Quel avenir pour les zoos ? Quel avenir pour les espèces menacées dans les zoos ?

Comme indiqué dans un précédent post, je me suis rendue avec une amie et nos filles dans un zoo durant les vacances scolaires. Entre-temps, de récents articles de presse concernant la mort accidentelle d’une girafe dans un zoo français m’ont amenée à rédiger cet article sur la question de l’évolution des zoos et de leur utilité pour la préservation des espèces menacées.

Il serait trop simpliste de poser la question « pour ou contre les zoos et les aquariums » – Précisons que les aquariums sont également inclus car ils sont régis par les mêmes textes de lois. Je suis réellement convaincue que le problème est beaucoup plus complexe. Je n’ai pas la prétention de détenir les réponses. Je ne souhaite pas non plus alimenter une polémique mais je pense qu’il est important de se poser la question de l’avenir des animaux dans les zoos et les aquariums quand il est question du bien-être animal et de sa sauvegarde. Et mon article est là pour soulever ces questions.

Après avoir visité le zoo, toutes sortes de questions me sont venues à l’esprit : un animal sauvage en captivité est-il réellement encore un animal sauvage ? Un animal peut-il être heureux en captivité ? Les zoos sont-ils indispensables à la préservation des espèces menacées ? Quel est le véritable rôle des zoos ? Sont-ils vraiment utiles à la préservation ? Les zoos mènent-ils à bien leur rôle ? Les zoos sont-ils amenés à disparaître si l’on veut privilégier le bien-être des animaux ?, … Autant de questions que l’on est à même de se poser quand on est convaincu de l’urgence de mettre en place des actions pour préserver les nombreuses espèces amenées à disparaître dans les prochaines décennies.

Tout d’abord, commençons par quelques chiffres sur les espèces menacées au niveau mondial : la dernière édition de la Liste rouge UICN (2021) indique que sur 142 577 espèces étudiées, 40 084 sont classées menacées.

Mais qu’est-ce que la liste de l’UICN ?

La Liste rouge de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces végétales et animales. C’est un indicateur privilégié pour suivre l’état de la biodiversité dans le monde. Avec cette liste, on sait aujourd’hui qu’une espèce de mammifères sur quatre, un oiseau sur sept, plus d’un amphibien sur trois et un tiers des espèces de conifères sont menacés d’extinction mondiale. Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 26% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour 37% des requins et raies, 33% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères. La France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : au total, 1 889 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire, en métropole et en outre-mer (Plus d’info sur ce lien : https://uicn.fr/liste-rouge-mondiale/).

A partir de ces chiffres, voilà les questions qui s’imposent : quel est le rôle des zoos ? Comment interviennent-ils pour préserver les espèces menacées ? Quel est leur utilité dans cette préservation ?

Il existe actuellement plus de 2 000 zoos dans le monde et environ 350 en France. La plupart des parcs zoologiques et aquariums sont membres d’une association comme l’AFdPZ ou l’EAZA (European Association of Zoos and Aquaria), l’association européenne des zoos et aquariums qui a pour principale mission de faciliter la coopération entre les institutions zoologiques européennes dans un objectif de sensibilisation à la biodiversité, de conservation des espèces menacées et de recherche scientifique, le but étant de préserver les espèces animales et végétales.

Mais alors voilà, ces associations ne sont pas, d’une part, des organismes indépendants qui veillent à la transparence des établissements dans la mesure où ils sont dirigés par des directeurs de zoos ; d’autre part, ces associations ont un rôle fédérateur et se réunissent pour défendre les intérêts des zoos. Elles n’ont donc pas de réel pouvoir de contrainte et d’obligation, et encore moins de contrôle sur les zoos et les aquariums. Elles peuvent éventuellement exclure des membres non respectueux de la ligne de conduite imposée par l’association. Et surtout rappelons que les zoos sont libres d’adhérer ou pas à ces associations. Il n’y aucune obligation pour un parc animalier à faire partie de l’EAZA ou de l’AFdPZ. Sur les 350 zoos français, moins d’un tiers fait partie de l’AFdPZ et moins de 15 % sont des membres permanents de l’EAZA.

Ci-dessous une vidéo de Chanee que je trouve particulièrement intéressante. Chanee est le fondateur de l’association Kalaweit qui oeuvre depuis 1998 pour la préservation de la biodiversité en Indonésie et des gibbons en créant des réserves de forêts privées et protégées. A travers cette vidéo, il donne sa vision des parcs zoologiques et propose quelques idées pour faire évoluer les pratiques :

https://www.youtube.com/watch?v=p3m98d3_RTc&t=850s

Cette vidéo permet de soulever des questions primordiales et de mettre en évidence les incohérences et les aberrations pratiquées dans les zoos notamment concernant la question du statut des zoos, la non-transparence des « studbooks » (registres des naissances, des décès, d’affiliation et de suivi pour les zoos) et l’euthanasie de complaisance. Mais il en existe d’autres.

Alors que reproche-t’on à certains zoos ?

