Ma transition écologique – Hervé Gardette

Merci à Babelio et aux éditions Novice pour l’envoi de ce livre que j’ai particulièrement apprécié car il aborde une thématique qui me tient particulièrement à cœur.

Après avoir présenté, durant huit ans, l’émission de débats « Du Grain à moudre », Hervé Gardette, journaliste à France Culture, a tenu une chronique sur l’écologie dans « Les Matins » de septembre 2019 à décembre 2021. C’est de cette chronique matinale qu’est issue la cinquantaine de textes de l’ouvrage. L’auteur a fait le choix de sélectionner une cinquantaine d’écrits parmi les 400 qu’il a pu rédiger durant les deux années. Le livre est paru une première fois en février 2021 puis une seconde fois en décembre 2021 ; il s’agit de l’édition augmentée que j’ai reçue et dont le titre a été légèrement modifié (le sous-titre « comment je me suis radicalisé » a disparu entre les 2 éditions). Quant à la 4e de couverture, elle a également été revue. Des chroniques ont été ajoutées puisque la 1ère édition ne tenait pas compte des chroniques rédigées entre février et décembre 2021.

Dans ce recueil, Hervé Gardette raconte son apprentissage de la transition écologique en milieu urbain. Il partage avec ses lecteurs ses réflexions de citoyen sur l’écologie. L’auteur part de son vécu personnel, participe au défi Familles Zéro Déchet, apporte des connaissances à travers ses lectures, nous parle de ses réflexions, ses doutes et dénonce certaines aberrations de l’époque. Il montre que même si l’on est convaincu des actions à mener en faveur de l’écologie, les appliquer n’est pas toujours aussi simple.

Les chroniques sont courtes et rapides à lire – libre à vous de n’en lire qu’une ou deux par soir si le cœur vous en dit -, très instructives avec une petite touche d’humour qui dédramatise un peu le sujet pas toujours facile à aborder. L’auteur ne cherche nullement à convaincre le lecteur de devenir un fervent écologiste mais cherche plutôt à éveiller les consciences et invite à se poser des questions concernant l’écologie et pourquoi pas à débuter – si cela n’est pas déjà fait – sa propre transition écologique.

Il est cependant dommage que les éditions Novice n’aient pas entamé la même transition écologique que l’auteur puisque le livre, qui, bien qu’il ait été imprimé sur du papier FSC – et c’est tout à leur honneur – a malheureusement été imprimé au Portugal et non en France.

Je terminerai par cette citation du livre qui me rappelle assurément le livre d’Aurélie Valognes, La cerise sur le gâteau, dont je ferai la chronique prochainement. : « Réflexe envahissant : je ne peux plus regarder s’envoler un avion sans mauvaise pensée, ni regarder une vidéo en ligne (quel que soit le sujet) sans mauvaise conscience. Pour rester crédible – et intègre -, j’ai renoncé aux soldes d’hiver, au foie gras, aux taxis, aux enceintes connectées, au Thermomix, à la 5G. Par chance, il y a de moins en moins d’insectes en été : j’aurais trop de scrupules à les écraser. Faire les courses au supermarché est devenu un calvaire. Un voyage au pays des infidèles. Comme dit le président Mac Mahon : « que de plastique, que de plastique ». Tout y est sous blister« .

Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson

J’avais voulu lire ce livre un peu par curiosité suite à la venue de Jean Dujardin dans le Cotentin il y a environ 5 semaines pour tourner l’adaptation cinématographique de cet ouvrage. Et quelle ne fut pas ma surprise ! J’ai été conquise ! Ce récit m’a impressionnée par son écriture étonnante, une écriture authentique et inspirée avec de nombreuses références d’auteurs et de citations, certaines soulignant la formation de géographe de l’auteur.

Suite à sa chute d’un toit et après avoir été hospitalisé 4 mois, Sylvain Tesson choisit de faire sa rééducation lui-même et décide de traverser la France à pied en empruntant les chemins noirs – il ne s’agit évidemment pas des sentiers de randonnée actuels mais bel et bien des sentiers anciens et ruraux utilisés autrefois par les paysans, des sentiers qui n’existent presque plus. Accompagné certains jours sur son parcours par ses amis Cédric Gras, Arnaud Humann et Thomas Goisque ou encore par sa soeur , l’auteur part finalement à la rencontre d’une France rurale en train de disparaître, effacée peu à peu par une transformation du paysage géographique français au cours des dernières décennies. Il entame alors une sorte de « journal de marche » où il raconte ce périple l’amenant chaque jour à se dépasser un peu plus pour finalement l’entraîner à la découverte de lui-même.

Il part le 24 août du Mercantour pour arriver le 8 novembre à Jobourg dans le Cotentin, en passant par le Comtat Venaissin, le Mont Vézère (Cévennes), l’Aubrac, les Monts du Cantal, Ussel, la Touraine, Laval, le bocage mayennais, le Mont-Saint-Michel et le littoral de la Manche. L’auteur dévoile tour à tour son regard à la fois de botaniste, de naturaliste et bien évidemment de géographe.

