Citation de la semaine

Il y avait longtemps que je n’avais pas publié de citation … Alors en voilà une de l’artiste Henri Matisse (1869-1954) qui m’inspire et que j’aime particulièrement. Cette citation provient de ses Ecrits et propos sur l’art publié à titre posthume (1972) :

« Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir« .

Vous l’aurez compris, Matisse ne parlait pas seulement de botanique. Il y a des fleurs absolument partout autour de vous. Alors, prenez le temps, ouvrez l’oeil, soyez attentifs !

Belle semaine à toutes et à tous.

Citation de la semaine

Inspirée par le roman de Raphaëlle Giordano, Le bazar du zèbre à pois, dont je rédige actuellement la chronique prochainement disponible sur le blog, j’ai envie aujourd’hui de citer un extrait de ce roman qui résonne en moi comme un écho :

« Vous voyez, quand je me suis lancée dans le métier de nez, j’avais l’espoir de réussir à provoquer des voyages sensoriels uniques grâce à mes parfums et à l’univers olfactif que j’allais créer. Tout comme Baudelaire savait me captiver avec ses fameuses Correspondances, je voulais, moi aussi, lancer mon « invitation au voyage », embarquer les gens dans mes parfums, leur permettre de revivre de fameuses mémoires sensorielles …« .

Ce métier de nez m’a toujours fasciné car il a cette capacité de vous porter en quelques secondes vers des contrées lointaines. J’ai d’ailleurs fait la rencontre d’Eugénie Berry de Fragrance Damiette la semaine dernière lors du Forum « Toutes pour elles – Osez entreprendre » à Cherbourg, qui, je pense, ne contredira pas cette citation. Et tout comme le personnage Giulia dans Le bazar du zèbre à pois, je veux provoquer cette invitation au voyage à ma manière à travers des visites, des ateliers d’échanges, des expos photos et encore bien d’autres surprises que je suis en train de concocter actuellement pour la création de mon entreprise.

Et vous qu’est-ce qui vous fait vibrer et vous donne envie de répondre à une « invitation au voyage » ?

Belle journée.

Citation de la semaine

Le navigateur français Loïck Peyron a dit que « le plus beau voyage, c’est celui qu’on n’a pas encore fait« .

Alors, il peut bien évidemment s’agir d’un voyage dans une autre région de France ou à l’étranger, à la découverte de populations inconnues, de civilisations anciennes, de paysages inattendus qui font que ce voyage devient le plus beau de tous nos voyages.

Mais je crois que cette citation s’applique également à nos vies. La vie nous conduit certains jours sur le chemin de l’imprévisible et ce sont toutes les petites choses inespérées qui surviennent sans qu’on sache trop pourquoi mais qui la rendent encore plus belle : c’est cette rencontre inattendue, cet événement improbable, ce projet professionnel qu’on avait imaginé mais sans les opportunités qui se présentent soudain, ces journées à venir qui nous réservent de belles surprises … Alors, laissez-vous porter et vivez votre plus beau voyage.

Sur la photo, il s’agit de La Granvillaise, une bisquine, la réplique d’un bateau typique de la baie du Mont-Saint-Michel au XIXe siècle qui servait notamment au dragage des huîtres.

Belle journée et belle semaine.

A la rencontre d’Eunice

Vendredi 18 février 2022. Il est 10h30 environ. J’arrive à Goury, une petite terre au bout du monde, à la pointe de la Hague, dans le Cotentin. C’est un endroit sublime qui abrite un petit port et un phare de 50 mètres de haut. Je suis venue ici pour immortaliser le passage de la terrible Eunice.

Mais Eunice, c’est qui ou plutôt c’est quoi ?

Pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité, Eunice c’est la très forte tempête hivernale qui a « débarqué » le vendredi 18 février, provenant du sud de l’Irlande et envahissant les côtes françaises du Cotentin et de la Normandie toute entière jusqu’au Nord Pas-de-Calais. Cette tempête imprévisible a occasionné de violentes rafales de vent de sud-ouest, variant de 100 à 140 km/h dans le Cotentin, avec un record à 149 km/h enregistré à Barfleur en milieu de journée. Les rafales de vent ont également atteint d’autres records dans les Hauts de France.

A mon arrivée, j’aperçois déjà d’autres photographes amateurs et professionnels et de nombreux curieux venus admirer le spectacle. J’entame une conversation avec un photographe venu de Coutances pour l’occasion. Il est là depuis 8h30. Il a vu la mer se transformer et a même pu apercevoir un phoque qui, apeuré et perturbé à la fois par la tempête et les gens attroupés, a rapidement pris la fuite.