– le non-respect du bien-être animal

Un animal sauvage n’est pas né pour être enfermé, que ce soit dans une cage ou un enclos. D’ailleurs, quand un animal sauvage ne vit pas librement dans son milieu naturel, peut-on encore le considérer comme un animal sauvage ? Dans plusieurs parcs animaliers, visiteurs et associations de défense des animaux ont pu constater que certains animaux avaient un comportement apathique, piétinaient, se balançaient, secouaient leur tête voire s’automutilaient. Les scientifiques parlent de comportement névrotique et répétitif appelé « zoochose ». Ce comportement est lié à la frustration de la captivité et ne peut en aucun cas donner une idée du comportement habituel d’un animal sauvage.

Il y a une réelle prise de conscience visant à prioriser le bien-être animal – et c’est plutôt une bonne chose – et c’est la raison pour laquelle de plus en plus d’articles de presse dénoncent les zoos qui ont recours à des enclos peu ou pas du tout adaptés, à des maltraitances, qui créent des spectacles et des lodges très en vogue ces dernières années et dont l’unique but est de divertir le public. En quoi des spectacles ou des lodges qui utilisent des animaux comme objet d’attraction peuvent-ils être un outil de sensibilisation du public à la conservation des espèces ?

L’AFdPZ a rédigé depuis 2009 (seulement depuis 2009 !) un code éthique sur le bien-être animal et la conservation de la biodiversité qui précise les 5 libertés fondamentales pour la faune sauvage et domestique, reconnues par l’organisation mondiale de la santé animale (OIE), à savoir :

  • absence de faim et de soif,
  • absence d’inconfort,
  • absence de douleur, de lésions et de maladie,
  • liberté d’exprimer un comportement normal,
  • absence de peur et de détresse

Toutefois, précisons de nouveau que l’AFdPZ ne peut imposer ce code d’éthique et que les zoos non adhérents ne sont pas soumis à ce code.

– le statut des zoos pose un réel problème

Il y a certes des zoos publics mais la plupart des zoos sont des entreprises privées qui doivent réaliser un chiffre d’affaires. Il y a vraisemblablement un conflit d’intérêt lorsqu’on confie la préservation d’espèces menacées à des organismes privés qui ont pour but de dégager du profit. Certaines associations de défenses des animaux proposent que ces zoos changent de statut et deviennent des fondations ou des associations à but non lucratif. Et pourquoi pas ?

– la majorité des espèces montrées dans les zoos ne sont pas des espèces menacées

Les zoos justifient leur existence par leur rôle de « conservation ». Pour ma part, ce terme de « conservation » me dérange et rappelle le terme qu’on utilise dans les musées pour la conservation des oeuvres d’art. Les animaux ne sont pas des objets que l’on « expose » pour le plaisir des yeux. Je préfère nettement le terme « préservation » qui est vraiment d’actualité puisqu’il y a urgence à sauver de nombreuses espèces menacées. Rappelons que les invertébrés et les amphibiens sont les espèces les plus menacées d’extinction. A ces espèces, s’ajoutent les plantes et les champignons qui ne sont quasiment pas voire pas du tout représentés dans les zoos et les aquariums. Une grande majorité de zoos préfère montrer des espèces plus « exotiques », attrayantes pour le public et surtout plus rentables mais pas réellement menacées.

Parallèlement, beaucoup de zoos s’obstinent à entretenir des élevages d’espèces non menacées qui ont pour unique but d’attirer le public. Je prendrai ici l’exemple des tigres et des lions blancs (cf à mon article « Visite d’un zoo pendant les vacances » du 20 avril ). Leur élevage en captivité engendre non seulement une forte consanguinité avec de nombreux troubles de santé de l’animal mais fausse totalement le rôle de préservation des espèces.

Alors peut-on parler de réelle préservation des espèces quand certains zoos pratiquent une politique d’élevage d’espèces non menacées et utilisent par ailleurs l’euthanasie faute d’espace disponible ?

– La plupart des zoos manquent à leur obligation d’éducation et de sensibilisation du public.

La grande majorité des zoos manquent d’outils d’informations et de sensibilisation soulignant la fragilité de la biodiversité. Je suis toujours étonnée du peu d’informations que l’on peut trouver dans les zoos. Il y a très peu de panneaux d’affichage ou autres supports sur les réelles actions menées par les zoos, aussi bien dans le parc que sur leurs sites internet.

Pourtant, la survie des zoos est incontestablement liée au message qu’ils véhiculeront pour éduquer et sensibiliser le public en menant un discours véritablement environnemental. A l’heure actuelle, la reproduction d’espèces qui ne sont pas menacées n’apporte rien. Il faut informer et intéresser les gens à des espèces qui, à priori, ne les intéressent pas. C’est là que le rôle des zoos et des aquariums a toute son importance et c’est, à mon avis, dans ce sens qu’ils doivent évoluer.

