comme disait Augustin Trapenard dans son émission « Boomerang » en mai dernier sur France Inter : Françoise Bourdin, elle « s’occupe bien des mots  » – ou peut-être est-ce des maux ? – et « ça fait du bien ! » : https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-05-mai-2021

Un petit bonus au cas où vous n’auriez pas vu le reportage de TF1 consacré à l’auteure. Découvrez l’univers de Françoise Bourdin dans sa maison normande à Vernon : https://fb.watch/azKFU6RrOd/

Et vous l’avez-vous déjà lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

« La liberté c’est la possibilité d’être et non l’obligation d’être« .

René Magritte, peintre surréaliste belge (1898-1967).

Être libre d’être soi-même et s’affranchir du regard des autres.

Être libre de ses choix sans qu’on nous les impose.

Être libre tout simplement (un peu comme le rouge-gorge de la photo ci-dessus finalement).

Belle semaine.

Les cigognes dans le Cotentin

Après avoir passé l’année 2021 à observer les cigognes blanches sur différents sites du Cotentin – je précise « cigognes blanches » car saviez-vous qu’il existe aussi des cigognes noires ? – , j’avais envie de leur consacrer un article parce que ce sont des oiseaux fascinants à la fois par le trajet migratoire qu’ils peuvent effectuer et par leur comportement.

Aujourd’hui, je parle des cigognes blanches dans le Cotentin. Dans de prochains articles, j’ai prévu de parler d’autres espèces car il est important de préserver la biodiversité qui nous entoure. On peut agir à tous les niveaux : individuellement en acceptant la présence de différentes espèces dans notre jardin, dans notre mare, dans nos champs, en leur laissant toute la tranquillité possible dont ils ont besoin lors de leur passage, ou même collectivement en leur réservant un bon accueil et en garantissant leur sauvegarde, que ce soit dans une commune, un département, une région, un territoire bien ciblé.

La croissance de la population des cigognes dans le Parc des marais du Cotentin et dans d’autres régions françaises est aujourd’hui en constante augmentation. Il est toutefois nécessaire de continuer à préserver cette espèce comme beaucoup d’autres parce qu’elles sont utiles à la biodiversité de notre planète.

Je tiens à préciser que pour observer et photographier les cigognes, comme toute autre espèce d’ailleurs, il faut toujours rester à bonne distance afin de ne pas les déranger. Le téléobjectif de mon appareil photo me permet de garder cette distance nécessaire. D’une manière générale, s’approcher trop près des animaux sauvages pour les observer et les photographier peut avoir des conséquences graves : les animaux peuvent arrêter de s’alimenter, cela peut compromettre la reproduction et la période de couvaison, ils peuvent également abandonner leurs petits. Aussi, lorsque vous partez vous promener seul(e) ou en famille à la découverte du milieu naturel, pensez-y. Prenez garde à tout dérangement qui pourrait avoir des conséquences : soyez discret, essayez de vous rendre « invisible » ou presque pour les animaux, en vous tenant à distance.

Un peu d’histoire et quelques chiffres

La cigogne blanche est une espèce protégée en France. Pourquoi ? En 1974, le seuil d’extinction des cigognes blanches est atteint en France car il ne reste que 11 couples : 9 en Alsace, 1 en Ille-et-Vilaine et 1 dans la Manche.

Plusieurs causes expliquent le dépérissement de cette espèce : une chute du taux de survie des adultes liée à de fortes sécheresses en Afrique, des électrocutions sur les lignes électriques aériennes, une importante mortalité due à la chasse, en particulier sur les lieux d’hivernage africain (au Mali notamment), la destruction des habitats de nidification, les changements subis par les milieux naturels et les espaces agricoles (assèchement des zones humides, intensification de l’agriculture, drainage des marais, artificialisation des prairies, usage intensif des pesticides).

Pour faire face à ce problème, des ornithologues et des passionnés se mobilisent :

  • pour créer des enclos consistant à réintroduire par la suite des cigognes ayant passé 2 à 3 ans en captivité comme en Alsace-Moselle ;
  • pour mettre en place des supports artificiels ou plateformes de nidification comme en Charente-Maritime et dans les départements plus récemment colonisés par l’espèce.

