Petit pays – Gaël Faye

La couverture de ce roman est déjà une invitation au soleil ; elle rappelle les terres africaines du Burundi, pays où Gaël Faye met en scène son personnage Gabriel. Lorsque j’ai lu les premiers chapitres de ce roman, j’ai eu cette étrange impression, même si le pays, les paysages et l’époque diffèrent complètement, de lire le même ressenti que dépeint Marcel Pagnol dans La gloire de mon père lorsqu’il décrit les paysages, les parfums et les ambiances de son enfance. La même insouciance. Nous voilà au Burundi entouré de chaleur, de soleil, de parfums de fleurs et de couleurs vives.

Et puis, subitement, tout bascule. L’auteur dévoile la triste réalité qui déchire son pays en 1993 : la guerre civile, le racisme entre les peuples, les tueries, le génocide. Ce livre est authentique, bouleversant et lorsque l’on le referme, on est loin de passer à autres choses. On ne peut que s’interroger. C’est un livre qui, inévitablement, reste et restera marquant parmi toutes mes lectures.

Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas une autobiographie de l’auteur. S’il y a quelques similitudes, Gaël Faye n’a pas vécu ces événements tels quels. Né en 1982 à Bujumbura au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français, Gaël Faye passe effectivement son enfance au Burundi jusqu’au déclenchement de la guerre civile au cours de l’année 1993. Il quitte son pays pour rejoindre la France en 1995 et passe son adolescence dans les Yvelines avec sa mère. L’histoire de son personnage Gabriel n’est pas la sienne. Il n’en reste pas moins que Gaël Faye utilise l’écriture pour exprimer la blessure de l’exil et la perte des repères.

En lisant ce livre, on comprend pourquoi Gaël Faye a reçu autant de prix de littérature, qu’il s’agisse du prix Goncourt des lycéens, du prix du premier roman français, du Prix du roman des étudiants France-Culture-Télérama ou encore du Prix Palissy 2017. Auteur-compositeur-interprète, Gaël Faye est sans conteste un poète moderne qui sait utiliser la force des mots pour raconter l’indiscible.

Cette même poésie se retrouve dans sa musique, dans son 1er album Pili-pili sur un croissant au beurre (2013) et en particulier dans la chanson « Petit pays » écrite avant même que l’auteur ressente le besoin de raconter l’histoire de son pays dans un roman. Il y chante l’amour de son pays et sa poésie et sa musique nous transportent au loin vers un pays ensoleillé mais meurtri par les horreurs de son passé. Je ne me lasse pas d’écouter ce titre et je vous invite à le (re)découvrir : https://www.youtube.com/watch?v=XTF2pwr8lYk .

En 2020, le réalisateur et scénariste Eric Barbier co-écrit un scénario avec Gaël Faye et adapte ce roman au cinéma. Je ne l’ai pas encore vu mais j’ai bien l’intention de le regarder pour voir si le cinéaste a réussi à mettre en scène ces ambiances décrites par Gaël Faye dans son roman.

Et vous ? Avez-vous lu le livre ? Avez-vous vu le film ? Connaissez-vous une chanson et/ou les albums de Gaël Faye ? Qu’en pensez-vous ?

Citation de la semaine

Marilyse Trécourt débute son roman Du chaos naissent les étoiles en citant Nietzsche : « Il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse« . Et elle ajoute ceci :

« Sans chaos, nous n’avançons pas,

nous ne cherchons pas à grandir,

à comprendre, à réparer, à créer.

Sans chaos, notre ciel reste le même

et aucune nouvelle étoile ne peut y naître.

Ainsi, le chaos nous permet d’atteindre

et d’apprécier le bonheur.

Le chaos est à l’origine de la vie

et de tout commencement ».

Alors si c’est le chaos en ce moment dans votre vie, pensez-y !

Belle semaine.

