Le gibier – Nicolas Lebel

Ce sera ma dernière critique de livres sur ce blog. Comme je l’ai expliqué
récemment sur mes pages Facebook et Instagram, je suis en pleine reconversion
professionnelle ; je crée ma propre entreprise qui valorisera les différents
patrimoines du Cotentin à travers des visites guidées, circuits, expo photos,
… et je vais manquer cruellement de temps à partir des prochains mois pour
parler en détail de toutes mes lectures. Je continuerai cependant de les
partager sur Facebook et Instagram à travers « Les citations de la
semaine » en lien avec mes photos et en story avec un petit commentaire
rapide sur chaque livre. Quant aux autres articles que je publiais auparavant
sur ce blog, vous pourrez les retrouver sur le blog du nouveau site internet
sur lequel je travaille actuellement. Il faudra patienter encore
un peu. Je ne manquerai pas de vous informer tout au long de l’évolution du
projet.

Revenons donc à ce livre lu dans le cadre des Ambassadeurs du Vent des
Livres. Une nouvelle fois, une belle découverte avec ce polar, un mélange de
policier et de thriller qui fait partie de ces livres qu’on lit d’une seule
traite. On le commence et on ne peut plus s’en détacher.

L’auteur délaisse son personnage habituel, le capitaine Mehrlicht, pour
proposer un beau duo de flics : Paul Starski (avec un i ! eh oui !), un
commissaire un peu paumé dans sa situation, et Yvonne Chen, une lieutenante au
comportement un peu glacial.

L’auteur nous emmène sur des sentiers battus inconnus pour mieux nous y
perdre ! Il nous sert une sorte d’intrigue à tiroirs où s’entremêlent la chasse
avec une vraie recherche sur les différentes étapes notamment de la chasse à
courre, les Furies et les histoires sombres de l’Apartheid … et finalement
nous embarque dans un scenario diabolique avec de multiples rebondissements et
une fin à laquelle on ne s’attend pas. Mais qui est réellement le gibier dans ce
thriller ? Je ne suis habituellement pas fan des polars sombres et pourtant
j’ai apprécié celui-ci, l’auteur ayant
su « colorer » certains passages avec un brin d’humour.

En refermant le livre, j’avais malgré tout un peu l’impression de
rester sur ma fin – … ou peut-être ma faim ?! – mais je sais à présent qu’il
y a une suite, La capture. Hâte de la lire.

Et vous, l’avez-vous déjà lu ? Connaissez-vous déjà les livres de Nicolas
Lebel ?

 

La cerise sur le gâteau – Aurélie Valognes

Cela fait une éternité … ou presque que je devais écrire cette chronique. Alors, voilà, c’est à présent chose faite !

Et ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé ce livre. Bien au contraire. Je vous recommande cette comédie qui a été un vrai coup de cœur pour moi. Si vous avez envie de faire une cure de bonne humeur, ce livre est alors un excellent choix.

L’auteure propose ici une nouvelle histoire mais sa plume est toujours la même : la petite expression qui sert de titre à chaque chapitre et qu’on adore, les personnages attachants, les émotions que l’auteure sait si bien faire naître en nous, les passages amusants qui font sourire voire parfois éclater de rire … une auteure procurateur de bonheur !

Si j’ai passé un délicieux moment de lecture avec ce roman, j’avoue que ma cerise sur le gâteau à moi, c’est la petite note « Pour vous en dire plus » que l’auteure écrit pour ses lecteurs après chacun de ses romans. Et celle-ci m’a particulièrement touchée car je me suis complètement retrouvée dans cette note.