Le coefficient de la marée est de 91 pour une mer pleine à 9h20. Face à moi, le raz Blanchard, connu pour la force de ses courants et ses vagues même les jours sans vent, s’est métamorphosé tel un champ de bataille comme si les vagues immenses avaient décidé de prendre possession des terres haguaises. Eunice mène le combat et ses déferlantes se dressent de toutes leurs hauteurs. Aujourd’hui, Eole et Poséïdon se jouent des hommes. Ce n’est pourtant pas un jeu. S’agit-il alors d’un combat mené par la nature ? Dans ce cas, il est très inégal. Il est évident que l’homme ne fait pas le poids. Il n’a d’ailleurs aucune chance. Durant ce vendredi, la mer est indomptable et rien ne semble pouvoir l’apaiser.

Une chance, il ne pleut pas bien que les embruns rendent les environs très humides. Je m’équipe de mes objectifs choisis pour l’occasion : le 70-200 mm et le 150-600 mm que j’utilise à Goury. Plus tard dans la journée, j’utiliserai le 24-70 mm au Cap Lévy. Certaines personnes ont fait le choix de s’approcher au plus près de la mer, juste à côté de la station de sauvetage de la SNSM qui abrite le « Mona Rigolet« , le canot tout temps qui sert actuellement aux sauvetages en mer et qui sera remplacé l’année prochaine après plus de 30 années de service. A ce moment, mes pensées se tournent vers ces marins bénévoles : que peuvent-ils bien éprouver et ressentir à chaque sortie en mer ? D’autres se sont positionnés juste en face du phare, à proximité de la Croix du Vendémiaire, monument commémoratif en souvenir du naufrage du sous-marin Vendémiaire en 1912.

Pour ma part, je fais le choix de rester en retrait pour deux raisons : la prudence (les rafales de vent et la tempête est à son comble durant les heures où je suis sur place) et les angles de prises de vues. De là où je me trouve, la vue est propice à une infinité d’angles de vue et mes objectifs me permettent de photographier tout en restant à bonne distance. Une place idéale pour admirer le spectacle dans sa globalité.

J’emprunte donc le chemin qui se situe à quelques dizaines de mètres du port et je m’abrite derrière les murets typiques de la Hague. Je me déplace difficilement entre les rafales de vent et je suis obligée de trouver des appuis sur les petits murs pour garder une certaine stabilité. L’inspiration est déjà là.

La mer se tient devant moi, à la fois immense et inaccessible, impressionnante et majestueuse. Ses déferlantes apparaissent toujours plus démesurées. Elle nous rappelle ici que c’est la nature qui décide et qui reprend ses droits quand elle le veut. Devant ces gigantesques vagues, je me sens toute petite et en même temps si convaincue d’être à ma place pour immortaliser ce moment. Que de sensations ressenties devant ce décor exceptionnel ! Les vagues se transforment en des représentations fantasmagoriques absolument extraordinaires ! Mon œil ne sait plus où regarder : trop d’images uniques à la fois ! Un sentiment fort d’immensité m’envahit soudain. Je me retrouve hors du temps. Avec mon appareil photo, j’essaie de capter chaque détail, d’éterniser chaque moment, d’apprivoiser le sujet si cela semble possible dans ces circonstances.

Eunice c’est comme un feu d’artifice. Il y a le son, ce bruit assourdissant des rafales et des vagues grandioses, et il y a cette infinité de couleurs qui ravirait la palette d’un peintre. Il ne s’agit pas de feu mais d’eau, un élément parfois tout aussi périlleux.

Je quitte Goury vers midi. Mais je n’en reste pas là avec Eunice. Je suis curieuse de voir de quelle manière la tempête évolue dans le Val de Saire, de l’autre côté du Cotentin. Je pars donc en direction du Cap Lévy à Fermanville. Le vent souffle de plus en plus fort ; la tempête est à son comble sur le littoral. Pourtant, sur Cherbourg, malgré le vent, la mer paraît calme, presque trop calme. Le remorqueur d’assistance et de sauvetage, l’Abeille Liberté, est posté dans la rade, prêt à intervenir en cas de besoin.

J’arrive au port du Cap Lévy. La mer est toute aussi déchaînée qu’à Goury mais le soleil qui se faisait timide en fin de matinée, est bien présent ici. Cette lumière m’offre une palette de couleurs tellement différente de Goury mais toute aussi inspirante et exaltante. Des arcs-en-ciel se forment constamment au-dessus des gigantesques vagues qui s’engouffrent dans le petit port. Je me poste, un peu à l’abri, contre le pignon et le petit muret qui jouxtent le port. C’est un moment aussi magique qu’à Goury. Rien n’arrête les déferlantes. Elles poursuivent leur chemin sur l’unique route qui mène au fort et que je vais bientôt emprunter.