– les zoos ont pour argument qu’il participent à la préservation de la biodiversité mais rares sont ceux s’engagent réellement pour que les animaux soient relâchés dans la nature :

Chaque zoo devrait avoir pour principe que si l’on choisit d’héberger une espèce, la question n’est pas de savoir si elle va attirer du public mais si sa sauvegarde nécessite une conservation en captivité. Les zoos doivent avant tout être des lieux de préservation des espèces réellement menacées. Si l’objectif des zoos est celui de la conservation animale alors la réintroduction des espèces dans un habitat sûr et naturel doit devenir leur objectif principal. Préserver l’habitat sauvage reste la solution la plus efficace pour protéger les espèces. Certains zoos montrent l’exemple en consacrant une partie de leurs financements à des projets de conservation et de réintroduction mais ils restent minoritaires à l’heure actuelle.

En 2018, l’EAZA a redéfini les méthodes et les objectifs des programmes d’élevage en se tournant davantage vers la conservation animale en milieu naturel et a lancé ses neufs premiers « EAZA Ex situ Programmes ».

Actuellement, une proportion minime d’espèces menacées est retournée à son habitat naturel. La priorité est donc de préserver les espaces naturels de l’intrusion de l’Homme et du braconnage notamment. Et lorsque ces espaces naturels ont déjà disparu, il faut les reconstruire pour permettre sur le long terme la réintroduction des espèces menacées de disparition. Et c’est là que doivent intervenir les équipes des zoos.

Je reste convaincue que les zoos ont un rôle important à jouer dans la préservation des espèces menacées. Certaines espèces n’ont, à l’heure actuelle, plus de milieu naturel pour survivre. Doit-on laisser ces espèces disparaître ou les préserver temporairement en les maintenant vivants dans des zoos ? Et si les zoos devaient fermer dans l’immédiat, qu’adviendrait-il de ces animaux nés en captivité ? Les relâcher en milieu naturel est inconcevable car la plupart sont incapables de se nourrir ni de survivre.

Toutefois, la finalité pour ces espèces menacées ne doit pas pour autant être la captivité. La priorité est de reconstruire, de protéger et de préserver des réserves, des sanctuaires, des territoires-refuges recréant les milieux naturels de ces animaux plutôt que multiplier les naissances en captivité. L’ensemble des zoos – et non pas seulement quelques-uns – doit se consacrer entièrement à des programmes visant à développer des projets de « conservation » in situ pour la réintroduction progressive des espèces en milieu naturel. Pour mener à bien ces programmes, le travail des équipes (soigneurs, vétérinaires, chercheurs, éthologues) dans les zoos doit se poursuivre en lien étroit avec l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) qui est l’organisme le plus à même de leur faire connaître les besoins des espèces en milieu naturel.

Quant au statut des zoos, il doit aussi changer. Il n’est pas concevable qu’une entreprise privée générant des profits soit en charge de la préservation des espèces menacées. Le bien-être animal doit devenir la priorité, ce qui implique peut-être de ne plus rendre les espèces visibles au public pour favoriser leur bien-être ou alors de revoir la taille des enclos, de ne plus exposer d’espèces qui ne sont pas menacées pour la satisfaction du public et la réalisation de profits. Parallèlement, en France, l’Etat, responsable de s’assurer que les zoos respectent la loi en pratiquant des contrôles, ne devrait-il pas intervenir pour imposer à l’ensemble des zoos et aquariums de nouveaux textes de lois et un organisme de contrôle indépendant ?

Et vous qu’en pensez-vous ?

Suite de la visite au zoo : les girafes

Les girafes sont des animaux qui dorment très peu (moins de 2h sur 24) mais somnolent debout durant la journée. La femelle donne naissance vers l’âge de 5-6 ans. La gestation dure environ 15 mois. Durant la naissance, le girafon tombe de près de deux mètres de haut et reçoit 20 litres de liquide amniotique sur lui. En milieu naturel, 3 girafons sur 4 meurent durant les premiers mois.

En 30 ans, 40% des girafes ont disparu sur le continent africain (cf étude du National Geographic publiée en 2019) : de 155 000 individus en 1985 il n’en reste plus que 97 000 en 2015. La girafe est alors inscrite en juillet 2016 comme « vulnerable » sur la liste rouge de l’IUCN.

Il existe 9 sous-espèces de girafes. La Girafe Masaï et la Girafe réticulée sont classées comme en danger d’extinction. La Girafe du Kordofan et la Girafe de Nubie sont en en danger critique d’extinction. Quant à la girafe de Rothschild, également menacée d’extinction, elle ne compte plus que 650 individus en milieu naturel.

Il semblerait toutefois que, grâce aux programmes de conservations sur le terrain, la population aurait augmenté de 20% en 5 ans dans les réserves du Niger, au Tchad et en Ouganda.

