Visite d’un zoo pendant les vacances

Je n’ai pas été très présente ces dernières semaines sur le blog et les réseaux sociaux pour plusieurs raisons : d’abord parce que je poursuis mes avancées sur mon projet d’entreprise et cela demande beaucoup de temps, ensuite parce que je profite des bons moments avec mes filles durant les vacances et ça c’est essentiel ; enfin parce que je ressens ce besoin de déconnexion pour mieux retrouver l’inspiration. A quoi bon publier sur les réseaux sociaux si ce n’est juste que pour publier ? Je ne fais pas partie de ces personnes qui pensent que publier en permanence est vital. Je suis de ceux qui publient quand ils ont quelque chose d’inspirant à partager et quand ils en ont l’envie. Pas question de dépendre de ces fichus algorithmes.

Je n’ai pas encore publié mes dernières chroniques littéraires ni mon article sur la Corrèze mais cela ne saurait tarder.

Mais avant ça, je voudrais vous parler d’une journée passée au zoo durant notre première semaine de vacances. Cela faisait vraiment longtemps que nous n’avions pas été au zoo et mes filles ont eu envie de s’y rendre. Quand on ne peut pas toujours voyager pour observer les animaux dans leur milieux naturels, il est vrai que les zoo paraissent une bon compromis pour découvrir différentes espèces. Nous sommes toutes les trois des passionnées des animaux sauvages. Mais peut-on encore parler d’animaux sauvages au sens propre du terme quand ils n’évoluent plus dans leur milieu naturel, ne chassent plus et n’utilisent plus leur instinct de survie ? La grande question du « Pour ou contre les zoo » s’est donc posée. Quand on aime photographier les animaux sauvages dans leur milieu naturel, peut-on accepter de la même manière de photographier des animaux enfermés dans des enclos plus ou moins vastes selon les zoos ? S’agit-il d’ailleurs toujours d’animaux sauvages ? Les questions se sont alors multipliées et je me suis intéressée au rôle des zoo dans la préservation et l’éducation des publics, à la liste rouge IUCN, à certaines espèces, …. J’ai décidé d’y consacrer un article sur mon blog. Celui-ci sera publié prochainement.

En attendant, je vous propose de revenir sur quelques espèces en images.

Et aujourd’hui, je vous présente le tigre blanc royal qui n’est autre qu’un tigre du Bengale (Panthera tigris) mais qui présente une anomalie génétique appelée leucistisme ou leucisme lui conférant une robe blanche rayée de noir, cette anomalie empêchant alors la production de pigments permettant la coloration orange du pelage. Le tigre blanc n’est donc pas une sous-espèce à part entière et n’est donc pas menacé d’extinction en tant que tel, même si le tigre du Bengale, lui, est classé « en danger » par la liste rouge IUCN (selon le site du WWF, on ne dénombre plus que 3 890 individus en milieu naturel principalement en Inde et au Bangladesh). Il existe 9 sous-espèces de tigres dont 3 sont déjà éteintes dans les années 1950 : le tigre de la Caspienne, de Java et de Bali.

Les chances de survie des tigres blancs sont compromises par cette couleur atypique qui les empêche de se camoufler et de surprendre leurs proies ; ils ne peuvent pas évoluer pas dans leur milieu naturel. Ils sont quelques centaines dans le monde, répartis principalement dans les parcs zoologiques et les réserves animalières.

L’élevage du tigre blanc en captivité est très controversé car la reproduction des tigres blancs entraîne une forte consanguinité qui engendre de nombreux troubles de santé et des malformations sur l’animal. Par ailleurs, cet « élevage » fausse le rôle de préservation des espèces et d’éducation des publics des parcs zoologiques car il semblerait que la présentation de ces tigres blancs au pelage rare et magnifique n’ait pour unique but d’attirer un public toujours plus nombreux dans les parcs zoologiques.

Et vous, le saviez-vous ?