Rencontre avec Cappy, crave à bec rouge au Cap de Carteret

Le magnifique soleil que nous avons eu ces derniers jours donne vraiment envie de sortir prendre le grand air. Aussi, hier, je suis partie en rando à Portbail (cf aux photos sur Instagram et Facebook ; je rédigerai bientôt un article sur le sujet) et je me suis rendue une nouvelle fois au Cap de Carteret pour prendre de nouveaux clichés notamment de la vieille église (cf mon article « Du Cap de Carteret à la plage de la Potinière) mais surtout pour tenter de voir Cappy. Et j’ai eu cette chance. Je vous entends déjà d’ici : « Mais qui est Cappy ? »

Voici Cappy. C’est un oiseau au plumage noir bleuté avec un bec rouge d’où son nom « le crave à bec rouge ». La particularité de cet oiseau tient à sa rareté. En effet, on n’avait plus observé de crave à bec rouge dans la Manche depuis 1878 (selon les données fournies par le Groupe Ornithologique Normand). Durant le dernier trimestre 2020, le garde littoral du Symel, Yann Mouchel, qui connaît bien cet oiseau pour en avoir observé sur l’île de Belle-ÎIe-en-mer, l’a reconnu et a pu, grâce à la bague de l’oiseau, l’identifier. Cappy vient de Jersey. Mais sa disparition et sa réapparition récente sur le territoire normand demeurent pour l’instant un mystère.

Toujours est-il qu’il est vraiment passionnant de prendre un instant pour pouvoir observer ce petit oiseau pas si farouche. Il a presque posé pour moi !

En espérant que Cappy nous fasse l’honneur de rester aussi longtemps que possible voire de s’installer du côté du Cap de Carteret.

Comment j’ai eu l’info ? Je vous invite à lire cet article de la Presse de la Manche : https://actu.fr/normandie/barneville-carteret_50031/observe-pour-la-derniere-fois-en-1878-un-oiseau-rare-a-fait-son-retour-dans-le-cotentin_38961192.html

Le pélerinage d’Overlord – Francis La Carbona

Je remercie Babelio et 5 Sens Editions pour l’envoi de ce livre.
Si la couverture est peu engageante, je l’avoue, je ne me suis pas contentée de juger ce livre uniquement par rapport à sa couverture. Et j’ai bien fait. Le résumé de l’histoire m’avait donné envie de le lire et cela a vraiment été une belle surprise. Je n’avais pas lu de roman aussi riche en vocabulaire et avec un style d’écriture aussi travaillé depuis bien longtemps et cela a vraiment été une lecture très surprenante, appréciable et captivante.
Ne vous attendez pas à un récit détaillé du D-DAY. L’auteur utilise seulement les circonstances de cet événement pour raconter l’histoire de ses deux personnages principaux, Barbara et Matthias, dans le petit village bas-normand de Colleville-Montgomery, et c’est réellement ce qui fait le charme de ce roman.
Je vous invite vivement à découvrir ce 3e roman de Francis La Carbona. On regrette presque que ce roman historique se termine aussi vite.

Et vous connaissez-vous l’auteur ? Avez-vous déjà lu l’un de ses livres ?

Citation de la semaine

Cette semaine, j’ai de nombreux livres à vous présenter dont un qui m’a particulièrement plu parce que l’auteure a donné beaucoup d’elle-même et de son vécu pour l’écrire, ce qui le rend vraiment authentique. Il s’agit du roman de Virginie Grimaldi, Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie. En voici un extrait :

« – C’est quand on est à l’apogée du malheur que l’on apprécie le plus le bonheur.

– Mais alors, ça veut dire qu’il faut rester malheureux ?

– Pas du tout ! Ca signifie que, quelle que soit la situation, le positif est là pour ceux qui savent le voir. Une fois qu’on le sait, tout a plus de saveur.

Nous observons en silence les gouttes qui ruissellent sur la vitre. J’ai compris le message. Je ne dois plus avoir peur de orages. Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie ».

Voir le positif en toutes circonstances, voir le positif en ce moment, c’est plus qu’essentiel. Vous ne trouvez pas ?

Belle semaine.

Le livre que je ne voulais pas écrire – Erwan Larher

Côté TV, je regarde actuellement la série « En thérapie » sur Arte (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-020578/en-therapie/) et j’accroche plutôt bien. Cette série de 35 épisodes d’environ 30 minutes raconte l’histoire d’un psychanalyste qui reçoit cinq patients au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. C’est l’adaptation par Éric Toledano et Olivier Nakache de la série israélienne “BeTipul” créée en 2005 et je vous invite à la découvrir.

En regardant « En thérapie« , j’ai repensé à l’une de mes lectures que je souhaite partager aujourd’hui. Il s’agit du livre d’Erwan Larher, Le livre que je ne voulais pas écrire.