Visite d’un zoo pendant les vacances

Je n’ai pas été très présente ces dernières semaines sur le blog et les réseaux sociaux pour plusieurs raisons : d’abord parce que je poursuis mes avancées sur mon projet d’entreprise et cela demande beaucoup de temps, ensuite parce que je profite des bons moments avec mes filles durant les vacances et ça c’est essentiel ; enfin parce que je ressens ce besoin de déconnexion pour mieux retrouver l’inspiration. A quoi bon publier sur les réseaux sociaux si ce n’est juste que pour publier ? Je ne fais pas partie de ces personnes qui pensent que publier en permanence est vital. Je suis de ceux qui publient quand ils ont quelque chose d’inspirant à partager et quand ils en ont l’envie. Pas question de dépendre de ces fichus algorithmes.

Je n’ai pas encore publié mes dernières chroniques littéraires ni mon article sur la Corrèze mais cela ne saurait tarder.

Mais avant ça, je voudrais vous parler d’une journée passée au zoo durant notre première semaine de vacances. Cela faisait vraiment longtemps que nous n’avions pas été au zoo et mes filles ont eu envie de s’y rendre. Quand on ne peut pas toujours voyager pour observer les animaux dans leur milieux naturels, il est vrai que les zoo paraissent une bon compromis pour découvrir différentes espèces. Nous sommes toutes les trois des passionnées des animaux sauvages. Mais peut-on encore parler d’animaux sauvages au sens propre du terme quand ils n’évoluent plus dans leur milieu naturel, ne chassent plus et n’utilisent plus leur instinct de survie ? La grande question du « Pour ou contre les zoo » s’est donc posée. Quand on aime photographier les animaux sauvages dans leur milieu naturel, peut-on accepter de la même manière de photographier des animaux enfermés dans des enclos plus ou moins vastes selon les zoos ? S’agit-il d’ailleurs toujours d’animaux sauvages ? Les questions se sont alors multipliées et je me suis intéressée au rôle des zoo dans la préservation et l’éducation des publics, à la liste rouge IUCN, à certaines espèces, …. J’ai décidé d’y consacrer un article sur mon blog. Celui-ci sera publié prochainement.

En attendant, je vous propose de revenir sur quelques espèces en images.

Et aujourd’hui, je vous présente le tigre blanc royal qui n’est autre qu’un tigre du Bengale (Panthera tigris) mais qui présente une anomalie génétique appelée leucistisme ou leucisme lui conférant une robe blanche rayée de noir, cette anomalie empêchant alors la production de pigments permettant la coloration orange du pelage. Le tigre blanc n’est donc pas une sous-espèce à part entière et n’est donc pas menacé d’extinction en tant que tel, même si le tigre du Bengale, lui, est classé « en danger » par la liste rouge IUCN (selon le site du WWF, on ne dénombre plus que 3 890 individus en milieu naturel principalement en Inde et au Bangladesh). Il existe 9 sous-espèces de tigres dont 3 sont déjà éteintes dans les années 1950 : le tigre de la Caspienne, de Java et de Bali.

Les chances de survie des tigres blancs sont compromises par cette couleur atypique qui les empêche de se camoufler et de surprendre leurs proies ; ils ne peuvent pas évoluer pas dans leur milieu naturel. Ils sont quelques centaines dans le monde, répartis principalement dans les parcs zoologiques et les réserves animalières.

L’élevage du tigre blanc en captivité est très controversé car la reproduction des tigres blancs entraîne une forte consanguinité qui engendre de nombreux troubles de santé et des malformations sur l’animal. Par ailleurs, cet « élevage » fausse le rôle de préservation des espèces et d’éducation des publics des parcs zoologiques car il semblerait que la présentation de ces tigres blancs au pelage rare et magnifique n’ait pour unique but d’attirer un public toujours plus nombreux dans les parcs zoologiques.

Et vous, le saviez-vous ?

Les cigognes dans le Cotentin

Après avoir passé l’année 2021 à observer les cigognes blanches sur différents sites du Cotentin – je précise « cigognes blanches » car saviez-vous qu’il existe aussi des cigognes noires ? – , j’avais envie de leur consacrer un article parce que ce sont des oiseaux fascinants à la fois par le trajet migratoire qu’ils peuvent effectuer et par leur comportement.

Aujourd’hui, je parle des cigognes blanches dans le Cotentin. Dans de prochains articles, j’ai prévu de parler d’autres espèces car il est important de préserver la biodiversité qui nous entoure. On peut agir à tous les niveaux : individuellement en acceptant la présence de différentes espèces dans notre jardin, dans notre mare, dans nos champs, en leur laissant toute la tranquillité possible dont ils ont besoin lors de leur passage, ou même collectivement en leur réservant un bon accueil et en garantissant leur sauvegarde, que ce soit dans une commune, un département, une région, un territoire bien ciblé.

La croissance de la population des cigognes dans le Parc des marais du Cotentin et dans d’autres régions françaises est aujourd’hui en constante augmentation. Il est toutefois nécessaire de continuer à préserver cette espèce comme beaucoup d’autres parce qu’elles sont utiles à la biodiversité de notre planète.