L’auteure explique comment elle s’est lancée dans l’écriture de ce roman après avoir vécu un burn out, fait le choix de changer de vie et d’habitudes, puis décidé d’écrire sur la retraite, sur la manière dont chacun peut appréhender et vivre ce changement de vie. Elle raconte aussi sa prise de conscience écologique. Et bien moi aussi j’ai vécu tout ça. Alors non, je n’ai pas écrit de livre (ceci dit, ça pourrait venir un jour, qui sait ?) et je suis encore loin de la retraite (peut-être ne connaitrais-je d’ailleurs jamais cette notion si l’on continue de reculer sans cesse la date de départ mais ce n’est pas le sujet !) mais j’ai vécu tout le reste : tout plaquer, démissionner pour réaliser son rêve, avoir une prise de conscience écologique, décider de manger bio et local pour sa santé et surtout pour celle de ses enfants, décider de faire les petits gestes au quotidien pour préserver l’environnement, se lancer dans le zéro déchet et devenir une « militante anti-plastique » même je sais qu’on n’arrivera jamais à s’en débarrasser totalement parce que du plastique y’en a partout, revoir l’organisation de sa cuisine avec des bocaux en verre, acheter des sachets en tissu pour le vrac, des gourdes en inox, réutiliser la bonne râpe à gruyère, se remettre à cuisiner en faisant ses yaourts, son pain, sa pâte à pizza, sa purée et ses soupes, … sans pour autant être débordée entre la surcharge mentale, organisationnelle et émotionnelle parce qu’après tout, je ne suis qu’une simple maman qui élève seule ses enfants et pas wonderwoman !!!! – , acheter des vêtements de seconde main, offrir des cadeaux d’occasion plutôt que du neuf, ramasser les déchets sur la plage, … essayer d’éduquer sans culpabiliser à tous ces petits gestes du quotidien … pas facile tous les jours mais tout est possible. Cela dépend juste des choix que l’on décide de faire. Chacun peut devenir le petit colibri qui fera sa part pour préserver notre belle planète. Il suffit parfois juste de planter une petite graine …

Et puis s’émerveiller devant la nature, les oiseaux et vouloir partager cette passion avec les autres. Rappeler que les métiers de la terre, que ce soit paysan ou encore jardinier, sont des métiers nobles qui méritent d’être davantage valorisés. Et puis écouter nos grands-parents. Comme le dit si bien l’auteure, les personnages âgées « sont essentielles car elles représentent les valeurs de bon sens qui se perdent dans notre société. Ne pas gâcher, un sou est un sou, le juste respect de nos ressources naturelles« . Et inculquer ces valeurs à nos enfants.

En bref, un énième roman d’Aurélie Valognes qui fait du bien et qui, une fois de plus, nous invite à ralentir le rythme et à revenir à l’essentiel !

Je terminerai avec cette citation de Pierre Rabhi que l’auteure cite d’ailleurs dans cette note et qui prend tout son sens dans cette chronique : « Quelle planète laisserons-nous à nos enfants, et quels enfants laisserons-nous à notre planète ?« 

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

N’éteins pas la lumière – Bernard Minier

Claude de la Bouquinerie du Vent des Livres m’avait recommandé ce livre. Je l’ai donc lu dans le cadre des Ambassadeurs du Vent des Livres. C’est la première fois que je lisais un thriller de Bernard Minier alors je n’ai pas de comparaison possible avec ses autres livres et c’est tant mieux.

Je découvre son personnage, le Commandant Martin Servaz qui, je dois le dire, me plaît bien. Un flic en arrêt de travail mais qui ne peut s’empêcher malgré tout de reprendre du service. L’auteur a déjà écrit deux autres thrillers auparavant avec ce personnage, Glacé et Le cercle mais cela n’empêche pas de comprendre l’histoire et bien évidemment je me fais happer par ce livre en quelques pages seulement. Impossible de se détacher de l’histoire.

Si je devais résumer ce livre en 2 mots, je réutiliserais une des expressions favorites de mon ado préférée en ce moment : ce livre est « grave flippant ! ».

C’est un livre angoissant à souhait, glacial. Une fois que tu as refermé le bouquin tard le soir parce que tu n’as pas pu t’arrêter à la fin du chapitre parce que « allez encore 5 minutes de lecture  » même si tu sais que ça va être dur de se lever le lendemain, parce que oui tu veux savoir ce qui va se passer parce que oui ça t’énerve de ne pas savoir, parce que tu te mets à la place du personnage principal et que tu es à deux doigts de vérifier si tu as bien fermé ta porte de maison à clé au cas où quelqu’un aurait voulu se faufiler chez toi mais là tu te dis que tu divagues et que c’est la faute du livre … bon bref, c’est à peu près cet effet que fait ce livre donc on peut dire que la plume de l’auteur fonctionne à merveille ! Malgré tout ça, tu as besoin de continuer pour connaître la suite, tu veux savoir. Et quand tu crois savoir comment ça va finir … et bien tu te trompes complètement. L’auteur te manipule du début … jusqu’à la fin. Une lecture addictive. Et le pire c’est qu’on en redemande ! Une polar diaboliquement construit. Et si en plus, tu aimes l’opéra, Toulouse et la cité de l’Espace alors ce livre est fait pour toi.