Parallèlement, un programme de sensibilisation et de suivi scientifique de la cigogne blanche est mis en place :

  • Des balises Argos sont posées sur des cigogneaux afin de suivre une migration complète (aller et retour). Plus d’informations sont disponibles sur le site https://www.migraction.net/index.php?m_id=1517&bs=7 . C’est une base de données vraiment très intéressante qui permet de faire un suivi régulier de la migration active sur un même site année après année.
  • Un programme national de reconnaissance est mis en place (http://ciconiafrance.fr/presentation_programme.pdf) avec la pose de bagues métalliques puis de bagues DARVIC colorées (depuis 2001) pour étudier le comportement migratoire de la cigogne blanche. Sur le site ciconiafrance.fr , vous pouvez à la fois saisir vos observations concernant une ou plusieurs cigognes blanches et voir le CV de l’oiseau en question. Je trouve cela absolument génial car ce programme permet à chacun de participer et d’écrire ainsi l’histoire de chaque cigogne baguée. Une cigogne est actuellement mise à l’honneur sur ce site car elle a été baguée pour la 1ère fois en 1989 dans le parc du Teich en Gironde et a été revue et photographiée dans ce même parc en mai 2021 soit quasiment 32 ans après son baguage, ce qui en fait la doyenne des cigognes vivantes.

Au XXIe siècle, les cigognes sont en constante augmentation en France. Chaque année, 32 départements accueillent des cigognes. En 2010, on recense 1 600 couples nicheurs. En 2015, ils sont au nombre de 2 821. Le nombre atteint environ 4 500 couples en 2020 (contre seulement 315 en 1994).

Si les cigognes sont présentes majoritairement en Charente-Maritime, dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin – cet oiseau migrateur est d’ailleurs devenu un véritable symbole dans ces départements -, on en trouve également en Normandie et en particulier dans le Cotentin.

Il est possible d’observer les cigognes blanches sur toute la zone du Parc des marais du Cotentin et du Bessin où elles se plaisent et sont de plus en plus nombreuses à revenir chaque année voire à rester. J’ai pu en observer 2 à la Maison du parc à St-Côme-du-Mont en tout début d’année, 2 à Ravenoville, 1 à Picauville, plus d’une trentaine d’individus durant la période hivernale au Château de la Rivière à St-Fromond, chiffre bien évidemment multiplié durant le printemps et l’été suite aux naissances, 1 dans l’enceinte du château d’Olonde à Canville-La-Rocque, 1 dans les marais de Selsoif à St-Sauveur-Le-Vicomte, 1 dans les marais de la Sangsurière situés sur la commune de Doville et 2 à proximité du site de la Fière à Sainte-Mère-Eglise. Le Parc des marais accueille 4 à 5 % des effectifs français et est la principale zone de nidification en Normandie avec 43 % des effectifs normands.

Selon les études du Groupe Ornithologique Normand (GONm), on dénombrait 70 couples en 2010, environ 100 couples en 2012, 117 en 2015, 147 en 2016, 202 couples en 2019, 228 couples en 2020 soit environ 500 individus dans le Parc régional des marais du Cotentin et du Bessin. Cette population augmente de 10 % chaque année avec un taux de survie de 50% chez les jeunes et de 90% chez les adultes.

Description de la cigogne

Plus connue que ses cousines les cigognes noires, les cigognes blanches appartiennent à la famille des circoniidés ou échassiers : ce sont de grands oiseaux à long cou, long bec et longues pattes rouge-oranger, au plumage noir et blanc. La Ciconia ciconia est un oiseau migrateur qui mesure entre 95 et 115 cm de hauteur, pour un poids qui varie entre 2,3 kg et 4,5 kg, et une impressionnante envergure d’ailes de 180 à 215 cm. Ses yeux sont cerclés de noir. Il est difficile de distinguer le mâle et la femelle tant ils se ressemblent physiquement. Son espérance de vie peut varier de 20 à 30 ans.

A la naissance, le cigogneau a un duvet clairsemé, composé de courtes plumes blanchâtres et son bec est noir. Son duvet est remplacé environ une semaine plus tard par un plumage plus dense de duvet blanc et laineux. Mais c’est seulement l’été suivant que le plumage, les pattes et le bec du cigogneau prendront leur aspect et leur couleur définitifs.

Migration et reproduction

Dans le Cotentin, la cigogne blanche occupe majoritairement des espaces ouverts et humides, des marais et des prairies humides.