Je tiens à préciser que pour observer et photographier les cigognes, comme toute autre espèce d’ailleurs, il faut toujours rester à bonne distance afin de ne pas les déranger. Le téléobjectif de mon appareil photo me permet de garder cette distance nécessaire. D’une manière générale, s’approcher trop près des animaux sauvages pour les observer et les photographier peut avoir des conséquences graves : les animaux peuvent arrêter de s’alimenter, cela peut compromettre la reproduction et la période de couvaison, ils peuvent également abandonner leurs petits. Aussi, lorsque vous partez vous promener seul(e) ou en famille à la découverte du milieu naturel, pensez-y. Prenez garde à tout dérangement qui pourrait avoir des conséquences : soyez discret, essayez de vous rendre « invisible » ou presque pour les animaux, en vous tenant à distance.

Un peu d’histoire et quelques chiffres

La cigogne blanche est une espèce protégée en France. Pourquoi ? En 1974, le seuil d’extinction des cigognes blanches est atteint en France car il ne reste que 11 couples : 9 en Alsace, 1 en Ille-et-Vilaine et 1 dans la Manche.

Plusieurs causes expliquent le dépérissement de cette espèce : une chute du taux de survie des adultes liée à de fortes sécheresses en Afrique, des électrocutions sur les lignes électriques aériennes, une importante mortalité due à la chasse, en particulier sur les lieux d’hivernage africain (au Mali notamment), la destruction des habitats de nidification, les changements subis par les milieux naturels et les espaces agricoles (assèchement des zones humides, intensification de l’agriculture, drainage des marais, artificialisation des prairies, usage intensif des pesticides).

Pour faire face à ce problème, des ornithologues et des passionnés se mobilisent :

  • pour créer des enclos consistant à réintroduire par la suite des cigognes ayant passé 2 à 3 ans en captivité comme en Alsace-Moselle ;
  • pour mettre en place des supports artificiels ou plateformes de nidification comme en Charente-Maritime et dans les départements plus récemment colonisés par l’espèce.

Parallèlement, un programme de sensibilisation et de suivi scientifique de la cigogne blanche est mis en place :

  • Des balises Argos sont posées sur des cigogneaux afin de suivre une migration complète (aller et retour). Plus d’informations sont disponibles sur le site https://www.migraction.net/index.php?m_id=1517&bs=7 . C’est une base de données vraiment très intéressante qui permet de faire un suivi régulier de la migration active sur un même site année après année.
  • Un programme national de reconnaissance est mis en place (http://ciconiafrance.fr/presentation_programme.pdf) avec la pose de bagues métalliques puis de bagues DARVIC colorées (depuis 2001) pour étudier le comportement migratoire de la cigogne blanche. Sur le site ciconiafrance.fr , vous pouvez à la fois saisir vos observations concernant une ou plusieurs cigognes blanches et voir le CV de l’oiseau en question. Je trouve cela absolument génial car ce programme permet à chacun de participer et d’écrire ainsi l’histoire de chaque cigogne baguée. Une cigogne est actuellement mise à l’honneur sur ce site car elle a été baguée pour la 1ère fois en 1989 dans le parc du Teich en Gironde et a été revue et photographiée dans ce même parc en mai 2021 soit quasiment 32 ans après son baguage, ce qui en fait la doyenne des cigognes vivantes.

Au XXIe siècle, les cigognes sont en constante augmentation en France. Chaque année, 32 départements accueillent des cigognes. En 2010, on recense 1 600 couples nicheurs. En 2015, ils sont au nombre de 2 821. Le nombre atteint environ 4 500 couples en 2020 (contre seulement 315 en 1994).

Si les cigognes sont présentes majoritairement en Charente-Maritime, dans le Haut-Rhin et le Bas-Rhin – cet oiseau migrateur est d’ailleurs devenu un véritable symbole dans ces départements -, on en trouve également en Normandie et en particulier dans le Cotentin.

Il est possible d’observer les cigognes blanches sur toute la zone du Parc des marais du Cotentin et du Bessin où elles se plaisent et sont de plus en plus nombreuses à revenir chaque année voire à rester. J’ai pu en observer 2 à la Maison du parc à St-Côme-du-Mont en tout début d’année, 2 à Ravenoville, 1 à Picauville, plus d’une trentaine d’individus durant la période hivernale au Château de la Rivière à St-Fromond, chiffre bien évidemment multiplié durant le printemps et l’été suite aux naissances, 1 dans l’enceinte du château d’Olonde à Canville-La-Rocque, 1 dans les marais de Selsoif à St-Sauveur-Le-Vicomte, 1 dans les marais de la Sangsurière situés sur la commune de Doville et 2 à proximité du site de la Fière à Sainte-Mère-Eglise. Le Parc des marais accueille 4 à 5 % des effectifs français et est la principale zone de nidification en Normandie avec 43 % des effectifs normands.

Selon les études du Groupe Ornithologique Normand (GONm), on dénombrait 70 couples en 2010, environ 100 couples en 2012, 117 en 2015, 147 en 2016, 202 couples en 2019, 228 couples en 2020 soit environ 500 individus dans le Parc régional des marais du Cotentin et du Bessin. Cette population augmente de 10 % chaque année avec un taux de survie de 50% chez les jeunes et de 90% chez les adultes.