Pour finir, je dirai que que bon ben voilà, je suis devenue accro aux polars de Bernard Minier. Résultat : en allant reporter le livre à la Bouquinerie du Vent des livres – eh oui vous pourrez acheter ce livre dès demain et bien d’autres encore, la bouquinerie de Claude se résumant à la caverne d’Ali Baba, on y trouve quasiment tout ce que l’on cherche – je suis repartie avec 3 livres de Bernard Minier dont les 2 premiers qu’il y a écrit parce que oui je veux savoir comment tout a commencé avec le Commandant Servaz.

Et vous l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma transition écologique – Hervé Gardette

Merci à Babelio et aux éditions Novice pour l’envoi de ce livre que j’ai particulièrement apprécié car il aborde une thématique qui me tient particulièrement à cœur.

Après avoir présenté, durant huit ans, l’émission de débats « Du Grain à moudre », Hervé Gardette, journaliste à France Culture, a tenu une chronique sur l’écologie dans « Les Matins » de septembre 2019 à décembre 2021. C’est de cette chronique matinale qu’est issue la cinquantaine de textes de l’ouvrage. L’auteur a fait le choix de sélectionner une cinquantaine d’écrits parmi les 400 qu’il a pu rédiger durant les deux années. Le livre est paru une première fois en février 2021 puis une seconde fois en décembre 2021 ; il s’agit de l’édition augmentée que j’ai reçue et dont le titre a été légèrement modifié (le sous-titre « comment je me suis radicalisé » a disparu entre les 2 éditions). Quant à la 4e de couverture, elle a également été revue. Des chroniques ont été ajoutées puisque la 1ère édition ne tenait pas compte des chroniques rédigées entre février et décembre 2021.

Dans ce recueil, Hervé Gardette raconte son apprentissage de la transition écologique en milieu urbain. Il partage avec ses lecteurs ses réflexions de citoyen sur l’écologie. L’auteur part de son vécu personnel, participe au défi Familles Zéro Déchet, apporte des connaissances à travers ses lectures, nous parle de ses réflexions, ses doutes et dénonce certaines aberrations de l’époque. Il montre que même si l’on est convaincu des actions à mener en faveur de l’écologie, les appliquer n’est pas toujours aussi simple.

Les chroniques sont courtes et rapides à lire – libre à vous de n’en lire qu’une ou deux par soir si le cœur vous en dit -, très instructives avec une petite touche d’humour qui dédramatise un peu le sujet pas toujours facile à aborder. L’auteur ne cherche nullement à convaincre le lecteur de devenir un fervent écologiste mais cherche plutôt à éveiller les consciences et invite à se poser des questions concernant l’écologie et pourquoi pas à débuter – si cela n’est pas déjà fait – sa propre transition écologique.

Il est cependant dommage que les éditions Novice n’aient pas entamé la même transition écologique que l’auteur puisque le livre, qui, bien qu’il ait été imprimé sur du papier FSC – et c’est tout à leur honneur – a malheureusement été imprimé au Portugal et non en France.

Je terminerai par cette citation du livre qui me rappelle assurément le livre d’Aurélie Valognes, La cerise sur le gâteau, dont je ferai la chronique prochainement. : « Réflexe envahissant : je ne peux plus regarder s’envoler un avion sans mauvaise pensée, ni regarder une vidéo en ligne (quel que soit le sujet) sans mauvaise conscience. Pour rester crédible – et intègre -, j’ai renoncé aux soldes d’hiver, au foie gras, aux taxis, aux enceintes connectées, au Thermomix, à la 5G. Par chance, il y a de moins en moins d’insectes en été : j’aurais trop de scrupules à les écraser. Faire les courses au supermarché est devenu un calvaire. Un voyage au pays des infidèles. Comme dit le président Mac Mahon : « que de plastique, que de plastique ». Tout y est sous blister« .