Citation de la semaine

« On ne se reverra pas. […] Pourtant, je sais au plus profond de moi que je ne les oublierai jamais. Un jour, je te parlerai de ces personnes qui ne font que traverser notre vie, mais la marquent à tout jamais. Un jour, je te raconterai ces rencontres éphémères indélébiles.« 

Virginie Grimaldi, Et que ne durent que les moments doux.

Il y a effectivement des rencontres dans nos vies qui nous marquent plus que d’autres, d’autres qui changeront notre vie à tout jamais … Des rencontres inattendues mais des rencontres qui s’avèrent inespérées … Des rencontres qui bouleversent, des rencontres qui font du bien, des rencontres qui font voir la vie autrement. Et aujourd’hui, ce sont ces rencontres que j’avais envie de célébrer.

Je vous parle prochainement de ce roman de Virginie Grimaldi dans une chronique.

Belle journée.

Ma transition écologique – Hervé Gardette

Merci à Babelio et aux éditions Novice pour l’envoi de ce livre que j’ai particulièrement apprécié car il aborde une thématique qui me tient particulièrement à cœur.

Après avoir présenté, durant huit ans, l’émission de débats « Du Grain à moudre », Hervé Gardette, journaliste à France Culture, a tenu une chronique sur l’écologie dans « Les Matins » de septembre 2019 à décembre 2021. C’est de cette chronique matinale qu’est issue la cinquantaine de textes de l’ouvrage. L’auteur a fait le choix de sélectionner une cinquantaine d’écrits parmi les 400 qu’il a pu rédiger durant les deux années. Le livre est paru une première fois en février 2021 puis une seconde fois en décembre 2021 ; il s’agit de l’édition augmentée que j’ai reçue et dont le titre a été légèrement modifié (le sous-titre « comment je me suis radicalisé » a disparu entre les 2 éditions). Quant à la 4e de couverture, elle a également été revue. Des chroniques ont été ajoutées puisque la 1ère édition ne tenait pas compte des chroniques rédigées entre février et décembre 2021.

Dans ce recueil, Hervé Gardette raconte son apprentissage de la transition écologique en milieu urbain. Il partage avec ses lecteurs ses réflexions de citoyen sur l’écologie. L’auteur part de son vécu personnel, participe au défi Familles Zéro Déchet, apporte des connaissances à travers ses lectures, nous parle de ses réflexions, ses doutes et dénonce certaines aberrations de l’époque. Il montre que même si l’on est convaincu des actions à mener en faveur de l’écologie, les appliquer n’est pas toujours aussi simple.

Les chroniques sont courtes et rapides à lire – libre à vous de n’en lire qu’une ou deux par soir si le cœur vous en dit -, très instructives avec une petite touche d’humour qui dédramatise un peu le sujet pas toujours facile à aborder. L’auteur ne cherche nullement à convaincre le lecteur de devenir un fervent écologiste mais cherche plutôt à éveiller les consciences et invite à se poser des questions concernant l’écologie et pourquoi pas à débuter – si cela n’est pas déjà fait – sa propre transition écologique.

Il est cependant dommage que les éditions Novice n’aient pas entamé la même transition écologique que l’auteur puisque le livre, qui, bien qu’il ait été imprimé sur du papier FSC – et c’est tout à leur honneur – a malheureusement été imprimé au Portugal et non en France.

Je terminerai par cette citation du livre qui me rappelle assurément le livre d’Aurélie Valognes, La cerise sur le gâteau, dont je ferai la chronique prochainement. : « Réflexe envahissant : je ne peux plus regarder s’envoler un avion sans mauvaise pensée, ni regarder une vidéo en ligne (quel que soit le sujet) sans mauvaise conscience. Pour rester crédible – et intègre -, j’ai renoncé aux soldes d’hiver, au foie gras, aux taxis, aux enceintes connectées, au Thermomix, à la 5G. Par chance, il y a de moins en moins d’insectes en été : j’aurais trop de scrupules à les écraser. Faire les courses au supermarché est devenu un calvaire. Un voyage au pays des infidèles. Comme dit le président Mac Mahon : « que de plastique, que de plastique ». Tout y est sous blister« .

