Citation de la semaine

« Chaque instant que tu perds à être malheureuse ne te sera jamais rendu. Tu sais où commence ta vie, mais pas quand elle s’arrête. Une seconde vécue est un cadeau que nous ne devons pas gâcher. Le bonheur se vit maintenant […] Ton bonheur prend racine en toi au kilomètre zéro« .

Maud Ankaoua, Kilomètre zéro.

Cette photographie prise en à peine quelques secondes dans le Parc des marais du Cotentin fait partie de ces moments de petits bonheurs, à la fois surprenants et éphémères, incroyables et sensationnels par le ressenti qu’ils procurent, ces petits instants de votre vie qui paraissent si anodins mais si essentiels et qui vous remplissent à la fois de sérénité et d’une telle énergie vivifiante … tel un moment d’éternité.

Belle journée.

L’anomalie – Hervé Le Tellier

Avec ce roman ayant reçu le Prix Goncourt 2020, Hervé Le Tellier se lance dans une sorte d’expérimentation et nous offre en un seul et même ouvrage un mélange des genres : ce roman qui prend parfois les allures d’un film catastrophe à l’américaine relève aussi bien du policier que de la science-fiction, du polar que de l’introspection, en passant par la romance.

Je ne m’attendais pas du tout à ça et j’ai été agréablement surprise.

Même si je ne parlerais pas d’un coup de cœur mais plutôt d’un bon moment de lecture, je dois avouer que ce livre étrange et déconcertant propose une approche tout à fait intéressante du roman dans le roman qui porte le même nom, « L’anomalie« . Certains passages sont à la fois amusants et déroutants. Et je ne peux que souligner l’originalité de la structure de ce roman, la richesse du langage et des références que l’on peut trouver dans ce livre.

Alors quel est le point commun entre un tueur à gages, un chanteur, une avocate et une petite fille, un architecte, une cheffe-monteuse de films, un pilote d’avion et un écrivain, auteur du livre L’anomalie ? Réponse : Le vol Paris-New-York. Pour la suite, je n’en dirai pas plus … et je vous invite à le découvrir par vous-même.

Ce roman sera disponible dès demain à la Bouquinerie Le Vent des Livres.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

« Un des lointains Premiers ministres de la Ve République (Jean-Marc Ayrault – période Anatole France) avait commandé en son temps un rapport sur l’aménagement des campagnes françaises. Le texte avait été publié sous le mandat d’un autre ministre […]. Ce que nous autres, pauvres cloches romantiques, tenions pour une clef du paradis sur Terre – l’ensauvagement, la préservation, l’isolement – était considéré dans ce pays comme des catégories du sous-développement.

Le rapport se faisait rassurant, les auteurs étaient de confiants prophètes : « Courage, citoyens campagnards ! nous arrivons ». Bientôt, grâce à l’Etat, la modernité ruissellerait dans les jachères. Le wi-fi ramènerait les bouseux à la norme […] .

Parmi la batterie de mesures du rapport on lisait des choses comme le droit à la pérennisation des expérimentations efficientes et l’impératif de moderniser la péréquation et de stimuler de nouvelles alliances contractuelles. Quelle était cette langue étrangère ? De quoi les auteurs de phrases pareilles nourrissaient-ils leur vie ? Savaient-ils le plaisir de s’essuyer la bouche d’un revers de la veste après une goulée de vin de Savoie, la jouissance de se coucher dans l’herbe quand la silhouette d’un oiseau égayait le ciel ? ».

Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson.

Belle semaine.

Les oubliés du dimanche – Valérie Perrin

Lorsque j’ai commencé le livre, peut-être n’étais-je pas très inspirée ce jour-là mais les 20 premières pages m’ont laissée perplexe au point que j’ai laissé ce livre de côté plusieurs jours pour en lire un autre, ce qui m’arrive rarement. J’ai failli passer à côté d’une vraie pépite.

Mais n’aimant pas laisser un livre sans l’avoir terminé, je suis revenue vers ce roman de Valérie Perrin et je l’ai lu en entier dans la journée. Impossible de le lâcher. Comment aurais-je pu passer à côté de ce livre ?