Le bazar du zèbre à pois – Raphaëlle Giordano

Un ENORME COUP DE COEUR pour ce livre, une de ces lectures qui tiennent une place déterminante dans nos vies parce qu’elles influencent nos choix. Je ne vous dirais pas le contraire, je suis une fan inconditionnelle de Raphaëlle Giordano. Chacun de ses livres m’a apporté un petit quelque chose, m’a permis de voir les choses différemment et parfois, comme celui-ci, m’a convaincu de passer l’action. J’ai acheté ce roman dès sa parution. J’ai tout de suite adoré sa couverture pétante. Il est vrai que je ne l’ai pas lu aussitôt mais je l’avais glissé bien précieusement dans ma pile à lire. Peut-être n’était-ce pas encore le moment de le lire. Qui sait ?

Il n’y a jamais de hasard dans la vie. J’ai lu ce roman durant l’été dernier, à une période de ma vie où j’ai pris conscience que, certes je menais une vie confortable mais mon travail ne me convenait plus, je m’ennuyais sur le poste administratif que j’occupais, je ne rentrais pas dans le moule des agents exerçant dans la fonction publique. Pire encore, je manquais de temps et pour mes enfants et pour moi, parce que quand on est mère célibataire H24 et que l’on bosse plus de 40h/semaine, c’est vite compliqué de s’organiser surtout lorsqu’il n’y a plus de grands-parents pour prendre le relais … pas de temps pour mettre en place ce projet professionnel qui me tenait à coeur depuis plusieurs mois déjà, plus de temps de prendre le temps ! Bref, il fallait remédier à la situation !

Et c’est là qu’interviennent les personnages de ce livre : Basile, un « audaciel » qui a ouvert cette incroyable boutique, « Le Bazar du zèbre à pois » parce qu’il veut revenir à l’essentiel ; Giulia, une mère célibataire, « nez » qui a perdu toute motivation dans son travail et qui est à la recherche d’un projet novateur qui a du sens ; et puis son fils Arthur, adolescent qui ne demande qu’à exprimer son talent. Ces personnages et leur histoire m’ont évidemment touchée ; je me suis tellement reconnue dans le personnage de Giulia. Lorsque j’ai lâché ce livre que j’ai bien évidemment dévoré en quelques heures, j’ai pris conscience que j’étais moi aussi un drôle de zèbre, que j’avais en moi cette « audacité », ce « mélange d’audace et de ténacité, d’esprit d’ouverture et de soif d’entreprendre, propre aux doux rêveurs, aux fous et aux grands conquérants » et que j’avais besoin de le revendiquer ! J’étais déjà dans une dynamique d’envie de changement mais ce livre a fini de me convaincre que je devais faire le grand saut ou prendre un virage à 180 degrés – comme vous préférez – pour laisser derrière moi tout ce qui ne me faisait plus vibrer, pour m’accorder enfin le droit d’être qui j’étais vraiment. Et je l’ai fait ! J’ai enfin laissé mes peurs de côté et j’ai osé provoquer le changement. Aujourd’hui, je suis en pleine reconversion professionnelle. C’est très inconfortable comme situation pour le moment parce que mon projet n’a pas encore abouti mais il avance et il paraît que c’est le signe que je suis sur le bon chemin. Et je sens à présent que je suis exactement là où je dois être, à ma place. Je peux enfin « rêver plus grand, penser plus large, oser plus librement ». Voilà tout ce que ce livre m’a inspiré et ce n’est pas rien !

Et si vous aussi, vous étiez sans le savoir un zèbre ? Et si vous aviez, vous aussi, envie d’oser et de mettre plus de vie dans votre vie ? Je sais, vous vous dites que ça y est, j’ai basculé dans la folie et que cette chronique paraît complètement dingue. Mais lisez ce livre et vous comprendrez.

Et même si vous ne souhaitez rien changer à votre vie, n’hésitez pas à vous plonger dans le monde de la création, de l’invention et des fragrances. La plume de Raphaëlle Giordano est positive et légère et ça fait beaucoup de bien !

