Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

Lorsque j’ai commencé le livre, peut-être n’étais-je pas très inspirée ce jour-là mais les 20 premières pages m’ont laissée perplexe au point que j’ai laissé ce livre de côté plusieurs jours pour en lire un autre, ce qui m’arrive rarement. J’ai failli passer à côté d’une vraie pépite.

Mais n’aimant pas laisser un livre sans l’avoir terminé, je suis revenue vers ce roman de Valérie Perrin et je l’ai lu en entier dans la journée. Impossible de le lâcher. Comment aurais-je pu passer à côté de ce livre ?

D’abord, parlons du titre de ce roman : un titre si bien choisi qui prend tout son sens au fil des pages et devient poétique. Ensuite, le récit : à la fois amusant et touchant ; la façon qu’a l’auteure de raconter en alternant style courant et familier et récit écrit et où se mêlent à la fois le passé et le présent est vraiment très plaisante. Elle permet à l’auteure d’aborder tout en douceur les drames et les événements tragiques qu’ont pu vivre les personnages du livre. L’amour, la mémoire, les non-dits, la transmission, le partage sont autant de sujets qui sont abordés dans ce livre.

Ce roman m’a fait pensé au livre de Delphine de Vigan, Les gratitudes, non pas parce que les deux histoires se ressemblent car chaque auteure a son originalité et sa plume, mais parce qu’elles ont en commun cette écriture si sensible et bienveillante qui dégage une telle humanité qu’on en ressort transformée.

Mon chapitre préféré reste incontestablement celui de la visite des résidents au petit matin. Mais je ne vous en dis pas plus. Lisez-le, vous ne pourrez pas rester insensible à ce roman.

Choisi dans le cadre des ambassadeurs du Vent des Livres, ce livre sera très prochainement disponible à la bouquinerie.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Un éternité plus tard – Nicolas Carteron

J’ai une curiosité et une admiration toutes particulières pour les auteurs qui se lancent dans l’auto-édition. Nicolas Carteron en fait partie. Comme chaque écrivain auto-éditeur que j’ai pu lire, je n’ai pas été déçue. Bien au contraire. Une très belle découverte.

J’ai fait la connaissance de cet auteur il y a quelques années en échangeant avec d’autres lecteurs sur Babelio mais je n’avais pas en encore eu l’occasion de lire ses romans … jusqu’à l’année dernière où j’ai contacté Nicolas Carteron pour échanger avec lui et acheter ses romans. Disponible et à l’écoute, l’auteur m’a rapidement répondu et quelques jours plus tard, je recevais ses cinq romans avec une dédicace personnalisée sur chaque livre. J’avoue avoir trouvé cette petite attention particulièrement plaisante.

Je ne lis jamais les livres dans l’ordre de parution mais plutôt selon mes envies. J’ai donc débuté ma lecture en ignorant que Une éternité plus tard était le premier roman de Nicolas Carteron. J’ai vraiment beaucoup aimé et j’ai vraiment hâte de lire ses autres romans. Je ne manquerai pas de vous en parler.

Je n’aime pas les comparaisons entre auteurs que l’on peut parfois retrouver dans certaines chroniques et critiques, que ces comparaisons soient justifiées … ou pas. Alors, je dirai que Nicolas Carteron est un auteur qui a une plume bien à lui, à la fois fluide et magnétique. On commence le livre et pas moyen de s’en détacher ! Des descriptions intéressantes. Mais aussi de l’action, du suspense, une touche de fantastique, une histoire d’amour … tous les bons ingrédients pour obtenir un bon livre ! L’auteur nous fait même voyager de Paris jusqu’à Venise. Et la cerise sur le gâteau : une fin inattendue mais tellement plaisante ! Je n’en dirai pas plus …

… lancez-vous et lisez-le !

Si vous ne connaissez pas cet auteur, allez découvrir ses pages Instagram et/ou Facebook. Vous ne serez pas déçu(e)s. Et si vous le connaissez déjà, quel(s) roman(s) avez-lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

« L’opinion d’un autre n’est que ça : une opinion. Les agissements de quelqu’un d’autre ne sont pas sous votre responsabilité, et rien ne vous oblige, jamais, à accepter tout ce qu’on dit de vous comme des vérités« .