Je reprends la route direction le Fort du Cap Lévy. Difficile de pénétrer dans l’enceinte du fort comme si le vent avait décidé qu’aujourd’hui il prenait possession des lieux. Le paysage, lui aussi, reste toujours aussi imprenable ; je ne m’en lasserai jamais. Un lieu tout aussi fascinant que Goury. Ici, la mer pourrait presque paraître plus paisible mais ce n’est seulement qu’une apparence.

Aujourd’hui et pour quelques heures encore, la mer se déchaîne et apparaît sous son jour le plus menaçant. Elle révèle dans toute sa splendeur son côté sauvage et dangereux. Elle reste pourtant captivante à mes yeux et cela ne m’empêche pas de l’affectionner car elle fait partie de ce que je suis. Je suis née dans le Cotentin et j’y vis ; je côtoie cette mer depuis mon enfance. Il est pour moi inconcevable de rester longtemps éloignée d’elle. Elle est mon oxygène les jours où le monde ne tourne pas rond, les jours remplis de doute, les jours où rien ne va. Comment imaginer, même une seule seconde, vivre loin de cette mer si essentielle pour moi, habitante du Cotentin et du littoral ?

A 14h : fin du spectacle pour moi mais pas pour Eunice qui restera quelques heures encore sur les côtes pour le régal de nos yeux. Pour ma part, je rentre chez moi avec quelques milliers de photos à trier. Je vous laisse imaginer, à la fin de mon périple, l’état du matériel blanchi par le sel, une coupe de cheveux des plus originales, la peau desséchée par les embruns, les mains et les bras endoloris par le poids de l’appareil et du téléobjectif tenus à bouts de bras plusieurs heures d’affilée. Mais cela en valait tellement la peine : j’ai la tête remplie d’images spectaculaires et inoubliables et les sensations qui m’ont envahie durant cette journée ne disparaîtront que tard dans la soirée.

Dès le lendemain, Eunice fait presque déjà partie du passé et cède sa place à la tempête Franklin.

Citation de la semaine

Après avoir été, vendredi matin, à la rencontre de la terrible tempête Eunice en bord de mer (je vous en parle plus longuement dans un prochain article), j’ai eu envie de citer William Arthur Ward, auteur américain (1921-1994) :

« The pessimist complains about the wind ; the optimist expects it to change ; the realist adjusts the sails« .

« Le pessimiste se plaint du vent ; l’optimiste espère qu’il va changer ; le réaliste ajuste ses voiles« .

Bien évidemment, cette citation ne s’applique pas qu’en situation de vent et de tempête.

Et vous, vous êtes plutôt un(e) pessimiste, un(e) optimiste ou un(e) réaliste ?

Belle semaine.

Citation de la semaine

« En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence« .

Nicolas Bouvier, écrivain, photographe, iconographe suisse (1929-1998)

Pas besoin de partir très loin mais emprunter un chemin et puis … se perdre pour sortir de sa zone de confort et faire place à l’imprévu. Se perdre pour rencontrer de belles et nouvelles opportunités. Et finalement se perdre pour mieux revenir à l’essentiel et se trouver soi-même.

Belle semaine et pour celles et ceux qui ont pu poser quelques jours de repos, belles vacances.

Photo prise depuis le fort de la Hougue à Saint-Vaast-La-Hougue.

Citation de la semaine

« Les mots c’est bien, Marcus. Mais n’écrivez pas pour qu’on vous lise : écrivez pour être entendu« .

Joël Dicker, La vérité sur l’Affaire Harry Quebert.

Photographie prise depuis la plage de la Sambière à Barfleur. Au loin, le phare de Gatteville…

Belle semaine.

Citation de la semaine

« N’ayez pas d’ambitions modestes : elles sont aussi difficiles à atteindre que les grandes« .

Raphaëlle Giordano, Le bazar du zèbre à pois.

Voir grand et suivre son intuition. Voir toujours plus grand et voir bien au-delà.

Belle journée et belle semaine.

Photographie prise depuis le rivage à Quettehou avec l’île de Tatihou au loin.