Le bazar du zèbre à pois – Raphaëlle Giordano

Un ENORME COUP DE COEUR pour ce livre, une de ces lectures qui tiennent une place déterminante dans nos vies parce qu’elles influencent nos choix. Je ne vous dirais pas le contraire, je suis une fan inconditionnelle de Raphaëlle Giordano. Chacun de ses livres m’a apporté un petit quelque chose, m’a permis de voir les choses différemment et parfois, comme celui-ci, m’a convaincu de passer l’action. J’ai acheté ce roman dès sa parution. J’ai tout de suite adoré sa couverture pétante. Il est vrai que je ne l’ai pas lu aussitôt mais je l’avais glissé bien précieusement dans ma pile à lire. Peut-être n’était-ce pas encore le moment de le lire. Qui sait ?

Il n’y a jamais de hasard dans la vie. J’ai lu ce roman durant l’été dernier, à une période de ma vie où j’ai pris conscience que, certes je menais une vie confortable mais mon travail ne me convenait plus, je m’ennuyais sur le poste administratif que j’occupais, je ne rentrais pas dans le moule des agents exerçant dans la fonction publique. Pire encore, je manquais de temps et pour mes enfants et pour moi, parce que quand on est mère célibataire H24 et que l’on bosse plus de 40h/semaine, c’est vite compliqué de s’organiser surtout lorsqu’il n’y a plus de grands-parents pour prendre le relais … pas de temps pour mettre en place ce projet professionnel qui me tenait à coeur depuis plusieurs mois déjà, plus de temps de prendre le temps ! Bref, il fallait remédier à la situation !

Et c’est là qu’interviennent les personnages de ce livre : Basile, un « audaciel » qui a ouvert cette incroyable boutique, « Le Bazar du zèbre à pois » parce qu’il veut revenir à l’essentiel ; Giulia, une mère célibataire, « nez » qui a perdu toute motivation dans son travail et qui est à la recherche d’un projet novateur qui a du sens ; et puis son fils Arthur, adolescent qui ne demande qu’à exprimer son talent. Ces personnages et leur histoire m’ont évidemment touchée ; je me suis tellement reconnue dans le personnage de Giulia. Lorsque j’ai lâché ce livre que j’ai bien évidemment dévoré en quelques heures, j’ai pris conscience que j’étais moi aussi un drôle de zèbre, que j’avais en moi cette « audacité », ce « mélange d’audace et de ténacité, d’esprit d’ouverture et de soif d’entreprendre, propre aux doux rêveurs, aux fous et aux grands conquérants » et que j’avais besoin de le revendiquer ! J’étais déjà dans une dynamique d’envie de changement mais ce livre a fini de me convaincre que je devais faire le grand saut ou prendre un virage à 180 degrés – comme vous préférez – pour laisser derrière moi tout ce qui ne me faisait plus vibrer, pour m’accorder enfin le droit d’être qui j’étais vraiment. Et je l’ai fait ! J’ai enfin laissé mes peurs de côté et j’ai osé provoquer le changement. Aujourd’hui, je suis en pleine reconversion professionnelle. C’est très inconfortable comme situation pour le moment parce que mon projet n’a pas encore abouti mais il avance et il paraît que c’est le signe que je suis sur le bon chemin. Et je sens à présent que je suis exactement là où je dois être, à ma place. Je peux enfin « rêver plus grand, penser plus large, oser plus librement ». Voilà tout ce que ce livre m’a inspiré et ce n’est pas rien !

Et si vous aussi, vous étiez sans le savoir un zèbre ? Et si vous aviez, vous aussi, envie d’oser et de mettre plus de vie dans votre vie ? Je sais, vous vous dites que ça y est, j’ai basculé dans la folie et que cette chronique paraît complètement dingue. Mais lisez ce livre et vous comprendrez.