Cet extrait de Maman solo de Nina Farr est pour moi une citation forte, importante, qui mérite qu’on y attache de l’importance chaque jour et j’avais envie de la partager avec vous. Aujourd’hui, nous avons une tendance accrue – souvent liée aux réseaux sociaux – à accorder une importance démesurée à l’opinion de l’autre. Je ne dis pas que l’opinion de l’autre n’a pas d’importance. Toutefois, il est essentiel d’écouter en premier son propre ressenti. Il faut suivre son intuition. L’opinion des autres n’est que secondaire, surtout quant cette opinion s’avère peu constructive voire négative.

Belle semaine.

Je revenais des autres – Mélissa Da Costa

Là encore, je découvre l’auteur, je n’ai pas lu ses précédents romans et n’ai donc pas de comparaison. En lisant celui-ci, c’est le « coup de cœur » immédiat.

Il y a des livres qu’on « dévore » en quelques heures et il y a des livres qu’on savoure comme une bonne pâtisserie pour faire durer le plaisir. Ce livre fait partie de la 2e catégorie.

Portant le même nom que le magnifique poème d’Andrée Chedid – poème d’ailleurs cité en début de ce roman – Je revenais des autres narre la rencontre d’Ambre, jeune fille de 20 ans déjà bien abîmée par la vie, avec d’autres saisonniers venus de tous horizons pour travailler dans un hôtel situé en montagne.

Ce roman révèle au détour des pages comment la vie nous amène parfois à oser prendre un chemin qui conduit inévitablement à revenir vers soi, à la rencontre de soi-même et à apprendre à se connaître et à se guérir à travers les autres. J’avoue, le début de la lecture est peu déconcertant car le livre n’a pas de chapitres ; ce roman est divisé en 10 parties, les 10 étapes par lesquelles Ambre devra passer pour se reconstruire.

Les personnages touchants et attachants qui font connaissance au fil de la saison vont découvrir bien davantage : apprendre à dépasser les épreuves de la vie ensemble et renaître.

Un livre emprunt d’une grande sensibilité, une écriture puissante par ses mots et par les émotions qui s’en dégagent. Un livre rempli d’espoir et qui fait du bien.

Ce livre sera disponible dès mardi à la bouquinerie Le Vent des livres. Alors, dépêchez-vous si vous souhaitez le lire.

Et vous, l’avez-vous ? Qu’en avez-vous pensé ?

Code 93 – Olivier Norek

Je connaissais Olivier Norek de nom mais sans avoir jamais eu l’occasion de lire ses livres. Et puis j’ai eu un de ses polars entre les mains. Et wouah ! Quelle lecture ! Il m’en aura fallu du temps pour découvrir cet auteur mais ça valait le coup !

J’ai tout simplement eu un coup de cœur pour ce livre qui met en scène une enquête menée par le Capitaine Victor Coste et son équipe. Dans une atmosphère oppressante, ce thriller écrit par un ancien lieutenant de police de la SDPJ 93 nous embarque dans une histoire terrifiante et sombre. Plus possible de lâcher l’affaire !

Si l’intrigue n’est sans doute pas la meilleure que j’ai lue – tout habitué à lire des polars devinera vite – , cela n’enlève rien à la plume efficace de l’auteur. Une écriture choc rédigée par un écrivain qui sait manier les mots et les choisir avec précision. Âmes sensibles, s’abstenir : pas de retenue ni de filtre… un thriller aux descriptions criantes de réalisme qui révèlent avec froideur le vécu et le quotidien de flics du 93.

Cette équipe solidaire de flics, une équipe attachante qu’on aime suivre et qu’on a du mal à quitter à la fin du livre, et quelques notes d’humour au détour de certaines pages, un peu d’humanité en soi, viennent alléger l’ambiance et parfaire ce polar.

Curieuse d’en savoir plus, j’ai recherché d’autres titres du même auteur. J’ai pu constater avec contentement qu’il avait écrit deux autres polars avec la même équipe de flics du SDPJ 93 : Territoires et Surtensions. Entre deux mondes, Surface et Impact ont l’air tout aussi accrocheurs et captivants. D’autres histoires que je vais découvrir sans modération !

Et pour les Cotentinois et les Cotentinoises qui souhaitent lire ce polar, il sera disponible dans les prochains jours à la bouquinerie Le Vent des livres.