En lisant cet ouvrage, je lis une ode à la ruralité et à la nature, aux paysages ruraux et sauvages qui se raréfient de plus en plus en France. L’auteur célèbre ce retour à la nature, cette nature à la fois calme et apaisante mais aussi vivifiante. Toujours ce retour à l’essentiel.

Son écriture m’a frappée par toute cette richesse de références. Sylvain Tesson dépose ici et là avec justesse des citations d’Epicure, de Xénophon et son Economique, de Fernand Braudel évidemment, de Charles Maurras, Tolstoï, Lamartine, Rousseau, Nerval, Lévi-Strauss, Théophile Gautier, Giono, Pagnol, Cocteau et bien d’autres encore. Il parle à plusieurs reprises de notre dandy cotentinois, Jules Barbey d’Aurevilly. Qui peut citer tous ces auteurs de nos jours en si peu de pages et avec tellement de justesse ? Il évoque aussi des peintres comme Géricault, Cézanne ou encore Picasso.

Pour ce qui est de la Manche, Sylvain Tesson parle brièvement du Mont-Saint-Michel, puis remonte vers le Cotentin avec Genêts, Granville, où les chemins du littoral prennent le relais des chemins noirs, enchaîne avec Pirou-plage, Lindbergh-plage, Le Rozel, remarquant les murets des bocages et la haie bocagère, Flamanville, Sciotot, Diélette, le cap de la Hague, les dunes de Biville, le nez de Jobourg, le phare de Goury et pour finir, le sémaphore de la Hague et Omonville la Rogue.

Ce livre s’achève malheureusement trop vite comme si l’auteur était pressé d’arriver dans la Hague et d’en finir avec ce long périple. A mon grand regret, Sylvain Tesson décrit finalement très peu le Cotentin et ses chemins. Il n’en reste pas moins que c’est un très bon livre et que je le recommande vivement.

Pour les Cotentinois(es), vous pourrez retrouver ce livre à la bouquinerie Le Vent des Livres dès demain.

Et pour celles et ceux qui l’ont lu, qu’en avez-vous pensé ?

Guide du patrimoine près de chez vous – Camille Viéville

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et la Réunion des musées nationaux pour l’envoi de cet ouvrage. Lorsque l’on m’a dit que j’avais été sélectionnée pour recevoir ce guide, diplômée dans le domaine du développement et de la protection du patrimoine culturel, je me suis dit : « Super, enfin un guide qui va promouvoir à sa juste valeur l’ensemble du patrimoine bâti de nos régions ». Je suis admirative de l’énorme travail et de toute l’énergie dépensée que ce soit par la Fondation du patrimoine, par la mission confiée à Stéphane Bern et à son équipe, et surtout par les collectivités et les associations pour protéger tous les patrimoines sans exception. Mais quelle déception lorsque ce « guide » est enfin arrivé dans ma boîte aux lettres ! Déjà, la couverture ne donne absolument pas envie de l’ouvrir. Et la mise en page encore moins …

L’idée semblait pourtant très prometteuse. Accordons à ce guide 2 choses positives : la texture du papier imprimé par une entreprise du patrimoine vivant et la préface bien évidemment écrite par Stéphane Bern.

Pour le reste, j’avais espéré autre chose qu’un énième » catalogue d’exposition » incomplet de sites ; j’avais espéré plus qu’un échantillonnage basé sur je ne sais quel critère qui ne rend absolument pas compte du nombre impressionnant de sites patrimoniaux à préserver. Je pensais au vu du titre que le patrimoine bâti ou naturel de nos régions serait davantage valorisé dans cet ouvrage. Ce livre évoque « plus de 510 sites menacés de dégradation ou de disparition » – que l’on peut d’ailleurs retrouver sur le site de la Mission Bern ( https://www.missionbern.fr/ ) ou sur le site de la Fondation du patrimoine (https://www.fondation-patrimoine.org) – mais ce guide n’en présente réellement que 54 soit à peine 10 pour cent et ne cite même pas les autres. On accorde à certains bâtiments de jolies photos agrandies sur une voire deux pages tandis que certains sites mentionnés n’ont même pas de photo les illustrant.

On est est en droit de se demander pourquoi certains sites dit « emblématiques » ont la chance d’être cités et pas d’autres. Aux yeux de qui et sur quel critère ? Stéphane Bern écrit dans sa préface « que ce guide est l’occasion de rendre hommage à l’engagement des propriétaires de ces édifices, collectivités mais surtout particuliers et associations, souvent bénévoles ». Il rend sans doute hommage à ces 54 sites mentionnés mais qu’en est-il des 456 autres voire plus qui ne sont même pas listés dans cet ouvrage ? Il est évident que tous ne pouvaient pas être mis en valeur du fait du très grand nombre de projets sinon le prix de ce livre ne serait plus de 15 euros. En revanche, pourquoi ne pas les avoir simplement tous cités dans une liste rangés par département, par ordre alphabétique ou encore par date de début des travaux entrepris, de projets en cours et de travaux achevés ? Les patrimoines ne mériteraient-ils pas d’être tous placés au même rang pour avoir cette même chance d’être préservés ?

