Préservons les gravelots à collier interrompu

Le week-end dernier, mes filles et moi avons profité de ce magnifique dimanche ensoleillé pour nous rendre en bord de mer comme nous en avons l’habitude très régulièrement. Notre objectif du jour : observer les gravelots à collier interrompu. Nous avons croisé un couple lors de notre précédente balade quelques jours auparavant. Munis de nos appareils photos, nous partons donc à leur rencontre.

Bien évidemment, il n’est pas question de les déranger et encore moins de les effrayer. C’est la raison pour laquelle je pars équipée de mon Canon ajusté d’un téléobjectif 150-600 mm. Nous gardons nos distances. Malheureusement, le même jour, avec l’annonce du confinement, les fêtes de Pâques et un magnifique soleil, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas les seules à avoir eu l’idée de nous promener sur la plage. Allons-nous pouvoir apercevoir les gravelots à collier interrompu ?

La réponse est oui. Malgré le monde important de personnes sur la plage, le couple est là toujours dans la même zone où nous avions pu les observer une première fois.

Pour ceux qui ne connaissent pas le gravelot à collier interrompu, voici quelques informations.

Ayant pour nom scientifique, le charadrius alexandrinus, le gravelot est un petit oiseau côtier. Il se distingue des autres espèces de gravelots par son collier sombre interrompu sur la poitrine, par un pelage gris-brun et le dessous du corps blanc. Il mesure environ 15 cm, pèse entre 40 et 45 grammes et vit environ 10 ans. Le gravelot à collier interrompu se nourrit sur l’estran, la laisse de haute mer et sur le haut de la plage.

Le gravelot à collier interrompu est une espèce essentiellement migratrice qui est présente dans le Cotentin et plus largement en Normandie de mars à octobre. Le retour de migrations se situe vers la fin mars et la saison de reproduction débute alors. Elle cesse avec l’envol des derniers jeunes dans la seconde quinzaine d’août. Les nidifications s’échelonnent jusqu’en juin. Les gravelots pondent dans des nids sommaires creusés par le mâle et choisis par la femelle. La couvée des oeufs se fait à même le sol par les deux partenaires : le gravelot à collier interrompu niche sur des coquillages, des graviers, des galets. On compte généralement 3 oeufs par couvée. Il y a assez fréquemment deux pontes voire trois pontes, s’il y a eu échec lors des deux précédentes. La femelle couve pendant 3 à 4 semaines. L’éclosion a lieu trente jours après la ponte du premier œuf. Le mâle se charge ensuite d’élever les jeunes de la première couvée tandis que la femelle entame une seconde ponte avec un nouveau mâle.

Le gravelot est un oiseau très nerveux. Il a une marche rapide et reste rarement longtemps au même endroit. Si le petit oiseau pousse des cris répétés ou donne l’impression d’être blessé, d’avoir l’aile cassée, c’est uniquement pour attirer l’attention sur lui et vous éloigner de sa couvée, vous attirer à l’opposé. Dans ce cas, éloignez-vous au plus vite tout en faisant attention où vous posez vos pieds car les petits plaqués au sol se confondent dans la laisse de mer.

Les principales menaces pour les gravelots sont effectivement le dérangement humain et l’aménagement des côtes. Cette espèce est en déclin en Europe. Plusieurs plans d’action régionaux ont été mis en place notamment en Basse-Normandie et en Bretagne pour protéger cette espèce. Pour plus d’informations, je vous invite à vous rendre sur ces site : http://www.gonm.org/index.php?tag/gravelot pour la Basse-Normandie et http://www.bretagne-vivante-dev.org/gravelot/ et https://www.bretagne-vivante.org/Nos-actions/Connaitre/Les-oiseaux/Especes-rares-et-menacees/Le-Gravelot-a-Collier-Interrompu pour la Bretagne. Ces associations se mobilisent pour observer, comptabiliser et préserver le gravelots dans chaque région. C’est la raison pour laquelle vous pouvez observer une bague à la patte de l’un des deux gravelots pris en photo.

Soyons donc vigilants lors de nos sorties en bord de mer afin de gêner le moins possible les gravelots à collier interrompu durant la période de reproduction et de nidification. Pour cela, il faut :

  • éviter de se promener sur le haut des plages, les dunes de sable et bien regarder où l’on marche afin de ne pas écraser les oeufs ou les petits que l’on peut difficilement apercevoir dans la laisse de mer,
  • garder son chien en laisse,
  • même si le nettoyage des plages est certes très important, mieux vaut l’éviter durant cette période car cela a un impact négatif très important pour l’espèce lorsqu’elle est pratiquée en période de reproduction.

Publié par AngieLo

Diplômée en Histoire, je souhaite valoriser et faire découvrir à travers la photographie et les livres le patrimoine culturel et naturel des régions et pays que j'ai pu découvrir au cours de balades, de randonnées ou de voyages. Les lectures et les photos sont un excellent moyen de voyager et d'échanger. Je veux également faire prendre conscience que nous sommes entourés de richesses culturelles et naturelles qui méritent d'être préservées et protégées pour les générations futures. Alors prenez un instant pour visiter ce site et profitez de l'instant présent !

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