Et vous l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensez ?

Citation de la semaine

L’automne est bien là. Dans ma tête, cette saison rime avec des moments « cocooning » au coin du feu avec un bon livre dans une main et une tasse de thé bien chaud dans l’autre. Elle me permet également de porter un regard nouveau sur les lieux que je connais pourtant bien et que j’aime photographier car cette saison est propice à une nouvelle lumière et à des couleurs chatoyantes qui métamorphosent les paysages et dont je ne me lasse jamais.

Mais l’automne c’est aussi la saison qui invite à ralentir le rythme, à prendre le temps, à revenir dans l’instant présent et à accepter ce qui est, à trouver la paix intérieure pour pouvoir mieux réfléchir à ce que l’on souhaite pour demain. Pas facile d’y parvenir lorsque l’on voit le rythme de vies que la société veut nous imposer : vivre toujours plus vite, prévoir et anticiper toujours plus, … mais cela reste toujours possible si c’est le choix que l’on fait. J’ai fait récemment ce choix : réfléchir à la manière dont je veux réellement vivre ma vie.

Voici un extrait du livre que je suis en train de lire, Une chance sur un milliard de Gilles Legardinier. Cette phrase a trouvé un fort écho en moi : « Tu sais, mon garçon, on confond souvent vivre mieux et avoir une belle vie. La durée ne compte pas, c’est l’intensité qui fait tout. Quoi que tu affrontes, n’oublie jamais qu’exister est une chance. Profite-en de toutes tes forces ». Je crois effectivement qu’il ne suffit pas d’avoir vécu longtemps pour avoir bien vécu, certaines vies ont parfois été très courtes et pourtant remplies de tant de richesses. La vie est une chose précieuse, autant bien la vivre et en profiter à fond sans pour autant se dépêcher en permanence pour finalement passer à côté de l’essentiel.

Passez une belle semaine et surtout prenez soin de vous et de la manière dont vous avez choisi de vivre votre vie.

Citation de la semaine

Cette semaine, je cite l’extrait d’un livre que j’ai lu durant mes vacances et que j’ai adoré … un autre de mes coups de coeur … Il s’agit de Mamma Maria de Serena Giuliano. J’ai noté deux ou trois citations mais c’est celle-ci qui m’a le plus marqué :

« Je crois que j’aurais aimé lui donné la vie, l’aider à devenir une femme, une grande femme, belle dedans, épanouie dehors. De ces femmes fortes, élégantes dans l’âme, de celles qui marquent, de celles qui comptent. J’aurais aimé lui expliquer à quel point c’est beau d’en être une, à quel point c’est trop souvent difficile aussi. J’aurais voulu lui dire de respecter les autres, et de prétendre au même respect en retour, toujours. J’aurais voulu lui dire de se respecter elle en premier, et que finalement c’est ça le plus compliqué et et le plus essentiel. J’aurais aimé lui expliquer qu’une femme peut tout être, tout devenir, que le choix appartient à chacune . »

Belle semaine.

Miséricorde – Jussi Adler Olsen

Je ne vous dirais pas que ce livre a été un réel coup de coeur. Je suis en fait assez partagée quant à la lecture de ce livre.

D’un côté, il n’y a pas de grande révolution dans le genre « thriller ». J’ai trouvé le début du livre assez peu accrocheur. La mise en place de l’histoire « traîne un peu en longueur » et certains passages semblent redondants. Ce n’est qu’à la moitié du récit que ce livre m’a réellement captivée. Quant à la fin du livre, elle est malheureusement trop prévisible.

D’un autre côté, j’ai bien aimé les deux personnages du Département V. L’auteur a un style bien à lui qui n’est pas déplaisant. La seconde partie de ce thriller nous tient réellement en haleine ; on a hâte de connaître l’issue de l’histoire même en ayant deviné le coupable.

Je ne connaissais pas cet auteur auparavant. J’ai découvert que ce livre est le 1er tome d’une série de 8 ouvrages. Je suis assez curieuse et bien tentée d’en relire au moins un autre de la même série pour voir si le suspense et le style évoluent dans ces autres tomes consacrés au Département V.