J’avais dans l’idée que ce guide pourrait être utile à emporter dans le sac à dos lors de balades pour découvrir certains sites. Il n’en sera rien puisqu’il faudra d’abord faire des recherches sur internet. Les adresses de chaque site nommé sont indiquées, ce qui est un bon point. En revanche, les cartes ne sont pas du tout précises et il est difficile de situer le patrimoine mentionné. Impossible donc de se rendre sur un site durant ses vacances sans être obligé d’aller auparavant sur internet. Quand on parle de « guide », on pense à ces documents fournis par de nombreux organismes de tourisme qui valorisent réellement le patrimoine des régions, qui sont moins coûteux, plus complets et davantage pratiques. Ici, à mon sens, on ne peut pas parler de « guide » … Cet ouvrage aurait pu mettre en valeur ce que les territoires et les acteurs de ces territoires mettent en place au quotidien pour valoriser et préserver le patrimoine bâti mais il ne le fait que très partiellement. Qu’en est-il de la mission de démocratisation du patrimoine culturel ? En bref, c’est un ouvrage qui ne sera absolument pas acheté par Monsieur le Monde parce qu’incomplet et inaccessible au grand public. Et c’est bien dommage parce que c’est ce Monsieur tout le Monde souvent très attaché à sa région qui pourrait participer davantage financièrement s’il avait des informations complètes et accessibles à portée de main, sans être obligé d’aller à la pêche aux infos sur internet.

Et vous connaissez-vous ce livre ? L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Comment j’ai arrêté de manger les animaux – Hugo Clément

Cela fait quelques semaines que je n’ai pas publié sur mes lectures. Ce n’est pas que je n’ai pas lu bien au contraire. Alors c’est parti !

Je commencerai par ce livre de Hugo Clément et des deux dernières phrases de son livre : « Si la majorité des habitants de cette planète devenaient végétariens, nous aurions réglé une partie du problème climatique et mis fin à la souffrance de milliards d’animaux. Le pouvoir est dans notre assiette« . Ces phrases résument assez bien ce que l’auteur veut nous faire comprendre.

Hugo Clément ne juge pas. J’aime beaucoup lorsqu’il précise avec justesse que l’ « On peut être quelqu’un de bien et manger un steak tous les jours. On peut aussi être un salaud végétarien« . Il explique en toute simplicité son choix de ne plus manger d’animaux tout en respectant celui de certains de ses proches qui ne sont pas prêts d’arrêter de consommer de la viande ou qui ne souhaitent pas s’en passer. L’auteur veut nous faire prendre conscience de l’oubli de la sensibilité et de l’intelligence des êtres vivants que nous mangeons, des effroyables conditions dans lesquelles la plupart du temps ils naissent, vivent et meurent, des conséquences de ces élevages intensifs et de notre surconsommation de viande et de poisson sur l’écologie.

L’écriture est fluide ; les chapitres s’enchaînent facilement. Pas de longues explications alambiquées comme dans certains essais ou documentaires qui perdent vite le lecteur avec trop de chiffres ou d’explications rébarbatives. Ici, les arguments de l’auteur sont simples et percutants. Il est à l’aise avec le sujet et peut en parler aisément. C’est ce qui rend le livre vraiment intéressant : un mélange du vécu de l’auteur, de ses rencontres pour l’écriture de cet ouvrage et des études scientifiques réalisées en lien avec le sujet.

Pour ma part, habitant à la fois à la campagne et en bord de mer, je suis une privilégiée. Il est très facile pour moi de consommer des produits locaux, d’acheter de la viande à la ferme et du poisson ou des fruits de mer directement aux pêcheurs tout juste rentrés de leur journée de travail sans passer par divers intermédiaires. Nous avons ici la possibilité et le choix de consommer des animaux élevés en plein air au plus près de la nature. Il n’en reste pas moins que ces animaux sont tués pour être mangés et par conséquent qu’on ne prend pas en compte le fait que ce sont des êtres vivants doués de sensibilité. Même avant de lire ce livre, je ne mangeais quasiment plus de viande ; ce n’est pas que je n’aime plus ça mais je sais que je peux m’en passer. En revanche, j’avoue qu’il est beaucoup plus difficile pour moi de me passer de poissons et de fruits de mer dont je raffole.

Mes enfants de 12 et 6 ans ayant vu que je lisais ce livre, nous avons alors abordé cette fameuse question : «  »Doit-on arrêter de manger des animaux ? ». Leur réponse : ils ont bien conscience que des animaux sont tués pour être mangés mais ils ne sont pas prêts d’arrêter d’en manger pour le moment.

Il n’en reste pas moins que le débat est ouvert !

Et vous, avez-vous lu ce livre d’Hugo Clément ? Qu’en avez-vous pensé ?