Les premières retours migratoires d’Afrique vers le Cotentin ont lieu entre janvier et fin février. Toutefois, les retours sont de plus en plus précoces chaque année (pic décalé de 15 jours en 5 ans) et certaines cigognes arrivent dès Noël selon les années. Les couples expérimentés reviennent sur le territoire entre janvier et fin mars. Les plus jeunes sont les derniers à arriver, entre fin mars et fin avril. Cela concerne surtout de jeunes oiseaux tentant une première reproduction. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 3-4 ans.

La nidification est soit solitaire, soit coloniale comme c’est le cas au Château de la Rivière à St-Fromond où l’on dénombre une quarantaine de nids. Les cigognes blanches passent le printemps et l’été dans le Parc des marais du Cotentin et du Bessin. La plupart repartiront en août et septembre. Toutefois, quelques cigognes adultes deviennent sédentaires au fil des années et passent l’hiver dans le Cotentin.

Les cigognes nichent sur de vieux arbres, sur des plateformes aménagées par l’homme et également sur des constructions humaines : des murs, des cheminées, des pigeonniers, sur des bâtiments en ruines comme au Château de la Rivière à St-Fromond.

Dès son retour sur le site de nidification, le mâle prend possession de son territoire en attendant la femelle qui arrive peu de temps après. La cigogne est monogame, les couples reviennent en général nicher au même endroit d’une année sur l’autre. Un fois le couple formé, la construction ou la réfection du nid commence. Le nid étant pérenne, il peut atteindre des dimensions et un poids très importants pouvant aller jusqu’à 500 kg.

Il est intéressant d’observer le comportement des cigognes durant la parade nuptiale où elles effectuent des salutations mutuelles dans le nid accompagnées de claquements de bec assez impressionnants à entendre. Si vous avez l’occasion d’aller les observer, prenez le temps d’écouter ce claquement de bec qu’elles font assez fréquemment. On dit alors que les cigognes claquettent, craquettent ou encore qu’elles glottorent.

La ponte débute de mars jusqu’à la fin avril pour les plus jeunes couples inexpérimentés. Les cigognes pondent 4 ou 5 oeufs à raison d’un tous les 2 jours. L’incubation dure entre 32 et 35 jours. La couvaison et l’élevage des jeunes sont assurés par les deux parents. Les premières naissances sont attendue pour la fin avril. Dans le Parc des marais du Cotentin, il y a en moyenne 3 naissances pour un taux d’envol de 2 à 2,5. A l’âge de 7 semaines, les cigogneaux se tiennent debout dans le nid qu’ils quitteront environ une semaine plus tard puisque le premier vol intervient vers 55 – 60 jours. Les jeunes quittent ensuite le nid mais reviennent y passer la nuit une quinzaine de jours encore.

A partir du mois d’août et jusque fin septembre, les cigognes blanches quittent le Cotentin pour rejoindre l’Afrique en franchissant le Détroit de Gibraltar. Les zones d’hivernage se situent principalement entre le Sénégal et le Cameroun. Les cigognes voyagent plutôt en groupe et uniquement de jour. Elles parcourent environ 150 à 300 km par jour en moyenne et se rassemblent en dortoir pour la nuit. Les cigognes évitent de traverser les mers et les grandes forêts tropicales mais traversent facilement les déserts.

Certaines cigognes hivernent en France, en Espagne et en Afrique du Nord. Chaque année, ce sont entre 1 000 et 1 500 individus qui hivernent en France. Cette sédentarité peut s’expliquer par un réchauffement du climat donnant des hivers plus doux. Dans le Cotentin, durant l’hiver 2018-2019, on dénombrait 65 individus dans le Parc des marais et en 2019-2020, ce sont 70 individus qui sont restés durant la période hivernale. Je suis retournée observer les cigognes au château de la Rivière à St-Fromond début décembre. Une trentaine d’individus se trouvait à proximité des ruines du château.