Citation de la semaine

Photo : Barfleur, une fin de journée ensoleillée de janvier

Lors de son passage en mai dernier dans l’émission « Boomerang » sur France Inter, l’écrivaine Françoise Bourdin avait rédigé pour l’occasion un texte sur le temps qui passe ( https://www.franceinter.fr/livres/le-meilleur-est-a-venir-de-francoise-bourdin ). Ce texte a retenu toute mon attention et j’avais envie de le partager ici :

« Les années passent et chacun sait qu’elles passent vite. Or, voilà qu’un matin, on se réveille soudain, hanté par une question cruciale : Ai-je tout accompli ? Les rêves, les folles ambitions de sa jeunesse quand on n’avait peur de rien et qu’on croyait tout possible ?

Oh bien-sûr, on a fait des choses mais pas toujours facilement : un mariage avec la belle robe comme dans les contes de fées, en croyant que c’était pour la vie, des enfants, une carrière. Mais a-t-on fait le bien ? A-t-on été quelqu’un de bien ? Une bonne personne, une personne heureuse et qui rend heureux.

Le temps a coulé comme le sable entre ses doigts, et happé par le quotidien, par ses devoirs, ses petits plaisirs, par tout ce qu’on s’invente, pour être celui ou celle à qui il faut ressembler pour créer une belle image. Quelle image ? Celle de la mère parfaite, de la femme « warrior », de la clé de voûte de la famille, sportive accomplie, écolo avant l’heure, déléguée de parents d’élèves, membre de la SPA ?

On croit être indispensable et on s’aperçoit un beau jour, plutôt un sale jour, qu’on est tout petit, tout fragile, tout démuni et que malgré tout ce qu’on se raconte, on n’a pas fait grand-chose. Oh bien-sûr, on a hurlé avec les loups pour de bonnes causes, qu’on n’a pourtant pas pris à bras-le-corps. En cherchant à tout réussir, curieusement, on s’est égaré.

Mais les heures passent, en grignotant l’un après l’autre, l’un de nos trente mille jours, car une longue vie de quelques quatre-vingt ans, ce n’est que ça : trente mille jours. Combien de gâchés ? Combien de perdus ? Quand ces questions nous taraudent, il est temps de revenir à l’essentiel. Puisqu’on ne peut pas arrêter l’horloge, au moins s’apaiser, savourer tous les petits bonheurs quotidiens et même les provoquer, réparer nos oublis, devenir utile aux autres, saisir l’instant et comprendre que l’image d’un arc-en-ciel, un cheval qui galope dans un pré ou d’un oiseau qui s’envole, est infiniment plus précieuse que notre propre petite image« .

Belle semaine.

Le meilleur est à venir – Françoise Bourdin

Près de 50 ans après son tout premier roman, Les soleils mouillés, Françoise Bourdin offrait en mai dernier son 49e roman, Le meilleur est à venir. Ce livre relate l’histoire d’une famille qui quitte Paris pour s’installer à Granville, dans le vieux manoir familial à l’abandon, les Engoulevents. Comme dans chacun de ses romans, elle puise son inspiration dans un thème inépuisable, celui de la famille, et aborde ici avec bienveillance et sensibilité les thèmes du pardon et de la seconde chance.

Alors, vous me direz : pas de grand suspense, pas de grande originalité dans le sujet. Mais ce que j’aime dans les livres de Françoise Bourdin et qui font incontestablement son succès auprès des lecteurs, c’est qu’elle excelle dans la description des sentiments qu’elle « décortique » avec justesse de sa plume si particulière. Et je ne m’en lasse pas. A chaque fois que je commence à lire un livre de Françoise Bourdin, je suis certaine de passer un bon moment de lecture et ce roman n’a pas fait exception.

J’attendais par ailleurs ce dernier roman avec impatience car l’histoire se passe dans le Cotentin, à Granville. J’aime la couverture de ce livre même si je regrette que ce soit le Mont-Saint-Michel et non Granville qui apparaisse en fond. Je n’ai pas eu de peine à imaginer le manoir en repassant dans ma tête les grands maisons bourgeoises de Granville et les magnifiques paysages côtiers de cette ville qui sont bien retranscrits.

Un roman lumineux, un titre rempli de promesses.

Et comme disait Augustin Trapenard dans son émission « Boomerang » en mai dernier sur France Inter : Françoise Bourdin, elle « s’occupe bien des mots  » – ou peut-être est-ce des maux ? – et « ça fait du bien ! » : https://www.franceinter.fr/emissions/boomerang/boomerang-05-mai-2021

Un petit bonus au cas où vous n’auriez pas vu le reportage de TF1 consacré à l’auteure. Découvrez l’univers de Françoise Bourdin dans sa maison normande à Vernon : https://fb.watch/azKFU6RrOd/

Et vous l’avez-vous déjà lu ? Qu’en avez-vous pensé ?