Comme le titre l’indique, l’auteur ne voulait pas écrire ce livre racontant les événements tragiques du 13 novembre 2015 au Bataclan qu’il a lui-même vécu … et pourtant il l’a fait. Il fallait oser, oser raconter ces terribles moments presque indescriptibles et incompréhensibles quand on ne les a pas vécus, oser prendre la plume pour parler de soi en se livrant à ses lecteurs, oser pour décrire la vision de chacun, celle de la victime blessée lors de cet attentat, celle des proches fous d’inquiétude ou encore celle du terroriste prêt à passer à l’action.

L’auteur a écrit cet ouvrage avec sincérité, avec humilité et avec beaucoup d’humour alors que le sujet ne prête franchement pas à rire. Il se livre totalement à ses lecteurs, ce qui n’est pas chose aisée lorsqu’on raconte des faits réels responsables d’un si grand choc émotionnel et qu’on expose ouvertement toutes les émotions qui nous submergent. C’est un livre vraiment très intéressant qui aborde la question de la vie et de la survie. Le livre qu’il faut lire !

Avez-vous regardé ou êtes-vous en train de regarder la série « En thérapie » ? Qu’en pensez-vous ?

Quant au livre d’Erwan Larher, l’avez-vous lu ? Votre avis ?

Les Copains de la petite salamandre – tome 1 et 2

Un grand merci aux éditions de La Salamandre et à Babelio qui m’ont fait découvrir ces deux livres à quelques mois d’intervalle. Ma fille les adore et nous les relisons très régulièrement. Nous passons vraiment un bon moment avec ces deux ouvrages et j’ai eu envie de les partager avec vous.

Dans le 1er tome, notre petit héros Sam la petite salamandre part à la rencontre du hibou, de la grenouille et de la coccinelle sans oublier ses amis Moucheron, Papillon et quelques autres petits animaux comme la fouine ou le brochet. Dans le tome 2, Sam la petite salamandre va cette fois-ci faire la connaissance de la marmotte, de la chauve-souris et de la mésange charbonnière.

J’aime ces deux livres pour plusieurs raisons :

  • pour les dessins qui sont très colorés, des couleurs vives et joyeuses, très attirantes pour l’oeil,
  • pour le papier et la couverture dont le toucher est particulièrement agréable,
  • pour les dialogues entre les animaux facilement compréhensibles par l’enfant car ils sont représentés dans une bulle qui identifie clairement chaque animal qui parle.

Ma fille, quant à elle, n’attend que 2 choses avec impatience lorsque je lis ces livres :

  • que je prononce la petite phrase devenue presque un rituel « T’es qui toi ? » lorsqu’on découvre un nouvel animal encore jamais rencontré
  • qu’elle puisse répondre aux questions du quiz après chaque histoire qui commence toujours par : « Allez, on récapépette …euh …on récapitule ! ».

A découvrir de toute urgence par les parents qui souhaitent éveiller la curiosité de leurs plus jeunes enfants. Comment ne pas faire aimer la nature à nos enfants après avoir lu ces deux merveilleux livres ? Je les recommande vivement. A quand le prochain tome ? Nous avons hâte ma fille et moi.

Ces ouvrages m’ont donné envie d’en savoir plus sur les éditions de la Salamandre. Je savais bien évidemment qu’ils proposent des abonnements pour faire découvrir la nature aux enfants et adolescents. Mais j’ai également découvert une mine de « trésors », de nombreux ouvrages sur la nature pour les enfants, les adolescents et les adultes. Je vous invite à les découvrir si, comme moi, vous ne connaissiez pas : https://boutique.salamandre.org/nos-livres.rub-67/

Vous connaissez l’un et/ou l’autre de ces ouvrages ? Vous les avez lus ? Qu’en pensez-vous ?

Citation de la semaine

Cette semaine, mon choix s’est porté sur les dernières lignes du roman de Gaël Faye, Petit pays, un livre bouleversant dont je ferai prochainement une critique :

« Le jour se lève et j’ai envie de l’écrire. Je ne sais pas comment cette histoire finira. Mais je me souviens comment tout a commencé« .

Belle semaine.

Citation de la semaine

« Une vie réussie est une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l’on fait, en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à nous-même et d’apporter quelque chose à l’humanité, même très humblement, même si c’est infime. Une petite plume d’oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres« .

L’homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle.

Passez une belle semaine.