Alimentation

Quand on évoque la cigogne blanche, très souvent cet oiseau est encore très souvent « catalogué » comme un oiseau se nourrissant uniquement de déchets. Il est vrai que les décharges à ciel ouvert à proximité des milieux humides ont souvent constitué les premières zones d’installation des cigognes blanches que ce soit en France ou à l’étranger. C’est d’ailleurs le cas avec l’ancien château de la Rivière situé à proximité du centre d’enfouissement de Saint-Fromond. La cigogne blanche peut malheureusement puiser sa nourriture dans les décharges publiques et les centres d’enfouissement de déchets, ce qui n’est pas sans danger pour elle. On a trouvé dans l’estomac de certaines cigognes des restes indigestes comme des caoutchoucs ingérés, pris pour des vers, entraînant la mort par occlusion. Ci-dessous, vous pouvez voir quelques photos que j’ai prises de jeunes cigogneaux tenant un morceau de caoutchouc dans leurs becs. Et malheureusement, pas de possibilité d’intervenir.

Aujourd’hui, la richesse du milieu naturel du Parc des marais du Cotentin offre de nombreuses ressources alimentaires dans les champs et les zones humides pour nourrir les cigognes blanches. Elle se nourrissent essentiellement d’insectes comme les sauterelles et les criquets, de vers de terre mais aussi et surtout d’écrevisses de Louisiane. L’écrevisse de Louisiane est désormais un réservoir exceptionnel de nourriture pour les hérons, les aigrettes, les spatules et les cigognes. Elle peut composer jusqu’à 95% du régime alimentaire des cigognes qui contribuent ainsi à limiter la prolifération de cette espèce invasive, menace pour les herbiers aquatiques, la ponte des poissons et les batraciens des marais. Les grenouilles et les petits mammifères tels que les mulots viennent ensuite après les insectes et les écrevisses de Louisiane. La cigogne blanche a parfois été accusée à tort de la disparition des batraciens. Toutefois, la diminution des populations de batraciens dans les marais français reste davantage liée à la dégradation générale des habitats et de la qualité de l’eau (irrigation intensive, usage de produits phytosanitaires et autres polluants, drainages, introduction d’espèces exogènes comme l’écrevisse de Louisiane) qu’à la présence de cigognes.

L’effort pour préserver les colonies de cigognes doit se poursuivre car les causes responsables de la quasi-extinction des cigognes blanches en France il y a presque 50 ans sont toujours présentes. Dans le Cotentin, il est important de maintenir l’activité agricole dans les marais, de continuer à gérer les prairies humides et de préserver les vieux arbres en bord de marais au lieu de les couper.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir et d’aller observer seul(e) ou en famille ces oiseaux migrateurs magnifiques.

Et comme je ne manque jamais une occasion pour parler de livres sur ce blog, je vous invite à lire (ou à le relire si vous l’avez déjà lu) le premier roman de Jean-Christophe Grangé, Le vol de cigognes (1994). Cet excellent thriller raconte l’histoire d’un étudiant passionné d’ornithologie qui va suivre de près la migration des cigognes jusqu’en Afrique pour découvrir pourquoi bon nombre d’entre elles a disparu. Je ne vous en dis pas plus. Lisez-le !

Bonne lecture et bonne découverte des cigognes !

Sources :

Citation de la semaine

Pour cette nouvelle année qui débute, voici non pas une … mais deux citations. Eh oui, un petit grain de folie et de l’inspiration surtout, ça ne peut pas faire de mal. Je vous laisse choisir celle qui vous parle le plus :

« Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse« .

Nelson Mandela

« Avoir la foi, c’est monter la première marche, même quand on ne voit pas tout l’escalier« .

Martin Luther King

Prendre de bonnes résolutions pour 2022 ? Pourquoi pas … mais encore faut-il s’y tenir ! Je n’aime pas les bonnes résolutions et les « to-do list » trop contraignantes.

Je vais plutôt m’inspirer de ces deux citations et être dans l’action, avoir la foi, monter la première marche et croire que tout est possible. Malgré les circonstances actuelles dans ce monde qui ne tourne pas tous les jours très rond, d’un point de vue personnel, cette année 2022 me semble pourtant remplie de belles promesses avec un grand tournant professionnel à prendre, de belles rencontres à venir, de nouveaux projets et de nouveaux partenariats à mettre en place, de nouvelles opportunités à saisir.

Avoir la tête dans les étoiles ou sur la lune (je vous laisse choisir) et pas trop les pieds sur terre (peut-être un peu quand même), voir grand, croire en quelque chose qui nous tient à coeur, s’accrocher à ses rêves et surtout les réaliser. Prendre soin de soi et des siens. Profiter des petits et des grands moments de bonheur. Voilà de quoi sera fait 2022 ! Parce qu’il ne suffit pas d’exister, il faut vivre pleinement, c’est tellement mieux.