Et même si vous ne souhaitez rien changer à votre vie, n’hésitez pas à vous plonger dans le monde de la création, de l’invention et des fragrances. La plume de Raphaëlle Giordano est positive et légère et ça fait beaucoup de bien !

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Le jour des cendres – Jean-Christophe Grangé

Apparemment, ce thriller serait une adaptation d’un des épisodes de la série télévisée Les rivières pourpres diffusée en 2019 sur France 2 mais je ne l’ai pas vue. Je suis donc libérée de toute attente ou déception. Comme toutes les autres couvertures de livres de Jean-Christophe Grangé qui entretiennent le mystère et que j’affectionne particulièrement, celle-ci ne fait pas exception et invite le lecteur à se plonger dans l’histoire.

Un meurtre est commis en Alsace dans le domaine viticole d’une communauté d’anabaptistes ayant fait le choix de vivre isolée du monde moderne. C’est là qu’intervient le duo de flics « cabossés » par la vie, Pierre Niémans / Ivana Bogdanovic. Le premier enquête de l’extérieur ; la seconde parvient à infiltrer cette communauté d’émissaires en se faisant engager comme saisonnière durant les vendanges.

J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver le commandant Niémans que je ne peux m’empêcher d’imaginer sous les traits de Jean Réno, l’acteur qui incarnait ce personnage dans le film de Mathieu Kassowitz, Les Rivières pourpres. Je découvre pour la première fois sa binôme, Ivana Bogdanovic, qui a fait son apparition pour la première fois dans l’opus précédent, La dernière chasse. Bien que je ne l’ai pas lu, cela ne m’empêche pas de comprendre l’histoire. La plume de l’auteur n’a pas changé, elle est toujours aussi bien « aiguisée » et cette ambiance si particulière qui fait le charme de ses livres reste pesante et dérangeante.

Je n’avais pas lu de thriller de Jean-Christophe Grangé depuis plusieurs années ; j’ai donc eu beaucoup de plaisir à lire celui-ci qui, comme les précédents ouvrages, plonge le lecteur dans une atmosphère oppressante avec des meurtres ritualisés et toujours cette petite pointe d’humour à la Niémans qui fait sourire à certains passages. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à un suspense haletant ni à une intrigue à couper le souffle. Selon moi, ce n’est pas son meilleur roman. Il faut dire que Jean-Christophe Grangé avait mis la barre très haut avec ses premiers romans, notamment Le vol des cigognes, Les rivières pourpres ou encore Le serment des limbes pour n’en citer que quelques-uns, qui ont fait de lui l’un des maîtres du thriller français. En bref, un bon moment de lecture mais pas de réel coup de coeur.

J’ai lu ce livre dans le cadre des ambassadeurs du Vent des Livres. Retrouvez-le dès aujourd’hui à la bouquinerie.

Et vous, l’avez-vous lu, qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

Inspirée par le roman de Raphaëlle Giordano, Le bazar du zèbre à pois, dont je rédige actuellement la chronique prochainement disponible sur le blog, j’ai envie aujourd’hui de citer un extrait de ce roman qui résonne en moi comme un écho :

« Vous voyez, quand je me suis lancée dans le métier de nez, j’avais l’espoir de réussir à provoquer des voyages sensoriels uniques grâce à mes parfums et à l’univers olfactif que j’allais créer. Tout comme Baudelaire savait me captiver avec ses fameuses Correspondances, je voulais, moi aussi, lancer mon « invitation au voyage », embarquer les gens dans mes parfums, leur permettre de revivre de fameuses mémoires sensorielles …« .