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Le jour des cendres – Jean-Christophe Grangé

Apparemment, ce thriller serait une adaptation d’un des épisodes de la série télévisée Les rivières pourpres diffusée en 2019 sur France 2 mais je ne l’ai pas vue. Je suis donc libérée de toute attente ou déception. Comme toutes les autres couvertures de livres de Jean-Christophe Grangé qui entretiennent le mystère et que j’affectionne particulièrement, celle-ci ne fait pas exception et invite le lecteur à se plonger dans l’histoire.

Un meurtre est commis en Alsace dans le domaine viticole d’une communauté d’anabaptistes ayant fait le choix de vivre isolée du monde moderne. C’est là qu’intervient le duo de flics « cabossés » par la vie, Pierre Niémans / Ivana Bogdanovic. Le premier enquête de l’extérieur ; la seconde parvient à infiltrer cette communauté d’émissaires en se faisant engager comme saisonnière durant les vendanges.

J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver le commandant Niémans que je ne peux m’empêcher d’imaginer sous les traits de Jean Réno, l’acteur qui incarnait ce personnage dans le film de Mathieu Kassowitz, Les Rivières pourpres. Je découvre pour la première fois sa binôme, Ivana Bogdanovic, qui a fait son apparition pour la première fois dans l’opus précédent, La dernière chasse. Bien que je ne l’ai pas lu, cela ne m’empêche pas de comprendre l’histoire. La plume de l’auteur n’a pas changé, elle est toujours aussi bien « aiguisée » et cette ambiance si particulière qui fait le charme de ses livres reste pesante et dérangeante.

Je n’avais pas lu de thriller de Jean-Christophe Grangé depuis plusieurs années ; j’ai donc eu beaucoup de plaisir à lire celui-ci qui, comme les précédents ouvrages, plonge le lecteur dans une atmosphère oppressante avec des meurtres ritualisés et toujours cette petite pointe d’humour à la Niémans qui fait sourire à certains passages. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à un suspense haletant ni à une intrigue à couper le souffle. Selon moi, ce n’est pas son meilleur roman. Il faut dire que Jean-Christophe Grangé avait mis la barre très haut avec ses premiers romans, notamment Le vol des cigognes, Les rivières pourpres ou encore Le serment des limbes pour n’en citer que quelques-uns, qui ont fait de lui l’un des maîtres du thriller français. En bref, un bon moment de lecture mais pas de réel coup de coeur.

J’ai lu ce livre dans le cadre des ambassadeurs du Vent des Livres. Retrouvez-le dès aujourd’hui à la bouquinerie.

Et vous, l’avez-vous lu, qu’en avez-vous pensé ?

L’apiculteur d’Alep – Christy Lefteri

Vu de l’extérieur, un livre avec une couverture haute en couleur, la couleur rouge, la couleur de la grenade et de la terre.

Vu de l’intérieur, un récit. Le récit de Nuri, apiculteur à Alep, et de sa femme, Afra, artiste, condamnés à fuir leur pays natal, la Syrie, avec pour seuls bagages, la violence des souvenirs, la peur, la douleur et le deuil. L’auteure, qui a travaillé plusieurs années dans un camp de migrants à Athènes, décrit avec réalisme le long périple que chaque migrant doit vivre et subir, les étapes par lesquelles il doit passer pour survivre – s’il y parvient – et se reconstruire après avoir tout perdu, jusqu’à sa propre identité. Elle décrit le quotidien, ce quotidien que l’on ne voit qu’à travers des images incomplètes et erronées au JT ou que l’on ne voit que sous forme de statistiques dans les journaux et les magazines. Elle rend réel et concret ce qui nous paraît si lointain. Elle donne une autre dimension au périple imposé au couple migrant qui va devoir traverser la Turquie et la Grèce avant de pouvoir rejoindre l’Angleterre : une dimension humaine.