Et comme j’aime partager, je vous envoie toutes ces ondes positives pour 2022 et je vous souhaite le meilleur !

Belle semaine et belle année 2022.

Citation de la semaine

« Chaque instant que tu perds à être malheureuse ne te sera jamais rendu. Tu sais où commence ta vie, mais pas quand elle s’arrête. Une seconde vécue est un cadeau que nous ne devons pas gâcher. Le bonheur se vit maintenant […] Ton bonheur prend racine en toi au kilomètre zéro« .

Maud Ankaoua, Kilomètre zéro.

Cette photographie prise en à peine quelques secondes dans le Parc des marais du Cotentin fait partie de ces moments de petits bonheurs, à la fois surprenants et éphémères, incroyables et sensationnels par le ressenti qu’ils procurent, ces petits instants de votre vie qui paraissent si anodins mais si essentiels et qui vous remplissent à la fois de sérénité et d’une telle énergie vivifiante … tel un moment d’éternité.

Belle journée.

Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson

J’avais voulu lire ce livre un peu par curiosité suite à la venue de Jean Dujardin dans le Cotentin il y a environ 5 semaines pour tourner l’adaptation cinématographique de cet ouvrage. Et quelle ne fut pas ma surprise ! J’ai été conquise ! Ce récit m’a impressionnée par son écriture étonnante, une écriture authentique et inspirée avec de nombreuses références d’auteurs et de citations, certaines soulignant la formation de géographe de l’auteur.

Suite à sa chute d’un toit et après avoir été hospitalisé 4 mois, Sylvain Tesson choisit de faire sa rééducation lui-même et décide de traverser la France à pied en empruntant les chemins noirs – il ne s’agit évidemment pas des sentiers de randonnée actuels mais bel et bien des sentiers anciens et ruraux utilisés autrefois par les paysans, des sentiers qui n’existent presque plus. Accompagné certains jours sur son parcours par ses amis Cédric Gras, Arnaud Humann et Thomas Goisque ou encore par sa soeur , l’auteur part finalement à la rencontre d’une France rurale en train de disparaître, effacée peu à peu par une transformation du paysage géographique français au cours des dernières décennies. Il entame alors une sorte de « journal de marche » où il raconte ce périple l’amenant chaque jour à se dépasser un peu plus pour finalement l’entraîner à la découverte de lui-même.

Il part le 24 août du Mercantour pour arriver le 8 novembre à Jobourg dans le Cotentin, en passant par le Comtat Venaissin, le Mont Vézère (Cévennes), l’Aubrac, les Monts du Cantal, Ussel, la Touraine, Laval, le bocage mayennais, le Mont-Saint-Michel et le littoral de la Manche. L’auteur dévoile tour à tour son regard à la fois de botaniste, de naturaliste et bien évidemment de géographe.

En lisant cet ouvrage, je lis une ode à la ruralité et à la nature, aux paysages ruraux et sauvages qui se raréfient de plus en plus en France. L’auteur célèbre ce retour à la nature, cette nature à la fois calme et apaisante mais aussi vivifiante. Toujours ce retour à l’essentiel.

Son écriture m’a frappée par toute cette richesse de références. Sylvain Tesson dépose ici et là avec justesse des citations d’Epicure, de Xénophon et son Economique, de Fernand Braudel évidemment, de Charles Maurras, Tolstoï, Lamartine, Rousseau, Nerval, Lévi-Strauss, Théophile Gautier, Giono, Pagnol, Cocteau et bien d’autres encore. Il parle à plusieurs reprises de notre dandy cotentinois, Jules Barbey d’Aurevilly. Qui peut citer tous ces auteurs de nos jours en si peu de pages et avec tellement de justesse ? Il évoque aussi des peintres comme Géricault, Cézanne ou encore Picasso.

Pour ce qui est de la Manche, Sylvain Tesson parle brièvement du Mont-Saint-Michel, puis remonte vers le Cotentin avec Genêts, Granville, où les chemins du littoral prennent le relais des chemins noirs, enchaîne avec Pirou-plage, Lindbergh-plage, Le Rozel, remarquant les murets des bocages et la haie bocagère, Flamanville, Sciotot, Diélette, le cap de la Hague, les dunes de Biville, le nez de Jobourg, le phare de Goury et pour finir, le sémaphore de la Hague et Omonville la Rogue.