Ce métier de nez m’a toujours fasciné car il a cette capacité de vous porter en quelques secondes vers des contrées lointaines. J’ai d’ailleurs fait la rencontre d’Eugénie Berry de Fragrance Damiette la semaine dernière lors du Forum « Toutes pour elles – Osez entreprendre » à Cherbourg, qui, je pense, ne contredira pas cette citation. Et tout comme le personnage Giulia dans Le bazar du zèbre à pois, je veux provoquer cette invitation au voyage à ma manière à travers des visites, des ateliers d’échanges, des expos photos et encore bien d’autres surprises que je suis en train de concocter actuellement pour la création de mon entreprise.

Et vous qu’est-ce qui vous fait vibrer et vous donne envie de répondre à une « invitation au voyage » ?

Belle journée.

Citation de la semaine

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas« .

Victor Hugo

Pas grand chose à ajouter … sauf peut-être … allez lire le rapport du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publié le 28 février 2022 ou au moins son résumé.

La nature est belle, préservons-la.

Belle semaine.

J’y arriverai ! Accueillir son enfant sereinement grâce à la pratique de la pleine conscience – Ludivine Thenard

J’ai lu ce livre dans le cadre du jury des Lecteurs Librinova et je tenais à partager cette lecture avec vous car c’est un livre coup de coeur pour moi.

Quelle belle découverte ! Enfin un livre bienveillant et rassurant pour les futures mamans. J’aurai bien voulu avoir ce type d’ouvrage entre les mains durant mes deux grossesses.

Les propos sont clairs et concis ; l’écriture est simple et fluide. Les phrases importantes sont notées en gras et en italique. C’est vraiment agréable à lire. Ce livre décrit avec justesse et dans sa globalité ce que chaque femme peut vivre et ressentir durant sa grossesse et son accouchement et propose de judicieux conseils liés à la pleine conscience et à la sophrologie pour vivre au mieux cette période importante dans la vie d’une future maman. L’auteure apporte par ailleurs une approche remarquable de l’accouchement naturel non médicalisé et de l’accouchement dans l’eau.

Déjà maman de deux enfants, j’ai trouvé dans ce livre des conseils utiles que je peux appliquer maintenant dans ma vie de tous les jours. C’est donc un livre qui s’adresse à un public beaucoup plus large que les femmes enceintes et c’est ce qui rend ce livre d’autant plus intéressant.

Les témoignages de femmes qui racontent leurs accouchements et décrivent leurs ressentis sont vraiment un plus.

Quelques illustrations (photos des mamans qui témoignent par exemple ) pourraient peut-être illustrer les propos et combler les parties blanches de certaines pages du livre mais c’est vraiment le seul petit bémol que j’aurais à ajouter.

Et vous l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Citation de la semaine

Le navigateur français Loïck Peyron a dit que « le plus beau voyage, c’est celui qu’on n’a pas encore fait« .

Alors, il peut bien évidemment s’agir d’un voyage dans une autre région de France ou à l’étranger, à la découverte de populations inconnues, de civilisations anciennes, de paysages inattendus qui font que ce voyage devient le plus beau de tous nos voyages.

Mais je crois que cette citation s’applique également à nos vies. La vie nous conduit certains jours sur le chemin de l’imprévisible et ce sont toutes les petites choses inespérées qui surviennent sans qu’on sache trop pourquoi mais qui la rendent encore plus belle : c’est cette rencontre inattendue, cet événement improbable, ce projet professionnel qu’on avait imaginé mais sans les opportunités qui se présentent soudain, ces journées à venir qui nous réservent de belles surprises … Alors, laissez-vous porter et vivez votre plus beau voyage.

Sur la photo, il s’agit de La Granvillaise, une bisquine, la réplique d’un bateau typique de la baie du Mont-Saint-Michel au XIXe siècle qui servait notamment au dragage des huîtres.

Belle journée et belle semaine.

A la rencontre d’Eunice

Vendredi 18 février 2022. Il est 10h30 environ. J’arrive à Goury, une petite terre au bout du monde, à la pointe de la Hague, dans le Cotentin. C’est un endroit sublime qui abrite un petit port et un phare de 50 mètres de haut. Je suis venue ici pour immortaliser le passage de la terrible Eunice.