D’abord, parlons du titre de ce roman : un titre si bien choisi qui prend tout son sens au fil des pages et devient poétique. Ensuite, le récit : à la fois amusant et touchant ; la façon qu’a l’auteure de raconter en alternant style courant et familier et récit écrit et où se mêlent à la fois le passé et le présent est vraiment très plaisante. Elle permet à l’auteure d’aborder tout en douceur les drames et les événements tragiques qu’ont pu vivre les personnages du livre. L’amour, la mémoire, les non-dits, la transmission, le partage sont autant de sujets qui sont abordés dans ce livre.

Ce roman m’a fait pensé au livre de Delphine de Vigan, Les gratitudes, non pas parce que les deux histoires se ressemblent car chaque auteure a son originalité et sa plume, mais parce qu’elles ont en commun cette écriture si sensible et bienveillante qui dégage une telle humanité qu’on en ressort transformée.

Mon chapitre préféré reste incontestablement celui de la visite des résidents au petit matin. Mais je ne vous en dis pas plus. Lisez-le, vous ne pourrez pas rester insensible à ce roman.

Choisi dans le cadre des ambassadeurs du Vent des Livres, ce livre sera très prochainement disponible à la bouquinerie.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry a 75 ans cette année. Je ne pouvais donc pas rater l’occasion de relire une énième fois ce magnifique texte et de partager avec vous un extrait.

Véritable phénomène d’éditions avec plus de 200 millions d’exemplaires vendus dans le monde et plus de 400 traductions, c’est le livre le plus traduit dans le monde après la Bible. Dernier ouvrage écrit par l’auteur lors de son exil aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, Le Petit prince paraît la première fois outre-atlantique en avril 1943. Il ne sera publié en France qu’en 1946 par les éditions Gallimard, deux ans après la disparition d’Antoine de Saint-Exupéry le 31 juillet 1944 au cours d’une mission en Méditerranée.

Le manuscrit original acquis en 1968 est actuellement conservé par la Morgan Library & Museum à Manhattan (New-York). Saint-Exupéry l’avait offert à son amie Silvia Hamilton-Reinhardt le jour de son départ pour rejoindre les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord au printemps 1943, quelques jours après la sortie de l’édition originale du Petit Prince, parue simultanément en langues française et anglaise chez Reynal & Hitchcock.

Conçu comme un livre pour enfant, l’ouvrage a plutôt des allures de fable poétique inspirante où Saint-Exupéry se révèle être un « coach humaniste » invitant le lecteur à s’affranchir du regard des autres, à savourer l’instant présent, à cultiver l’amour de soi et des autres. C’est la raison pour laquelle j’aime tant ce livre.

J’aurais pu citer la très célèbre conversation entre le renard et le Petit Prince sur la signification du mot « apprivoiser » mais je préfère citer mon passage favori lorsque le Petit Prince boit l’eau du puits dans le désert, passage illustré ci-dessus par cette superbe copie d’aquarelle de l’auteur, les éditions Gallimard ayant choisi de faire une ré-édition conforme à l’édition originale américaine de 1943 :

« J’ai soif de cette eau-là, dit le Petit prince, donne-moi à boire.

Et je compris ce qu’il avait cherché !

Je soulevais le seau jusqu’à ses lèvres. Il but, les yeux fermés. C’était donc comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau. Lorsque j’étais petit garçon, la lumière de l’arbre de Noël, la musique de la messe de minuit, la douceur des sourires faisaient, ainsi, tout le rayonnement du cadeau de Noël que je recevais. »

Le château de la Bourdaisière à Montlouis-sur-Loire (https://www.labourdaisiere.com/) offre une approche très intéressante de ce livre à travers l’exposition « Dessine-moi ta planète » inaugurée en juin dernier et visible jusqu’au 15 novembre. Cette exposition reprend les valeurs du Petit Prince pour éveiller la conscience des visiteurs aux enjeux écologiques et les inciter à prendre soin de la planète.

Le Musée des arts décoratifs à Paris proposera également en février 2022 une exposition où seront présentés pour la première fois le manuscrit original ainsi que des écrits inédits, des esquisses et des aquarelles (https://madparis.fr/soutenez-les-expositions).

Revenir vers Le petit prince pour revenir à l’essentiel …

Belle journée.

Un éternité plus tard – Nicolas Carteron

J’ai une curiosité et une admiration toutes particulières pour les auteurs qui se lancent dans l’auto-édition. Nicolas Carteron en fait partie. Comme chaque écrivain auto-éditeur que j’ai pu lire, je n’ai pas été déçue. Bien au contraire. Une très belle découverte.