Ce livre s’achève malheureusement trop vite comme si l’auteur était pressé d’arriver dans la Hague et d’en finir avec ce long périple. A mon grand regret, Sylvain Tesson décrit finalement très peu le Cotentin et ses chemins. Il n’en reste pas moins que c’est un très bon livre et que je le recommande vivement.

Pour les Cotentinois(es), vous pourrez retrouver ce livre à la bouquinerie Le Vent des Livres dès demain.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

Vol d’oiseaux dans la baie du Mont-Saint-Michel

« Le voyage pour moi, ce n’est pas arriver, c’est partir. C’est l’imprévu de la prochaine escale, c’est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c’est demain, éternellement demain« .

Roland Dorgelès.

Pour tous celles et ceux qui, comme moi, ont une âme de voyageur et rêvent de partir à nouveau …

Belle semaine.

L’anomalie – Hervé Le Tellier

Avec ce roman ayant reçu le Prix Goncourt 2020, Hervé Le Tellier se lance dans une sorte d’expérimentation et nous offre en un seul et même ouvrage un mélange des genres : ce roman qui prend parfois les allures d’un film catastrophe à l’américaine relève aussi bien du policier que de la science-fiction, du polar que de l’introspection, en passant par la romance.

Je ne m’attendais pas du tout à ça et j’ai été agréablement surprise.

Même si je ne parlerais pas d’un coup de cœur mais plutôt d’un bon moment de lecture, je dois avouer que ce livre étrange et déconcertant propose une approche tout à fait intéressante du roman dans le roman qui porte le même nom, « L’anomalie« . Certains passages sont à la fois amusants et déroutants. Et je ne peux que souligner l’originalité de la structure de ce roman, la richesse du langage et des références que l’on peut trouver dans ce livre.

Alors quel est le point commun entre un tueur à gages, un chanteur, une avocate et une petite fille, un architecte, une cheffe-monteuse de films, un pilote d’avion et un écrivain, auteur du livre L’anomalie ? Réponse : Le vol Paris-New-York. Pour la suite, je n’en dirai pas plus … et je vous invite à le découvrir par vous-même.

Ce roman sera disponible dès demain à la Bouquinerie Le Vent des Livres.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

« Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible« .

Albert Camus, L’été, « Retour à Tipasa », 1952.

J’avais envie de trouver une citation sur l’hiver, celui-ci approchant maintenant à grands pas … Mais j’avais surtout l’envie de trouver une citation positive sur l’hiver, cette saison n’étant pas toujours facile à vivre pour certain(e)s d’entre nous, encore moins dans la situation actuelle où les médias ne participent pas à remonter le moral des troupes, bien au contraire…

Alors citer l’un de mes auteurs préférés, Albert Camus, s’imposait. J’aime beaucoup cette citation. Elle peut simplement nous faire penser qu’il faut apprendre à relativiser, que la joie succède à la peine, le beau temps à la pluie, que si l’on ne va pas bien, rien ne dure, et qu’un jour ça ira mieux.

Mais cette citation va beaucoup plus loin. Albert Camus nous invite ici à découvrir qu’il n’existe pas d’événements heureux ou malheureux en soi, mais qu’il existe, en chacun des événements de notre vie une dimension plus profonde. Il nous invite donc à apprendre à reconnaître, au milieu de notre « hiver », qu’il s’agisse d’un quotidien difficile à vivre et lourd à gérer, d’un événement tragique, d’une maladie grave qui touche à la fois le patient et indirectement ses proches, … notre « invincible » l’été, celui qui nous rend plus fort et nous aide à nous sentir mieux : l’amour de notre famille et de nos amis, nos souvenirs inoubliables de l’enfance, parfois des touts petits riens … mais ce sont des choses essentielles qui nous rappellent que cet invincible été est en chacun de nous et qu’il suffit juste de le (re)trouver.

A cette magnifique citation, j’ajoute une photo des marais du Cotentin qui commencent à se remplir d’eau en cette saison pour prendre enfin leur apparat de marais blancs de l’hiver.

Belle semaine.