L’originalité de ce livre réside par ailleurs dans la construction du récit. Ecrits à la 1ère personne, certains chapitres du roman se terminent sur une phrase inachevée à laquelle il manque un mot. Ce mot, apparaît seul sur la page suivante et deviendra le 1er mot du chapitre suivant. Il servira de jonction entre ces deux chapitres. De cette manière, l’auteure nous transporte à travers le temps par associations d’idées, d’odeurs, de parfums et de couleurs. Elle écrit alors à la 3e personne et nous fait vivre les flashbacks dans le récit.

C’est un roman bouleversant mais rempli d’espoir, un roman qui nous fait passer de la nuit vers la lumière, du désespoir vers l’espérance, un roman rempli d’humanité et de résilience.

A découvrir.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Le meilleur est à venir – Françoise Bourdin

Près de 50 ans après son tout premier roman, Les soleils mouillés, Françoise Bourdin offrait en mai dernier son 49e roman, Le meilleur est à venir. Ce livre relate l’histoire d’une famille qui quitte Paris pour s’installer à Granville, dans le vieux manoir familial à l’abandon, les Engoulevents. Comme dans chacun de ses romans, elle puise son inspiration dans un thème inépuisable, celui de la famille, et aborde ici avec bienveillance et sensibilité les thèmes du pardon et de la seconde chance.

Alors, vous me direz : pas de grand suspense, pas de grande originalité dans le sujet. Mais ce que j’aime dans les livres de Françoise Bourdin et qui font incontestablement son succès auprès des lecteurs, c’est qu’elle excelle dans la description des sentiments qu’elle « décortique » avec justesse de sa plume si particulière. Et je ne m’en lasse pas. A chaque fois que je commence à lire un livre de Françoise Bourdin, je suis certaine de passer un bon moment de lecture et ce roman n’a pas fait exception.

J’attendais par ailleurs ce dernier roman avec impatience car l’histoire se passe dans le Cotentin, à Granville. J’aime la couverture de ce livre même si je regrette que ce soit le Mont-Saint-Michel et non Granville qui apparaisse en fond. Je n’ai pas eu de peine à imaginer le manoir en repassant dans ma tête les grands maisons bourgeoises de Granville et les magnifiques paysages côtiers de cette ville qui sont bien retranscrits.

Un roman lumineux, un titre rempli de promesses.

Et comme disait Augustin Trapenard dans son émission « Boomerang » en mai dernier sur France Inter : Françoise Bourdin, elle « s’occupe bien des mots  » – ou peut-être est-ce des maux ? – et « ça fait du bien ! » : https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-05-mai-2021

Un petit bonus au cas où vous n’auriez pas vu le reportage de TF1 consacré à l’auteure. Découvrez l’univers de Françoise Bourdin dans sa maison normande à Vernon : https://fb.watch/azKFU6RrOd/

Et vous l’avez-vous déjà lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson

J’avais voulu lire ce livre un peu par curiosité suite à la venue de Jean Dujardin dans le Cotentin il y a environ 5 semaines pour tourner l’adaptation cinématographique de cet ouvrage. Et quelle ne fut pas ma surprise ! J’ai été conquise ! Ce récit m’a impressionnée par son écriture étonnante, une écriture authentique et inspirée avec de nombreuses références d’auteurs et de citations, certaines soulignant la formation de géographe de l’auteur.

Suite à sa chute d’un toit et après avoir été hospitalisé 4 mois, Sylvain Tesson choisit de faire sa rééducation lui-même et décide de traverser la France à pied en empruntant les chemins noirs – il ne s’agit évidemment pas des sentiers de randonnée actuels mais bel et bien des sentiers anciens et ruraux utilisés autrefois par les paysans, des sentiers qui n’existent presque plus. Accompagné certains jours sur son parcours par ses amis Cédric Gras, Arnaud Humann et Thomas Goisque ou encore par sa soeur , l’auteur part finalement à la rencontre d’une France rurale en train de disparaître, effacée peu à peu par une transformation du paysage géographique français au cours des dernières décennies. Il entame alors une sorte de « journal de marche » où il raconte ce périple l’amenant chaque jour à se dépasser un peu plus pour finalement l’entraîner à la découverte de lui-même.