J’ai fait la connaissance de cet auteur il y a quelques années en échangeant avec d’autres lecteurs sur Babelio mais je n’avais pas en encore eu l’occasion de lire ses romans … jusqu’à l’année dernière où j’ai contacté Nicolas Carteron pour échanger avec lui et acheter ses romans. Disponible et à l’écoute, l’auteur m’a rapidement répondu et quelques jours plus tard, je recevais ses cinq romans avec une dédicace personnalisée sur chaque livre. J’avoue avoir trouvé cette petite attention particulièrement plaisante.

Je ne lis jamais les livres dans l’ordre de parution mais plutôt selon mes envies. J’ai donc débuté ma lecture en ignorant que Une éternité plus tard était le premier roman de Nicolas Carteron. J’ai vraiment beaucoup aimé et j’ai vraiment hâte de lire ses autres romans. Je ne manquerai pas de vous en parler.

Je n’aime pas les comparaisons entre auteurs que l’on peut parfois retrouver dans certaines chroniques et critiques, que ces comparaisons soient justifiées … ou pas. Alors, je dirai que Nicolas Carteron est un auteur qui a une plume bien à lui, à la fois fluide et magnétique. On commence le livre et pas moyen de s’en détacher ! Des descriptions intéressantes. Mais aussi de l’action, du suspense, une touche de fantastique, une histoire d’amour … tous les bons ingrédients pour obtenir un bon livre ! L’auteur nous fait même voyager de Paris jusqu’à Venise. Et la cerise sur le gâteau : une fin inattendue mais tellement plaisante ! Je n’en dirai pas plus …

… lancez-vous et lisez-le !

Si vous ne connaissez pas cet auteur, allez découvrir ses pages Instagram et/ou Facebook. Vous ne serez pas déçu(e)s. Et si vous le connaissez déjà, quel(s) roman(s) avez-lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Je revenais des autres – Mélissa Da Costa

Là encore, je découvre l’auteur, je n’ai pas lu ses précédents romans et n’ai donc pas de comparaison. En lisant celui-ci, c’est le « coup de cœur » immédiat.

Il y a des livres qu’on « dévore » en quelques heures et il y a des livres qu’on savoure comme une bonne pâtisserie pour faire durer le plaisir. Ce livre fait partie de la 2e catégorie.

Portant le même nom que le magnifique poème d’Andrée Chedid – poème d’ailleurs cité en début de ce roman – Je revenais des autres narre la rencontre d’Ambre, jeune fille de 20 ans déjà bien abîmée par la vie, avec d’autres saisonniers venus de tous horizons pour travailler dans un hôtel situé en montagne.

Ce roman révèle au détour des pages comment la vie nous amène parfois à oser prendre un chemin qui conduit inévitablement à revenir vers soi, à la rencontre de soi-même et à apprendre à se connaître et à se guérir à travers les autres. J’avoue, le début de la lecture est peu déconcertant car le livre n’a pas de chapitres ; ce roman est divisé en 10 parties, les 10 étapes par lesquelles Ambre devra passer pour se reconstruire.

Les personnages touchants et attachants qui font connaissance au fil de la saison vont découvrir bien davantage : apprendre à dépasser les épreuves de la vie ensemble et renaître.

Un livre emprunt d’une grande sensibilité, une écriture puissante par ses mots et par les émotions qui s’en dégagent. Un livre rempli d’espoir et qui fait du bien.

Ce livre sera disponible dès mardi à la bouquinerie Le Vent des livres. Alors, dépêchez-vous si vous souhaitez le lire.

Et vous, l’avez-vous ? Qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

L’automne est bien là. Dans ma tête, cette saison rime avec des moments « cocooning » au coin du feu avec un bon livre dans une main et une tasse de thé bien chaud dans l’autre. Elle me permet également de porter un regard nouveau sur les lieux que je connais pourtant bien et que j’aime photographier car cette saison est propice à une nouvelle lumière et à des couleurs chatoyantes qui métamorphosent les paysages et dont je ne me lasse jamais.