Description de la cigogne

Plus connue que ses cousines les cigognes noires, les cigognes blanches appartiennent à la famille des circoniidés ou échassiers : ce sont de grands oiseaux à long cou, long bec et longues pattes rouge-oranger, au plumage noir et blanc. La Ciconia ciconia est un oiseau migrateur qui mesure entre 95 et 115 cm de hauteur, pour un poids qui varie entre 2,3 kg et 4,5 kg, et une impressionnante envergure d’ailes de 180 à 215 cm. Ses yeux sont cerclés de noir. Il est difficile de distinguer le mâle et la femelle tant ils se ressemblent physiquement. Son espérance de vie peut varier de 20 à 30 ans.

A la naissance, le cigogneau a un duvet clairsemé, composé de courtes plumes blanchâtres et son bec est noir. Son duvet est remplacé environ une semaine plus tard par un plumage plus dense de duvet blanc et laineux. Mais c’est seulement l’été suivant que le plumage, les pattes et le bec du cigogneau prendront leur aspect et leur couleur définitifs.

Migration et reproduction

Dans le Cotentin, la cigogne blanche occupe majoritairement des espaces ouverts et humides, des marais et des prairies humides.

Les premières retours migratoires d’Afrique vers le Cotentin ont lieu entre janvier et fin février. Toutefois, les retours sont de plus en plus précoces chaque année (pic décalé de 15 jours en 5 ans) et certaines cigognes arrivent dès Noël selon les années. Les couples expérimentés reviennent sur le territoire entre janvier et fin mars. Les plus jeunes sont les derniers à arriver, entre fin mars et fin avril. Cela concerne surtout de jeunes oiseaux tentant une première reproduction. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 3-4 ans.

La nidification est soit solitaire, soit coloniale comme c’est le cas au Château de la Rivière à St-Fromond où l’on dénombre une quarantaine de nids. Les cigognes blanches passent le printemps et l’été dans le Parc des marais du Cotentin et du Bessin. La plupart repartiront en août et septembre. Toutefois, quelques cigognes adultes deviennent sédentaires au fil des années et passent l’hiver dans le Cotentin.

Les cigognes nichent sur de vieux arbres, sur des plateformes aménagées par l’homme et également sur des constructions humaines : des murs, des cheminées, des pigeonniers, sur des bâtiments en ruines comme au Château de la Rivière à St-Fromond.

Dès son retour sur le site de nidification, le mâle prend possession de son territoire en attendant la femelle qui arrive peu de temps après. La cigogne est monogame, les couples reviennent en général nicher au même endroit d’une année sur l’autre. Un fois le couple formé, la construction ou la réfection du nid commence. Le nid étant pérenne, il peut atteindre des dimensions et un poids très importants pouvant aller jusqu’à 500 kg.

Il est intéressant d’observer le comportement des cigognes durant la parade nuptiale où elles effectuent des salutations mutuelles dans le nid accompagnées de claquements de bec assez impressionnants à entendre. Si vous avez l’occasion d’aller les observer, prenez le temps d’écouter ce claquement de bec qu’elles font assez fréquemment. On dit alors que les cigognes claquettent, craquettent ou encore qu’elles glottorent.

La ponte débute de mars jusqu’à la fin avril pour les plus jeunes couples inexpérimentés. Les cigognes pondent 4 ou 5 oeufs à raison d’un tous les 2 jours. L’incubation dure entre 32 et 35 jours. La couvaison et l’élevage des jeunes sont assurés par les deux parents. Les premières naissances sont attendue pour la fin avril. Dans le Parc des marais du Cotentin, il y a en moyenne 3 naissances pour un taux d’envol de 2 à 2,5. A l’âge de 7 semaines, les cigogneaux se tiennent debout dans le nid qu’ils quitteront environ une semaine plus tard puisque le premier vol intervient vers 55 – 60 jours. Les jeunes quittent ensuite le nid mais reviennent y passer la nuit une quinzaine de jours encore.

A partir du mois d’août et jusque fin septembre, les cigognes blanches quittent le Cotentin pour rejoindre l’Afrique en franchissant le Détroit de Gibraltar. Les zones d’hivernage se situent principalement entre le Sénégal et le Cameroun. Les cigognes voyagent plutôt en groupe et uniquement de jour. Elles parcourent environ 150 à 300 km par jour en moyenne et se rassemblent en dortoir pour la nuit. Les cigognes évitent de traverser les mers et les grandes forêts tropicales mais traversent facilement les déserts.

Certaines cigognes hivernent en France, en Espagne et en Afrique du Nord. Chaque année, ce sont entre 1 000 et 1 500 individus qui hivernent en France. Cette sédentarité peut s’expliquer par un réchauffement du climat donnant des hivers plus doux. Dans le Cotentin, durant l’hiver 2018-2019, on dénombrait 65 individus dans le Parc des marais et en 2019-2020, ce sont 70 individus qui sont restés durant la période hivernale. Je suis retournée observer les cigognes au château de la Rivière à St-Fromond début décembre. Une trentaine d’individus se trouvait à proximité des ruines du château.