J’ai acheté il y a environ un mois sans m’en rendre compte un livre du même auteur, L’unité alphabet (il ne fait pas partie de la série des 8 livres). Je retente donc ma chance et je vais « attaquer » dès que possible la lecture de ce livre afin de satisfaire ma curiosité et comparer mes deux lectures.

Pour info : pour ceux qui habitent le Cotentin, Miséricorde sera très prochainement disponible à la bouquinerie Le Vent des livres .

Et sinon, pour celles et ceux qui ont lu ce livre, qu’en avez-vous pensé ?

D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan

J’avoue, au départ, en lisant les premières pages, j’étais un peu dubitative. Je ne comprenais pas trop où l’auteur voulait en venir. J’avais lu son autre roman Les gratitudes que j’avais adoré et là, je ne ressentais pas le même engouement dès le début.

Mon impression a pourtant vite changé. Même si j’ai eu l’impression de me plonger dans une ambiance quelque peu étrange, voire même dérangeante, je n’ai pas pu me détacher de ce livre. L’écriture de ce roman est à la fois déconcertante, surprenante, oppressante mais prenante. La volonté de parvenir à la fin de l’histoire pour en connaître l’issue devient alors une évidence.

L’auteure, en évoquant le thème de la vérité et de la fiction, du vrai et du faux, de l’importance des faits réels et de la fiction dans un roman, nous amène à nous poser cette question : quel est la part du vrai et du faux dans ce roman ?

Au fur et à mesure des pages, le doute se répand et s’installe. Le suspense fait son apparition là où on ne l’attend pas et on veut absolument connaître la fin. L’écriture est subtile ; l’ambiance est digne d’un thriller psychologique … un peu comme les films de Hitchcock … ou serait-ce du Stephen King ? … On ne sait pas trop mais une chose est certaine : ce livre est diaboliquement efficace !

En bref, j’étais plutôt sceptique en débutant ce livre. Mon opinion en a été tout autre à la fin de ma lecture. Il est totalement différent d’un point de vue de l’écriture et du style mais tout aussi génial. On comprend alors pour quoi Delphine de Vigan a obtenu le prix Renaudot en 2015. Si vous ne le connaissez pas, allez le découvrir

En plus, pour celles et ceux qui habitent le Cotentin, ce roman sera très prochainement disponible au Vent des livres.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Les choses humaines – Karine Tuil

Certains vous diront qu’ils ont adoré ce livre, d’autres qu’ils ne l’ont pas aimé. Pour ma part, ce n’est pas un coup de coeur c’est vrai mais cette lecture a été très intéressante.

C’est un roman qui relate l’histoire d’un viol … ou pas selon la perception que chacun peut avoir avec la délimitation de cette fameuse « zone grise du consentement ».

La première partie est consacrée aux 4 personnages principaux décrits avec une psychologie minutieuse…mais peut-être un peu trop. J’avoue que cette première partie n’est pas la meilleure du livre.

La seconde partie du livre consacrée à l’enquête et au procès est à l’inverse passionnante et bouleversante : l’auteure décrit les faits, relate le procès, la plaidoirie et le verdict mais ne donne jamais aucun indice sur ce qui pourrait être une éventuelle prise de position. Tout s’enchaîne parfaitement. Cette deuxième partie en impose.

Par ailleurs, dans ce livre, l’auteure explore un très grand nombre de sujets d’actualité qui ont fait la une de la presse à un moment donné : l’affaire Lewinsky, l’affaire Weinstein avec #MeToo ou encore #balancetonporc. Elle aborde également d’autres sujets comme le monde du journalisme et le lien entre certains journalistes et certains hommes politiques qui s’utilisent tour à tour pour parvenir à leurs fins, les attentas contre les Juifs en France, la maladie d’Alzheimer et la mort assistée,… L’auteure ne développe pas chacun de ces thèmes, elle les dépose brièvement sur le papier et continue son histoire. Mais le sujet est bel et bien abordé et soulève des questions. Au lecteur de voir ce qu’il en fait.

J’ai beaucoup aimé la référence au génialissime livre de Georges Perec, La disparition.

Les choses humaines est un roman fort où l’on sent au fil des pages cette réelle maîtrise de l’écriture et de l’histoire en particulier avec la partie consacrée au procès ; on comprend en le lisant pourquoi l’auteure a reçu le Prix Interallié ainsi que le Prix Goncourt des lycéens 2019.