Mais l’automne c’est aussi la saison qui invite à ralentir le rythme, à prendre le temps, à revenir dans l’instant présent et à accepter ce qui est, à trouver la paix intérieure pour pouvoir mieux réfléchir à ce que l’on souhaite pour demain. Pas facile d’y parvenir lorsque l’on voit le rythme de vies que la société veut nous imposer : vivre toujours plus vite, prévoir et anticiper toujours plus, … mais cela reste toujours possible si c’est le choix que l’on fait. J’ai fait récemment ce choix : réfléchir à la manière dont je veux réellement vivre ma vie.

Voici un extrait du livre que je suis en train de lire, Une chance sur un milliard de Gilles Legardinier. Cette phrase a trouvé un fort écho en moi : « Tu sais, mon garçon, on confond souvent vivre mieux et avoir une belle vie. La durée ne compte pas, c’est l’intensité qui fait tout. Quoi que tu affrontes, n’oublie jamais qu’exister est une chance. Profite-en de toutes tes forces ». Je crois effectivement qu’il ne suffit pas d’avoir vécu longtemps pour avoir bien vécu, certaines vies ont parfois été très courtes et pourtant remplies de tant de richesses. La vie est une chose précieuse, autant bien la vivre et en profiter à fond sans pour autant se dépêcher en permanence pour finalement passer à côté de l’essentiel.

Passez une belle semaine et surtout prenez soin de vous et de la manière dont vous avez choisi de vivre votre vie.

Citation de la semaine

Cette semaine, je cite l’extrait d’un livre que j’ai lu durant mes vacances et que j’ai adoré … un autre de mes coups de coeur … Il s’agit de Mamma Maria de Serena Giuliano. J’ai noté deux ou trois citations mais c’est celle-ci qui m’a le plus marqué :

« Je crois que j’aurais aimé lui donné la vie, l’aider à devenir une femme, une grande femme, belle dedans, épanouie dehors. De ces femmes fortes, élégantes dans l’âme, de celles qui marquent, de celles qui comptent. J’aurais aimé lui expliquer à quel point c’est beau d’en être une, à quel point c’est trop souvent difficile aussi. J’aurais voulu lui dire de respecter les autres, et de prétendre au même respect en retour, toujours. J’aurais voulu lui dire de se respecter elle en premier, et que finalement c’est ça le plus compliqué et et le plus essentiel. J’aurais aimé lui expliquer qu’une femme peut tout être, tout devenir, que le choix appartient à chacune . »

Belle semaine.

Là où l’herbe est plus verte – Typhanie Moiny

Comme promis dans la citation de la semaine, je vous parle à présent de ce livre qui a été un réel coup de coeur pour moi.

La plume de Typhanie Moiny est sincère et authentique. On sent qu’elle a mis une grand part d’elle-même dans ce premier roman. C’est incontestablement un roman feel-good parce que je peux vous garantir qu’après l’avoir lu, on se sent bien. C’est également un livre qui pourrait s’apparenter à du développement personnel.

Le personnage principal qui décide de tout lâcher du jour au lendemain est à la fois touchant, drôle, maladroit et tellement attachant. On passe du rire au larmes et de nouveau des larmes au rire. Il y a un certain suspense dans les sens où, dès les premières pages, sans savoir ce que ce personnage a vécu, on sent qu’il est en réel souffrance, qu’il est « au bord du précipice » et puis, on est happé par l’écriture. Et c’est parti, on ne peut plus se détacher de ce livre et on suit avec frénésie « l’épopée » de cette femme courageuse qui décide de prendre un nouveau départ et de se reconstruire pas à pas. Clairement, je l’ai « dévoré » en quelques heures.

En bref, c’est un roman que je recommande vivement, un roman « thérapeutique » qui fait du bien … et qui en plus, donne envie de voyager dans ce pays « là où l’herbe est plus verte » … mais je ne vous en dirai pas plus. Lisez-le !

Ah j’oubliais, il y a une autre bonne raison de le lire : il a été écrit par une Cotentinoise et ça, ce n’est pas rien !

Et en plus, ça tombe bien, si vous souhaitez le lire, l’auteure a encore quelques exemplaires qui attendent sagement sur son piano chez elle. Alors, allez visiter sa page Instagram et envoyez-lui un petit message. Elle se fera un plaisir de vous dédicacer son livre comme elle l’a fait pour le mien durant le week-end « Escale créative » à Valognes en mai dernier.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?