Alimentation

Quand on évoque la cigogne blanche, très souvent cet oiseau est encore très souvent « catalogué » comme un oiseau se nourrissant uniquement de déchets. Il est vrai que les décharges à ciel ouvert à proximité des milieux humides ont souvent constitué les premières zones d’installation des cigognes blanches que ce soit en France ou à l’étranger. C’est d’ailleurs le cas avec l’ancien château de la Rivière situé à proximité du centre d’enfouissement de Saint-Fromond. La cigogne blanche peut malheureusement puiser sa nourriture dans les décharges publiques et les centres d’enfouissement de déchets, ce qui n’est pas sans danger pour elle. On a trouvé dans l’estomac de certaines cigognes des restes indigestes comme des caoutchoucs ingérés, pris pour des vers, entraînant la mort par occlusion. Ci-dessous, vous pouvez voir quelques photos que j’ai prises de jeunes cigogneaux tenant un morceau de caoutchouc dans leurs becs. Et malheureusement, pas de possibilité d’intervenir.

Aujourd’hui, la richesse du milieu naturel du Parc des marais du Cotentin offre de nombreuses ressources alimentaires dans les champs et les zones humides pour nourrir les cigognes blanches. Elle se nourrissent essentiellement d’insectes comme les sauterelles et les criquets, de vers de terre mais aussi et surtout d’écrevisses de Louisiane. L’écrevisse de Louisiane est désormais un réservoir exceptionnel de nourriture pour les hérons, les aigrettes, les spatules et les cigognes. Elle peut composer jusqu’à 95% du régime alimentaire des cigognes qui contribuent ainsi à limiter la prolifération de cette espèce invasive, menace pour les herbiers aquatiques, la ponte des poissons et les batraciens des marais. Les grenouilles et les petits mammifères tels que les mulots viennent ensuite après les insectes et les écrevisses de Louisiane. La cigogne blanche a parfois été accusée à tort de la disparition des batraciens. Toutefois, la diminution des populations de batraciens dans les marais français reste davantage liée à la dégradation générale des habitats et de la qualité de l’eau (irrigation intensive, usage de produits phytosanitaires et autres polluants, drainages, introduction d’espèces exogènes comme l’écrevisse de Louisiane) qu’à la présence de cigognes.

L’effort pour préserver les colonies de cigognes doit se poursuivre car les causes responsables de la quasi-extinction des cigognes blanches en France il y a presque 50 ans sont toujours présentes. Dans le Cotentin, il est important de maintenir l’activité agricole dans les marais, de continuer à gérer les prairies humides et de préserver les vieux arbres en bord de marais au lieu de les couper.

J’espère vous avoir donné envie de découvrir et d’aller observer seul(e) ou en famille ces oiseaux migrateurs magnifiques.

Et comme je ne manque jamais une occasion pour parler de livres sur ce blog, je vous invite à lire (ou à le relire si vous l’avez déjà lu) le premier roman de Jean-Christophe Grangé, Le vol de cigognes (1994). Cet excellent thriller raconte l’histoire d’un étudiant passionné d’ornithologie qui va suivre de près la migration des cigognes jusqu’en Afrique pour découvrir pourquoi bon nombre d’entre elles a disparu. Je ne vous en dis pas plus. Lisez-le !

Bonne lecture et bonne découverte des cigognes !

Sources :

Préservons les gravelots à collier interrompu

Le week-end dernier, mes filles et moi avons profité de ce magnifique dimanche ensoleillé pour nous rendre en bord de mer comme nous en avons l’habitude très régulièrement. Notre objectif du jour : observer les gravelots à collier interrompu. Nous avons croisé un couple lors de notre précédente balade quelques jours auparavant. Munis de nos appareils photos, nous partons donc à leur rencontre.

Bien évidemment, il n’est pas question de les déranger et encore moins de les effrayer. C’est la raison pour laquelle je pars équipée de mon Canon ajusté d’un téléobjectif 150-600 mm. Nous gardons nos distances. Malheureusement, le même jour, avec l’annonce du confinement, les fêtes de Pâques et un magnifique soleil, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas les seules à avoir eu l’idée de nous promener sur la plage. Allons-nous pouvoir apercevoir les gravelots à collier interrompu ?

La réponse est oui. Malgré le monde important de personnes sur la plage, le couple est là toujours dans la même zone où nous avions pu les observer une première fois.

Pour ceux qui ne connaissent pas le gravelot à collier interrompu, voici quelques informations.

Ayant pour nom scientifique, le charadrius alexandrinus, le gravelot est un petit oiseau côtier. Il se distingue des autres espèces de gravelots par son collier sombre interrompu sur la poitrine, par un pelage gris-brun et le dessous du corps blanc. Il mesure environ 15 cm, pèse entre 40 et 45 grammes et vit environ 10 ans. Le gravelot à collier interrompu se nourrit sur l’estran, la laisse de haute mer et sur le haut de la plage.