Mais Eunice, c’est qui ou plutôt c’est quoi ?

Pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité, Eunice c’est la très forte tempête hivernale qui a « débarqué » le vendredi 18 février, provenant du sud de l’Irlande et envahissant les côtes françaises du Cotentin et de la Normandie toute entière jusqu’au Nord Pas-de-Calais. Cette tempête imprévisible a occasionné de violentes rafales de vent de sud-ouest, variant de 100 à 140 km/h dans le Cotentin, avec un record à 149 km/h enregistré à Barfleur en milieu de journée. Les rafales de vent ont également atteint d’autres records dans les Hauts de France.

A mon arrivée, j’aperçois déjà d’autres photographes amateurs et professionnels et de nombreux curieux venus admirer le spectacle. J’entame une conversation avec un photographe venu de Coutances pour l’occasion. Il est là depuis 8h30. Il a vu la mer se transformer et a même pu apercevoir un phoque qui, apeuré et perturbé à la fois par la tempête et les gens attroupés, a rapidement pris la fuite.

Le coefficient de la marée est de 91 pour une mer pleine à 9h20. Face à moi, le raz Blanchard, connu pour la force de ses courants et ses vagues même les jours sans vent, s’est métamorphosé tel un champ de bataille comme si les vagues immenses avaient décidé de prendre possession des terres haguaises. Eunice mène le combat et ses déferlantes se dressent de toutes leurs hauteurs. Aujourd’hui, Eole et Poséïdon se jouent des hommes. Ce n’est pourtant pas un jeu. S’agit-il alors d’un combat mené par la nature ? Dans ce cas, il est très inégal. Il est évident que l’homme ne fait pas le poids. Il n’a d’ailleurs aucune chance. Durant ce vendredi, la mer est indomptable et rien ne semble pouvoir l’apaiser.

Une chance, il ne pleut pas bien que les embruns rendent les environs très humides. Je m’équipe de mes objectifs choisis pour l’occasion : le 70-200 mm et le 150-600 mm que j’utilise à Goury. Plus tard dans la journée, j’utiliserai le 24-70 mm au Cap Lévy. Certaines personnes ont fait le choix de s’approcher au plus près de la mer, juste à côté de la station de sauvetage de la SNSM qui abrite le « Mona Rigolet« , le canot tout temps qui sert actuellement aux sauvetages en mer et qui sera remplacé l’année prochaine après plus de 30 années de service. A ce moment, mes pensées se tournent vers ces marins bénévoles : que peuvent-ils bien éprouver et ressentir à chaque sortie en mer ? D’autres se sont positionnés juste en face du phare, à proximité de la Croix du Vendémiaire, monument commémoratif en souvenir du naufrage du sous-marin Vendémiaire en 1912.

Pour ma part, je fais le choix de rester en retrait pour deux raisons : la prudence (les rafales de vent et la tempête est à son comble durant les heures où je suis sur place) et les angles de prises de vues. De là où je me trouve, la vue est propice à une infinité d’angles de vue et mes objectifs me permettent de photographier tout en restant à bonne distance. Une place idéale pour admirer le spectacle dans sa globalité.

J’emprunte donc le chemin qui se situe à quelques dizaines de mètres du port et je m’abrite derrière les murets typiques de la Hague. Je me déplace difficilement entre les rafales de vent et je suis obligée de trouver des appuis sur les petits murs pour garder une certaine stabilité. L’inspiration est déjà là.

La mer se tient devant moi, à la fois immense et inaccessible, impressionnante et majestueuse. Ses déferlantes apparaissent toujours plus démesurées. Elle nous rappelle ici que c’est la nature qui décide et qui reprend ses droits quand elle le veut. Devant ces gigantesques vagues, je me sens toute petite et en même temps si convaincue d’être à ma place pour immortaliser ce moment. Que de sensations ressenties devant ce décor exceptionnel ! Les vagues se transforment en des représentations fantasmagoriques absolument extraordinaires ! Mon œil ne sait plus où regarder : trop d’images uniques à la fois ! Un sentiment fort d’immensité m’envahit soudain. Je me retrouve hors du temps. Avec mon appareil photo, j’essaie de capter chaque détail, d’éterniser chaque moment, d’apprivoiser le sujet si cela semble possible dans ces circonstances.