Il part le 24 août du Mercantour pour arriver le 8 novembre à Jobourg dans le Cotentin, en passant par le Comtat Venaissin, le Mont Vézère (Cévennes), l’Aubrac, les Monts du Cantal, Ussel, la Touraine, Laval, le bocage mayennais, le Mont-Saint-Michel et le littoral de la Manche. L’auteur dévoile tour à tour son regard à la fois de botaniste, de naturaliste et bien évidemment de géographe.

En lisant cet ouvrage, je lis une ode à la ruralité et à la nature, aux paysages ruraux et sauvages qui se raréfient de plus en plus en France. L’auteur célèbre ce retour à la nature, cette nature à la fois calme et apaisante mais aussi vivifiante. Toujours ce retour à l’essentiel.

Son écriture m’a frappée par toute cette richesse de références. Sylvain Tesson dépose ici et là avec justesse des citations d’Epicure, de Xénophon et son Economique, de Fernand Braudel évidemment, de Charles Maurras, Tolstoï, Lamartine, Rousseau, Nerval, Lévi-Strauss, Théophile Gautier, Giono, Pagnol, Cocteau et bien d’autres encore. Il parle à plusieurs reprises de notre dandy cotentinois, Jules Barbey d’Aurevilly. Qui peut citer tous ces auteurs de nos jours en si peu de pages et avec tellement de justesse ? Il évoque aussi des peintres comme Géricault, Cézanne ou encore Picasso.

Pour ce qui est de la Manche, Sylvain Tesson parle brièvement du Mont-Saint-Michel, puis remonte vers le Cotentin avec Genêts, Granville, où les chemins du littoral prennent le relais des chemins noirs, enchaîne avec Pirou-plage, Lindbergh-plage, Le Rozel, remarquant les murets des bocages et la haie bocagère, Flamanville, Sciotot, Diélette, le cap de la Hague, les dunes de Biville, le nez de Jobourg, le phare de Goury et pour finir, le sémaphore de la Hague et Omonville la Rogue.

Ce livre s’achève malheureusement trop vite comme si l’auteur était pressé d’arriver dans la Hague et d’en finir avec ce long périple. A mon grand regret, Sylvain Tesson décrit finalement très peu le Cotentin et ses chemins. Il n’en reste pas moins que c’est un très bon livre et que je le recommande vivement.

Pour les Cotentinois(es), vous pourrez retrouver ce livre à la bouquinerie Le Vent des Livres dès demain.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

Lorsque j’ai commencé le livre, peut-être n’étais-je pas très inspirée ce jour-là mais les 20 premières pages m’ont laissée perplexe au point que j’ai laissé ce livre de côté plusieurs jours pour en lire un autre, ce qui m’arrive rarement. J’ai failli passer à côté d’une vraie pépite.

Mais n’aimant pas laisser un livre sans l’avoir terminé, je suis revenue vers ce roman de Valérie Perrin et je l’ai lu en entier dans la journée. Impossible de le lâcher. Comment aurais-je pu passer à côté de ce livre ?

D’abord, parlons du titre de ce roman : un titre si bien choisi qui prend tout son sens au fil des pages et devient poétique. Ensuite, le récit : à la fois amusant et touchant ; la façon qu’a l’auteure de raconter en alternant style courant et familier et récit écrit et où se mêlent à la fois le passé et le présent est vraiment très plaisante. Elle permet à l’auteure d’aborder tout en douceur les drames et les événements tragiques qu’ont pu vivre les personnages du livre. L’amour, la mémoire, les non-dits, la transmission, le partage sont autant de sujets qui sont abordés dans ce livre.

Ce roman m’a fait pensé au livre de Delphine de Vigan, Les gratitudes, non pas parce que les deux histoires se ressemblent car chaque auteure a son originalité et sa plume, mais parce qu’elles ont en commun cette écriture si sensible et bienveillante qui dégage une telle humanité qu’on en ressort transformée.

Mon chapitre préféré reste incontestablement celui de la visite des résidents au petit matin. Mais je ne vous en dis pas plus. Lisez-le, vous ne pourrez pas rester insensible à ce roman.

Choisi dans le cadre des ambassadeurs du Vent des Livres, ce livre sera très prochainement disponible à la bouquinerie.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu ? Qu’en avez-vous pensé ?