Le gravelot à collier interrompu est une espèce essentiellement migratrice qui est présente dans le Cotentin et plus largement en Normandie de mars à octobre. Le retour de migrations se situe vers la fin mars et la saison de reproduction débute alors. Elle cesse avec l’envol des derniers jeunes dans la seconde quinzaine d’août. Les nidifications s’échelonnent jusqu’en juin. Les gravelots pondent dans des nids sommaires creusés par le mâle et choisis par la femelle. La couvée des oeufs se fait à même le sol par les deux partenaires : le gravelot à collier interrompu niche sur des coquillages, des graviers, des galets. On compte généralement 3 oeufs par couvée. Il y a assez fréquemment deux pontes voire trois pontes, s’il y a eu échec lors des deux précédentes. La femelle couve pendant 3 à 4 semaines. L’éclosion a lieu trente jours après la ponte du premier œuf. Le mâle se charge ensuite d’élever les jeunes de la première couvée tandis que la femelle entame une seconde ponte avec un nouveau mâle.

Le gravelot est un oiseau très nerveux. Il a une marche rapide et reste rarement longtemps au même endroit. Si le petit oiseau pousse des cris répétés ou donne l’impression d’être blessé, d’avoir l’aile cassée, c’est uniquement pour attirer l’attention sur lui et vous éloigner de sa couvée, vous attirer à l’opposé. Dans ce cas, éloignez-vous au plus vite tout en faisant attention où vous posez vos pieds car les petits plaqués au sol se confondent dans la laisse de mer.

Les principales menaces pour les gravelots sont effectivement le dérangement humain et l’aménagement des côtes. Cette espèce est en déclin en Europe. Plusieurs plans d’action régionaux ont été mis en place notamment en Basse-Normandie et en Bretagne pour protéger cette espèce. Pour plus d’informations, je vous invite à vous rendre sur ces site : http://www.gonm.org/index.php?tag/gravelot pour la Basse-Normandie et http://www.bretagne-vivante-dev.org/gravelot/ et https://www.bretagne-vivante.org/Nos-actions/Connaitre/Les-oiseaux/Especes-rares-et-menacees/Le-Gravelot-a-Collier-Interrompu pour la Bretagne. Ces associations se mobilisent pour observer, comptabiliser et préserver le gravelots dans chaque région. C’est la raison pour laquelle vous pouvez observer une bague à la patte de l’un des deux gravelots pris en photo.

Soyons donc vigilants lors de nos sorties en bord de mer afin de gêner le moins possible les gravelots à collier interrompu durant la période de reproduction et de nidification. Pour cela, il faut :

  • éviter de se promener sur le haut des plages, les dunes de sable et bien regarder où l’on marche afin de ne pas écraser les oeufs ou les petits que l’on peut difficilement apercevoir dans la laisse de mer,
  • garder son chien en laisse,
  • même si le nettoyage des plages est certes très important, mieux vaut l’éviter durant cette période car cela a un impact négatif très important pour l’espèce lorsqu’elle est pratiquée en période de reproduction.

Rencontre avec Cappy, crave à bec rouge au Cap de Carteret

Le magnifique soleil que nous avons eu ces derniers jours donne vraiment envie de sortir prendre le grand air. Aussi, hier, je suis partie en rando à Portbail (cf aux photos sur Instagram et Facebook ; je rédigerai bientôt un article sur le sujet) et je me suis rendue une nouvelle fois au Cap de Carteret pour prendre de nouveaux clichés notamment de la vieille église (cf mon article « Du Cap de Carteret à la plage de la Potinière) mais surtout pour tenter de voir Cappy. Et j’ai eu cette chance. Je vous entends déjà d’ici : « Mais qui est Cappy ? »

Voici Cappy. C’est un oiseau au plumage noir bleuté avec un bec rouge d’où son nom « le crave à bec rouge ». La particularité de cet oiseau tient à sa rareté. En effet, on n’avait plus observé de crave à bec rouge dans la Manche depuis 1878 (selon les données fournies par le Groupe Ornithologique Normand). Durant le dernier trimestre 2020, le garde littoral du Symel, Yann Mouchel, qui connaît bien cet oiseau pour en avoir observé sur l’île de Belle-ÎIe-en-mer, l’a reconnu et a pu, grâce à la bague de l’oiseau, l’identifier. Cappy vient de Jersey. Mais sa disparition et sa réapparition récente sur le territoire normand demeurent pour l’instant un mystère.

Toujours est-il qu’il est vraiment passionnant de prendre un instant pour pouvoir observer ce petit oiseau pas si farouche. Il a presque posé pour moi !

En espérant que Cappy nous fasse l’honneur de rester aussi longtemps que possible voire de s’installer du côté du Cap de Carteret.

Comment j’ai eu l’info ? Je vous invite à lire cet article de la Presse de la Manche : https://actu.fr/normandie/barneville-carteret_50031/observe-pour-la-derniere-fois-en-1878-un-oiseau-rare-a-fait-son-retour-dans-le-cotentin_38961192.html