Eunice c’est comme un feu d’artifice. Il y a le son, ce bruit assourdissant des rafales et des vagues grandioses, et il y a cette infinité de couleurs qui ravirait la palette d’un peintre. Il ne s’agit pas de feu mais d’eau, un élément parfois tout aussi périlleux.

Je quitte Goury vers midi. Mais je n’en reste pas là avec Eunice. Je suis curieuse de voir de quelle manière la tempête évolue dans le Val de Saire, de l’autre côté du Cotentin. Je pars donc en direction du Cap Lévy à Fermanville. Le vent souffle de plus en plus fort ; la tempête est à son comble sur le littoral. Pourtant, sur Cherbourg, malgré le vent, la mer paraît calme, presque trop calme. Le remorqueur d’assistance et de sauvetage, l’Abeille Liberté, est posté dans la rade, prêt à intervenir en cas de besoin.

J’arrive au port du Cap Lévy. La mer est toute aussi déchaînée qu’à Goury mais le soleil qui se faisait timide en fin de matinée, est bien présent ici. Cette lumière m’offre une palette de couleurs tellement différente de Goury mais toute aussi inspirante et exaltante. Des arcs-en-ciel se forment constamment au-dessus des gigantesques vagues qui s’engouffrent dans le petit port. Je me poste, un peu à l’abri, contre le pignon et le petit muret qui jouxtent le port. C’est un moment aussi magique qu’à Goury. Rien n’arrête les déferlantes. Elles poursuivent leur chemin sur l’unique route qui mène au fort et que je vais bientôt emprunter.

Je reprends la route direction le Fort du Cap Lévy. Difficile de pénétrer dans l’enceinte du fort comme si le vent avait décidé qu’aujourd’hui il prenait possession des lieux. Le paysage, lui aussi, reste toujours aussi imprenable ; je ne m’en lasserai jamais. Un lieu tout aussi fascinant que Goury. Ici, la mer pourrait presque paraître plus paisible mais ce n’est seulement qu’une apparence.

Aujourd’hui et pour quelques heures encore, la mer se déchaîne et apparaît sous son jour le plus menaçant. Elle révèle dans toute sa splendeur son côté sauvage et dangereux. Elle reste pourtant captivante à mes yeux et cela ne m’empêche pas de l’affectionner car elle fait partie de ce que je suis. Je suis née dans le Cotentin et j’y vis ; je côtoie cette mer depuis mon enfance. Il est pour moi inconcevable de rester longtemps éloignée d’elle. Elle est mon oxygène les jours où le monde ne tourne pas rond, les jours remplis de doute, les jours où rien ne va. Comment imaginer, même une seule seconde, vivre loin de cette mer si essentielle pour moi, habitante du Cotentin et du littoral ?

A 14h : fin du spectacle pour moi mais pas pour Eunice qui restera quelques heures encore sur les côtes pour le régal de nos yeux. Pour ma part, je rentre chez moi avec quelques milliers de photos à trier. Je vous laisse imaginer, à la fin de mon périple, l’état du matériel blanchi par le sel, une coupe de cheveux des plus originales, la peau desséchée par les embruns, les mains et les bras endoloris par le poids de l’appareil et du téléobjectif tenus à bouts de bras plusieurs heures d’affilée. Mais cela en valait tellement la peine : j’ai la tête remplie d’images spectaculaires et inoubliables et les sensations qui m’ont envahie durant cette journée ne disparaîtront que tard dans la soirée.

Dès le lendemain, Eunice fait presque déjà partie du passé et cède sa place à la tempête Franklin.